Des racines modestes

Anciennement couverte de vergers et de vignes, aujourd’hui Rishon Letsion a incorporé le terrain de la base militaire de Tzrifin pour loger sa population croissante.

By JOHN BENZAQUEN
January 29, 2013 14:57
East Rishon Lezion

East Rishon Lezion 521. (photo credit: Courtesy Rishon Lezion Municipality)

Rishon Letsion est la 4e plus grande ville d’Israël après Jérusalem, Tel-Aviv et Haïfa. Sa population compte aujourd’hui quelque 250 000 personnes. Pourtant, ses à ses débuts, elle n’était qu’une bourgade modeste.

Tout comme Petah Tikva, Rehovot et Hadera, elle trouve son origine dans les colonies agricoles établies de la Palestine alors sous mandat turc. Petah Tikva étant pionnière, Rishon sera la seconde.

Rishon Letsion, ou « la première à Sion », voit le jour en 1882, fondée par dix pionniers juifs originaires de Kharkov, en Ukraine, alors partie intégrante de l’Empire russe. Ils achètent 338 hectares de terre, au sud-est de l’actuelle Tel- Aviv, qui appartenaient à un village arabe du nom d’Ayoun Kara. Ayoun Kara a été la scène d’une bataille sanglante entre les Turcs et le régiment néo-zélandais de l’armée britannique, le 14 novembre 1917. Un cénotaphe de pierre sera ainsi érigé par les habitants de Rishon en souvenir des Néo-Zélandais tombés ce jour, mais il est aujourd’hui détruit.

Ses fondateurs, qui n’étaient pas habitués au travail agricole, vont rencontrer de nombreuses difficultés. Le sol était sablonneux, l’eau insuffisante et ils manquaient d’expérience.

C’est le baron Edmond de Rothschild qui décidera de prendre sous son aile les implantations agricoles, en envoyant des administrateurs expérimentés, qui conseillent aux habitants de planter des citronniers et des vignes. Ils joueront un rôle clé dans l’établissement des vignobles du Carmel, les premiers du genre en Palestine.

La ville moderne n’a pas conservé grand-chose de son histoire. Aujourd’hui, tous ses vergers de citronniers et ses vignes ont été reconvertis en zones de logement.

Certes, la municipalité a préservé et restauré ses bâtiments historiques, comme l’ancienne vinerie et le parc, symboles d’une gloire passée, mais la cité actuelle n’a rien de commun avec le village agricole d’antan.

Quand l’est s’aligne sur l’ouest

Rishon obtient le statut de ville en 1950, alors forte d’une population de 10 000 personnes. Elle est localisée dans la partie sud de la région de Dan, avec Ness Ziona au sud, Holon et Bat Yam au nord, la grande base militaire de Tzrifin à l’est et la mer Méditerranée à l’ouest.

Depuis les années 1970, Rishon connaît un développement fulgurant. De nombreux projets de construction voient le jour avec l’arrivée du maire Meir Nitzan, élu en 1983. Et de nouveaux quartiers sortent de terre. Dans les années 1980, l’augmentation de la population était 2,5 fois supérieure à la moyenne nationale. En 2020, on prévoit 315 000 habitants.

Géographiquement, Rishon peut être divisé en quatre zones : la vieille ville, située dans ce qui était alors la zone résidentielle au 19e siècle ; l’est en construction ; l’ancienne zone industrielle du nord ; et l’ouest de la ville. Un autre secteur industriel existe au sud de la cité, près du Gan Sorek.

La vieille ville, située au coeur de l’actuelle cité, comprend des bâtiments datant de sa fondation en 1881. Elle se trouve entre et autour des rues Herzl et Jabotinsky. Les zones industrielles ne sont plus si industrielles. Elles constituaient auparavant des points de chute pour de petites industries.

Aujourd’hui, on y trouve des édifices commerciaux ou centres de loisirs qui génèrent une vibrante vie nocturne, et des bureaux.

Les nouveaux quartiers, ceux construits dans les années 1980 et 1990, se concentrent dans la partie ouest de la ville. Plus près de la mer, la zone est plus chère. A l’est, au contraire, le secteur est connu pour être historiquement un des moins aisés. Des familles à revenus moyens et bas y vivent. Mais dans cette ville en expansion, tout est en cours de changement à vitesse grand V, car de nouveaux terrains de construction sont désormais disponibles.

L’immense base militaire de Tzrifin s’est déplacée au sud et des développeurs sont déjà en lice pour obtenir les terres, dans ce qui est sur le point de devenir un grand quartier d’habitations de qualité. Comptant aujourd’hui 88 000 habitants et 28 750 logements, la zone se verra bientôt étoffée de 20 000 logements soit quelque 80 000 futurs résidents.

Selon Dov Zur, le maire en fonction, la partie est de la ville a été trop longtemps négligée. Ce qui est en cours de changement aujourd’hui. « Quand j’ai été élu, il y a 3 ans et demi, j’ai décidé de favoriser la zone et d’améliorer le niveau de vie des habitants. La ville a fait de gros investissements dans l’éducation et les infrastructures et je suis heureux de dire qu’on en voit les résultats, avec une augmentation de 12 % d’élèves qui reçoivent leur certificat d’étude. » Les grands défauts de Rishon : le surpeuplement et le manque de zones vertes, ce qui devrait s’arranger avec la mise en disponibilité des terrains de la base de Tzrifin. A l’est, la zone est d’ores et déjà en train de connaître ce processus d’amélioration. Les plus grands développeurs du pays sont sur le projet de rénovation. La compagnie Minrav construit des immeubles de 7, 8 et 9 étages nommés « Minrav la jeune ». Trois de ces sept immeubles de 90 appartements sont achevés et 178 autres logements sont en cours de construction.

Le directeur des ventes, Haim Maoz explique : « Les ventes sont satisfaisantes. Nous offrons un projet de qualité avec un accès facile à Tel-Aviv pour des prix raisonnables. Tous nos appartements disposent de grandes terrasses de 12 à 23 mètres carrés et d’une cave. Un 4 pièces est vendu à 1,7 million, un 5 pièces avec jardin de 145 m2 se négocie à 2 millions de shekels. Un 5 pièces penthouse avec terrasse mesurant jusqu’à 125 m2 est affiché à 2,4 millions de shekels. » Noam Cons de l’agence Anglo-Saxon est très optimiste quant à la partie est de la ville : « Malgré le fait que la municipalité a augmenté ses investissements dans la zone, elle est toujours déconsidérée par rapport au reste de la ville. Par conséquence, les nouveaux projets sont très demandés par les locaux, qui vivent déjà sur place, mais souhaitent améliorer leur standard de vie. La demande d’investissement est aussi importante, à cause du réseau routier et des prix avantageux offerts par le terrain de l’ancienne base militaire. »


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