David Shapira, fédérer les Français d’Israël

Candidat indépendant, il déclare: « Etre député est un moyen et non un objectif ».

By MYRIAM KALFON
May 21, 2013 12:49
3 minute read.
David Shapira.

JFR P16 370. (photo credit: DR)

La fin de la politique politicienne ? Tel est le pari de David Shapira, qui estime que « les gens ont en assez » des grands partis.

L’historien et ancien journaliste mise sur une autre façon de s’engager. Contre « les promesses loufoques » de certains candidats, mais aussi le buzz médiatique et la politique agressive.

Sa grande fierté est d’avoir mené une campagne propre, sans attaques dégradantes à l’endroit de ses concurrents. Un engagement qui a demandé des efforts tant le climat s’est parfois avéré électrique dans une course qui a attiré beaucoup (trop) de candidats. Mais face à certaines grandes ambitions personnelles, l’homme préfère la jouer modeste.

« Etre député est un moyen et non un objectif », répète-t-il.

Au buzz de certains, Shapira oppose donc son sérieux et ses 30 ans de vie israélienne. Celui qui a été porte-parole du Conseil d’implantations de Judée-Samarie précise néanmoins qu’il n’est pas étranger à une certaine schizophrénie franco-israélienne. « Contrairement à d’autres, je l’assume », sourit-il. « Je suis profondément israélien, mais je reste français par mes lectures, mes fréquentations et mes publications dans la langue de Molière. Comme dit l’un de mes amis : “Nous ne sommes pas des expatriés, nous sommes des rapatriés” ».

A cheval entre deux univers, il souhaite donc fédérer les très nombreuses bonnes volontés qui oeuvrent pour la communauté francophone, mais « manquent aujourd’hui d’unité ». Et de donner pour exemple les secteurs éthiopiens et anglophones en Israël, « bien mieux organisés, sans être beaucoup plus nombreux ». Shapira rêve donc de coordonner tous ces efforts et trouver une formule collégiale qui rende justice aux nombreux talents qui fleurissent dans la francophonie.

La « surprise de cette élection » 

Objectif : répondre aux besoins et améliorer le bien-être des Français de la 8e circonscription. D’ailleurs, sa première action de député serait d’obtenir la réserve parlementaire, qui permet à chaque élu de débloquer des sommes d’argent (« de 2 à 5 millions d’euros ») pour sa circonscription, et la redistribuer aux associations sur le terrain.

Pour le reste, il se voudra à l’écoute de ses électeurs et s’entourera d’une équipe de « locaux », issus de Grèce, de Turquie et d’Italie.

Shapira revendique ainsi une très bonne entente avec le candidat indépendant italien Alexandre Bezardin (ancien suppléant de Valérie Hoffenberg). Les deux hommes, qui se définissent tous deux comme « issus du terroir », se consulteront sur la marche à suivre à l’issue du premier tour.

L’indépendant n’hésite d’ailleurs pas à se projeter « comme la surprise de cette élection ». Un optimisme qu’il puise dans l’analyse suivante : les députés portés par des partis de droite et du centre n’auront aucune influence pendant 4 ans, quoi qu’ils en disent, vu qu’ils siégeront sur les bancs de l’opposition. Et la candidate du PS est une résidente turque… Une conjoncture qui lui semble donc favorable pour porter sa voix modérée et réaliste jusque dans l’Hémicycle.

La défense d’Israël est également une cause primordiale pour cet érudit qui a consacré son post-doctorat d’histoire aux antisémitismes de France.

Lui qui n’a jamais cessé d’étudier (il prépare actuellement une licence de droit à l’Université hébraïque de Jérusalem) se fait fort de posséder les outils intellectuels nécessaires pour tenir tête à l’antisionisme qui se propage dans l’intelligentsia française. « J’interviendrai dans les médias, par des interviews et des débats. Mais je ne serai pas le seul. Je serai une voix de plus aux côtés d’autres ».

Une voix de plus. En somme, ce que David Shapira demande à chacun de ses électeurs.


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