Comment une famille juive de Perse a fait partie des premiers pionniers du Néguev

Revivim, aujourd’hui kibboutz prospère, a pourtant demandé à ses membres fondateurs un travail de patience et d’abnégation.

By AARON HECHT
August 6, 2013 14:04
La Famille Yeroushalmi, avec son patriarche Rahamim.

P20 JFR 370. (photo credit: Famille Yeroushalmi)

 
X

Dear Reader,
As you can imagine, more people are reading The Jerusalem Post than ever before. Nevertheless, traditional business models are no longer sustainable and high-quality publications, like ours, are being forced to look for new ways to keep going. Unlike many other news organizations, we have not put up a paywall. We want to keep our journalism open and accessible and be able to keep providing you with news and analyses from the frontlines of Israel, the Middle East and the Jewish World.

As one of our loyal readers, we ask you to be our partner.

For $5 a month you will receive access to the following:

  • A user uxperience almost completely free of ads
  • Access to our Premium Section and our monthly magazine to learn Hebrew, Ivrit
  • Content from the award-winning Jerusalem Repor
  • A brand new ePaper featuring the daily newspaper as it appears in print in Israel

Help us grow and continue telling Israel’s story to the world.

Thank you,

Ronit Hasin-Hochman, CEO, Jerusalem Post Group
Yaakov Katz, Editor-in-Chief

UPGRADE YOUR JPOST EXPERIENCE FOR 5$ PER MONTH Show me later Don't show it again

A écouter Youval Yeroushalmi raconter l’histoire de sa famille venue en Israël pour aider à construire le pays, on croirait entendre évoquer le voyage du patriarche Abraham.


« Mon grand-père a fait un rêve une nuit à Téhéran », raconte Yeroushalmi, aujourd’hui avocat israélien. « Il entendit Dieu lui ordonner : “Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père pour le pays que je te montrerai”. » C’est ce qu’il a fait, conduisant sa famille juive perse durant un long périple à pied, de Téhéran à Jérusalem en 1885.


« Ils sont arrivés dans la Vieille Ville de Jérusalem, au terme de mois de marche, après avoir été dépouillés de tout leur argent et avoir perdu leur bébé à cause de la chaleur du désert. Ils se sont installés près du Mur occidental, qui était au centre de la vie de mon grand-père ».


Une fois ici, la famille a pris le nom hébreu de Yeroushalmi – qui signifie « le hiérosolomytain ». Elle s’est installée dans un endroit modeste près du Mur occidental où elle séjournera durant de longues et heureuses années. Parmi les enfants nés et élevés, il y avait le père de Youval, Meir Yeroushalmi.


Mais cette période calme s’achève violemment. La famille est chassée de la Vieille Ville. Un épisode tragique pour les habitants du quartier juif qui sont expulsés lors de la guerre d’Indépendance.


« La chute de la Vieille Ville prise par l’armée jordanienne en 1948 a porté un coup terrible à mon grand-père », relate Yeroushalmi. Pourtant, son attachement pour elle n’a jamais faibli.


« Mon grand-père est mort à l’âge de 105 ans en juin 1967, trois jours après la libération de la Vieille Ville par l’armée israélienne », se souvient-il. « Il avait vécu pour voir ce moment, mais il est resté très marqué par cet épisode de 1948. » Youval Yeroushalmi a lui-même servi dans la brigade des parachutistes, qui se sont battus pour libérer la Vieille Ville pendant la guerre des Six Jours.


Prendre la loi au mot


La mère de Youval, Miriam, – issue d’une famille juive européenne dispersée juste avant le déclenchement de la seconde guerre mondiale – rejoint elle aussi Israël. Certains de ses proches ont réussi à immigrer en Palestine mandataire, mais la plupart n’en réchapperont pas et périront dans la Shoah.


Les parents de Youval se rencontrent en 1939 et, en 1941, Meir, ainsi que deux jeunes et robustes compagnons, sont envoyés par David Ben Gourion dans le sud pour prendre le contrôle de 2 830 hectares de terre. Cette parcelle de terrain, située à environ 40 km au sud de Beersheva, a été achetée par l’Agence juive. Quand ils arrivent, ils n’ont guère plus que leurs rêves pour tout bagage en bandoulière, et les vêtements qu’ils portent sur leur dos… « La loi foncière en vigueur à l’époque était ottomane. Si un individu labourait la terre, il acquérait de facto la propriété », explique Youval Yeroushalmi. Les pionniers ont donc pris la loi au mot. « Mon père et deux de ses amis ont vécu dans une grotte dans le désert, et labouré la terre avec un petit tracteur. » Pendant longtemps, l’endroit était adapté à leurs familles qui désiraient venir s’installer et profiter ainsi de meilleures conditions de logement.


La petite communauté prend le nom de Revivim, qui signifie en hébreu « averses », et s’établit officiellement comme kibboutz à l’été 1943.


Cette même année, alors que Meir combat dans l’armée britannique contre les forces de l’Axe, Miriam donne naissance à une petite fille et la prénomme Nitza. Elle est le premier bébé né au kibboutz Revivim. Youval Yeroushalmi suivra et verra le jour lui aussi au kibboutz, en 1946.


Un avant-poste stratégique


Après d’humbles débuts qui voient trois braves pionniers dormir dans une grotte la nuit pour travailler sans relâche toute la journée – à cultiver péniblement au milieu de ce désert austère – Revivim grandit et devient une communauté prospère. Des camarades sont missionnés pour fonder d’autres kibboutzim dans le Néguev. Cela a permis par la suite d’assurer une présence juive dans la région et contribué à l’inclusion du Néguev au sein de l’Etat juif, envisagé dans le plan de partition des Nations unies du 29 novembre 1947.


Mais pendant la guerre d’Indépendance, le kibboutz est coupé du reste de territoire juif et doit être ravitaillé par les airs. Alors que les forces égyptiennes envahissent l’Etat juif nouveau-né par le sud, Revivim devient un poste de première ligne.


Selon certains rapports, c’est donc au-dessus du ciel de Revivim que l’aviation israélienne s’engage dans ses premiers combats aériens avec les avions ennemis. Il faut savoir que des membres du kibboutz ont également combattu l’une des colonnes d’invasion égyptienne, en y laissant plusieurs victimes.


Aujourd’hui, le cimetière de Tsahal à Revivim compte les pierres tombales des premières victimes du conflit israélo-arabe, ainsi que celles de plusieurs autres membres du kibboutz tués lors des guerres qui ont suivi et les actes de terrorisme.


Après la guerre, les pionniers de Revivim réparent leurs bâtiments et admettent de nouveaux membres. La communauté est la plus au sud du Néguev jusqu’en 1952.


Ce n’est qu’en 1955 que les canalisations commencent à apporter de l’eau au kibboutz. Un changement notable, qui augmente considérablement la qualité de vie des résidents et rend en même temps la communauté plus attrayante pour les nouveaux membres.


Une communauté prospère


Parmi les nouveaux arrivants: Sarah Meir, la fille de Golda Meir, connue pour être la première femme Premier ministre d’Israël. Golda devient alors une visiteuse assidue et une alliée du kibboutz après que sa fille y ait emménagé. En 1976, un centre culturel, qui porte son nom, est inauguré, avec des installations plus modernes qui seront utilisées par la suite par les résidents de toute la région du Néguev.


Aujourd’hui, Revivim est une communauté prospère et qui se prépare à célébrer son 70e anniversaire. Le kibboutz abrite plus de 800 résidents, comprenant les membres du kibboutz et leurs enfants, les bénévoles étrangers, les locataires et les soldats de Tsahal qui font une partie de leur service militaire en travaillant sur place.



On y trouve aussi un musée, un zoo, des jardins d’enfants, plusieurs commerces et un oulpan pour les nouveaux immigrants.

Revivim abrite également une usine qui emploie des centaines de travailleurs, en provenance des collectivités environnantes.

Au nombre des attractions: le musée, qui abrite les bâtiments restaurés du kibboutz d’origine, souvenirs de l’époque du Mandat et de la guerre d’Indépendance. Les visiteurs peuvent également y découvrir les avions utilisés pour approvisionner les communautés isolées du Néguev durant les premiers jours de l’Etat. Le zoo Hai du Néguev est aussi une curiosité de la région.

Pour ceux qui souhaitent rester plus longtemps il est possible de s’inscrire à un cours d’oulpan, de proposer ses services pour du bénévolat ou travailler dans l’une des entreprises du kibboutz – l’oliveraie, la laiterie, l’élevage des poulets qui produit pas moins de 17 millions d’œufs par an, la cuisine communautaire ou la lessive. Une véritable immersion dans un mode vie qui fait encore bien des adeptes aujourd’hui…

 


 


 


 


Related Content

February 11, 2018
Les nouveaux « judaïsants »

By DAN HUMMEL