Fontaine de jouvence à Ramlé

Fondée sous le règne byzantin, la ville est bien décidée, aujourd’hui, à s’imposer au centre de la carte d’Israël.

By JOHN BENZAQUEN
November 20, 2012 18:20
Ramle

Ramle buildings 300. (photo credit: Courtesy)

 
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Ramlé se situe entre l’autoroute N°1, qui va de Jérusalem à Tel-Aviv-Yaffo, et l’ancienne Via Maris, qui reliait jadis Le Caire à Damas. Un emplacement stratégique qui a valu à la ville une histoire longue et fragmentée. Etablie entre 705 et 715 par le calife de la dynastie omeyyade Suleiman Ibn Abed al-Malik, suite à la conquête arabe de l’Empire byzantin, elle sera tour à tour sous le joug des Abbassides, des Ikhshidides, des Fatimides, des Croisés, des Mamelouks, des Turcs, des Anglais et, pour finir, d’Israël.



Pendant la période des différentes dynasties arabes et de l’Empire ottoman en Palestine, Ramlé constituait un important centre administratif d’échanges et de négoce. La Mosquée blanche, érigée par le calife Suleiman au 18e siècle, était un édifice splendide, renommé pour défier en beauté ceux de Jérusalem, Damas et du Caire. Il n’en reste aujourd’hui que le minaret, mieux connu sous le nom de “tour de Ramlé” ou “tour blanche”, ainsi que des réservoirs d’eau souterrains.

Le minaret, fort de 6 étages de hauteur, a conservé son escalier en spirale de 119 marches.

Après 1948, c’est une autre histoire. Ramlé devient une sorte d’eau stagnante. Pendant l’occupation de la ville en pleine guerre d’Indépendance, la majorité des 16 000 résidents arabes s’exilent, de gré ou de force. La cité est repeuplée d’immigrants juifs. En 2012, la population totale est de 73 000 habitants. La population arabe, pour sa part, a refleuri, de l’immigration des villages alentour ou de la natalité importante, pour atteindre 17 000 personnes.

Pendant des années, la population augmente, mais la ville s’enfonce dans les marécages. Aucune évolution économique ni sociale n’est à noter.

Naissance du quartier des artistes Mais désormais, il semble qu’une nouvelle donne offre enfin des perspectives pour la ville et que l’ère du changement ait sonné. La municipalité rassemble ses efforts pour embellir sa cité, mettre en valeur son héritage historique et attirer les familles de jeunes actifs vers un statut socio-économique meilleur.

Un de ces nouveaux quartiers se nomme “Shechounat Haomanim”, le quartier des artistes. Les rues sont baptisées des noms des artistes nationaux comme Shoshana Damari, Naomi Shemer, Ofra Haza, Yossi Banai, Ehoud Manor et Shaike Ophir. Le quartier est né d’une initiative du maire, Yoël Lavi, qui veut attirer les “yuppies”, jeunes cadres et ingénieurs, dans un quartier aux excellentes infrastructures culturelles, éducatives, commerciales et sanitaires.

Shechounat Haomanim, situé dans la partie sud de la ville, s’étend sur 700 000 mètres carrés. A la fin de sa construction, il pourra accueillir 10 000 habitants pour quelque 2 300 unités de logement.

Une petite ville en soi. 

Seulement 1 000 habitations sont construites à ce jour. Les immeubles compteront de 9 à 10 appartements, ainsi que des pavillons indépendants.

Les superficies sont vastes, avec 4 à 5 pièces par appartement. Sans compter les penthouses, duplex et appartements avec jardin comprenant jusqu’à 6 chambres sur 150 à 180 m2.

Les infrastructures sont déjà en place. Aux rues, lampadaires, système d’évacuation des eaux et tuyaux d’alimentation s’ajoutent le centre commercial, les jardins pour enfants, une école élémentaire, un centre de soin et un centre culturel et sportif.

Sans oublier la synagogue et le bain rituel (mikvé). Le quartier, entre Tel-Aviv et Jérusalem, jouit d’un emplacement unique en matière d’opportunités de travail. L’accès aux centres d’activité, industriels et logistiques autour de l’aéroport Ben Gourion, constitue aussi un avantage.

Attirer les jeunes couples 

Lavi est très fier de sa ville : “Ramlé est une ville charmante et le deviendra bientôt d’autant plus que nous concentrons tous nos efforts pour améliorer les infrastructures et l’esthétique de la ville”, affirme-t-il, avant d’ajouter : “Nous sommes en train de rajeunir. Les quartiers modernes que nous construisons attirent les jeunes couples de Ramlé et du pays. Ainsi, ces nouveaux projets empêchent les jeunes de quitter la ville en trop grand nombre. C’est l’aspect ‘physique’ de la cité que nous rajeunissons, mais aussi son corps social”.

Amir Bar-Tal, le concessionnaire de l’agence immobilière Re/Max, explique : “Les transactions immobilières à Ramlé sont en expansion. Les prix sont très persuasifs, car même les quartiers les plus chers de Shechounat Haomanim sont beaucoup plus accessibles que les zones alentour. La demande suit notamment la croissance de l’immobilier en Israël.” Selon lui, une autre forme de demande s’est récemment manifestée. Les jeunes familles achètent à Ramlé pour investir, et grâce à leurs revenus locatifs, financent leur location à Tel-Aviv, Guivatayim, Modiin ou Rehovot.

Un appartement de 3 pièces dans le centre de Ramlé coûte environ 450 000 shekels et peut être loué autour de 2 500 shekels, soit un rendement locatif annuel de 6 %. Mais paradoxalement, le rendement locatif pour les propriétés plus chères est moins intéressant. Il atteint à peine 5 % par an à Shechounat Haomanim. Un quatre pièces peut coûter jusqu’à 1,2 million et n’être loué qu’entre 4 000 et 4 500 shekels par mois. Soit un rendement annuel d’environ 4,5 %.

Joseph Prashkovsky est le directeur général d’une entreprise de construction et d’investissement qui porte son nom. Il détient un immeuble dans le quartier : “Nous avons choisi de construire dans le quartier des artistes pour deux raisons. Il est central et facilement accessible à toutes les commodités et aux routes nationales, et il a un bon potentiel d’investissement. Les prix de l’immobilier à Ramlé, et donc à Shechounat Haomanim, sont bas par rapport aux zones alentour. Par conséquent, les prix augmentent.”

Le chantier de Prashkovsky compte 174 appartements, dans deux hauts immeubles. “Shikoun Vebinouï” a aussi un projet de construction dans le quartier des artistes, appelé “Lev Hapark”. Lorsqu’il sera achevé, il comptera 71 appartements de 3, 4 ou 5 pièces, des penthouses et des “mini-penthouses”. Les prix s’élèveront de 967 000 shekels à 1,7 million pour un penthouse 



Transactions récentes 



• Un quatre pièces, 92 m2 avec une terrasse de 13 m2, vendu pour 1 million de shekels. L’appartement est au 4e étage. Avec parking et ascenseur.

• Un quatre pièces, 94 m2, au 2e étage avec vue sur le parc, vendu à 1,087 million de shekels. Terrasse de 12 m2, avec parking et ascenseur.

• Un quatre pièces, 93 m2, vendu pour 1,13 million de shekels. 6e étage, grande terrasse, avec parking et ascenseur.


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