De gré plutôt que de force

Comment Israël, par définition un Etat juif, peut-il être plus musulman que l’Indonésie ?

By PITAN DASLANI
November 6, 2012 13:48
Dome of the Rock on the Temple Mount

Dome of the Rock on the Temple Mount 390. (photo credit: Ilan Evyatar)

 
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Le monde musulman, et en particulier les pays du Golfe, peine à définir le rapport entre l’Etat, la religion et la société civile.

Depuis que le printemps arabe a balayé le Moyen-Orient, c’est même devenu un vrai casse-tête pour les dirigeants de la région.

Les mouvements qui ont changé le paysage politique de l’Egypte, la Libye, la Tunisie et du Yémen ont envoyé un signal d’avertissement aux régimes autoritaires : ils doivent parvenir à une sorte de compromis et accepter les pratiques démocratiques s’ils veulent survivre.

De quoi décontenancer le monde arabe. Les gouvernements, institutions religieuses et dirigeants communautaires n’ont pas su apporter la bonne réponse à la question de savoir si l’autorité de l’Etat doit être séparée de la religion, et comment garantir le respect des droits de la société civile. Pour ce qui est de la séparation de l’Etat et de la religion, il n’existe aucun précédent fiable dans les pays arabes. Ce qui explique leur confusion lors du Forum américano-islamique à Doha, au Qatar, organisé au début de l’année par l’Institution Brookings basée à Washington, en coopération avec le gouvernement du Qatar.

Lors d’une séance à huis clos du forum à laquelle j’ai assisté, les participants du monde arabe ont demandé pourquoi séparer la religion de l’Etat. Ils ont souligné la tradition arabe, transmise via le prophète Mahomet, selon laquelle l’autorité de la religion et de l’Etat sont indissociables et incontestables.

Un cheikh a condamné ce genre de tentatives comme “inutilement dérangeantes.” Et de mettre en garde l’Occident contre la perturbation des traditions et pratiques religieuses dans le monde arabe. Mais il parlait pour lui-même, et des experts de l’auditoire ont rejeté ses idées.

Les dirigeants asiatiques lors du forum ont proposé un point de vue différent. Ils ont surpris les participants musulmans, convaincus que l’islam était la religion officielle de l’Indonésie, la majorité de sa population étant musulmane.

L’exemple indonésien 

Irman Gusman, président du Sénat indonésien, a déclaré que l’Indonésie n’était pas un Etat islamique, “même si près de 90 % de la population est musulmane, l’Indonésie repose sur une idéologie d’Etat qui préconise une harmonie pluraliste nationale”.

Et de souligner que dans l’histoire indonésienne, l’Etat n’intervenait pas dans la formulation ou l’application des lois religieuses, et facilitait la liberté de culte pour tous.

Selon lui, les institutions religieuses n’ont jamais interféré dans la politique gouvernementale, et se contentaient d’agir dans leurs domaines respectifs. Les Musulmans n’imposent pas l’islam comme religion d’Etat, tout comme les ethniques javanais ne se battent pas pour faire du javanais la langue officielle de l’Indonésie.

C’est une leçon pour les gouvernements musulmans du Golfe qui ne savent pas comment appréhender le printemps arabe. Si l’Egypte, la Libye, le Yémen et la Tunisie ont pu goûter à quelques fruits de la liberté et de la démocratie, d’autres sont trop réticents à leur ouvrir grand la porte.

Le forum à Doha m’a fait comprendre que l’Indonésie est mieux lotie que les pays arabes.

Troisième plus grande démocratie du monde, le gouvernement ne s’ingère pas dans la liberté de culte. En termes de religiosité, l’Indonésie prime, puisque sur la carte d’identité de chaque citoyen doit figurer la religion.

J’étais fier que ma patrie soit une nation religieuse, avec ses millions de mosquées, églises, temples et autres lieux de culte, même si je ne suis pas musulman.

Jusqu’à ce que je lise un rapport qui a renversé ma perception de la religiosité en Indonésie.

Même si l’Indonésie est le foyer de la plus grande population musulmane du monde, en réalité, Israël, que l’Indonésie semble tellement détester pour son caractère juif, est “beaucoup plus islamique” que l’Indonésie, l’Arabie Saoudite et de nombreux pays arabes.

Israël : 61e pays musulman 

Dans le contexte d’un monde globalisé où la démocratie est en plein essor et où l’interdépendance entre les nations s’accroît, la plus grande erreur de l’Indonésie est sa réticence à établir des relations diplomatiques officielles avec Israël. Pour la peine, elle est privée de tous les avantages que les autres nations récoltent de ces liens étroits avec le plus proche allié des Etats-Unis au Moyen-Orient.

Selon un sondage réalisé par l’Université George Washington, les valeurs islamiques ont été implémentées avec plus de succès dans les pays non musulmans que dans les pays où la majorité de la population est musulmane.

L’enquête classait 208 pays selon un indice d’islamicité. Les 37 premières places étaient occupées par des pays non musulmans.

La réalité honteuse pour les pays musulmans est qu’Israël, tant détesté et maudit par ces nations, était classé 61e, audessus de Bahreïn (64e), Brunei (65e), la Jordanie (77e), Oman (99e), le Qatar (112e), l’Arabie Saoudite (131e), l’Indonésie (140e), l’Egypte (153e) et l’Iran (163e).

Pour moi, les chercheurs de l’Université George Washington s’étaient forcément trompés, mais Irman a donné son explication.

“Toutes les personnes impliquées dans des crimes comprennent les enseignements religieux et sont apparemment dévotes,” a-t-il affirmé. “Ceux qui enfreignent la loi la connaissent bien.

Des individus font de généreux dons aux lieux de culte, mais détournent les fonds publics.

D’autres donnent volontiers l’aumône, mais excellent aussi à extorquer autrui. “ Alors, comment réparer les dégâts ? Nul ne le sait. Tant que le statu quo sera respecté, l’Indonésie sera peuplée de transgresseurs de la loi qui se croient innocents et d’hypocrites déguisés en modèles à suivre pour mieux tromper le public.

C’est pourquoi Irman a déclaré que le prochain président indonésien doit être un homme intègre, avec un parcours sans faute, reconnu par des citoyens de tous les horizons, et non un politicien transactionnel dont le principal objectif est de satisfaire ses intérêts égoïstes. 

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