Hamas : l’arsenal de la terreur

Depuis 2007, le groupe terroriste qui occupe Gaza s’est approvisionné en abondance en Kassams et mortiers en provenance du Moyen-Orient.

By AMANDINE SAFFAR
November 20, 2012 16:24
Arsenal Hamas

2111JFR8 521. (photo credit: Reuters)

 
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Mais les attaques sur Tel-Aviv et Jérusalem ce vendredi 16 novembre révèlent l’existence de roquettes M75 à longue portée, une fabrication artisanale capable d’atteindre la capitale.


Israël s’est totalement et unilatéralement désengagé de Gaza en 2005. Depuis, en 2007 plus précisément, le Hamas, entité terroriste incontestée dans la bande, y a installé son siège. Etablissant la charia comme matrice de ses projets, plaçant ses QG dans les écoles et hôpitaux, formant ses troupes de jeunes au commando-suicide et éliminant tout opposant aux brigades de la terreur, le Hamas est roi en son palais. Les trafics de munitions via les tunnels souterrains et les navires de contrebande s’intensifient chaque année. Le mouvement hérite ainsi d’armes que l’on dit en provenance de l’Iran, du Soudan, de la Russie, de la Corée du Nord.

Depuis 2007, l’entité a su se renforcer, au grand dam des villes frontalières de la frontière gazaouïe, comme Sdérot, le conseil d’Eshkol, ou Ashkelon, qui subissent chaque semaine les tirs de roquettes. L’opération Pilier de défense, mission de l’armée de défense d’Israël lancée le 14 novembre en riposte aux incessants tirs de roquettes, a permis d’éliminer des entrepôts d’armes et de missiles. Pourtant, le sud du pays continue d’être visé, laissant entendre que la quantité de roquettes dans les mains du Hamas est conséquente. Malgré les 950 bombardements de l’aviation israélienne sur les sites supposés du groupe terroriste, plus de 800 tirs de roquettes ont été comptabilisés en quatre jours d’opération, dont 250 interceptés par le Dôme de fer israélien.

Quel arsenal ont-ils encore en leur possession ? Cela reste une énigme pour tous, bien que les pronostics annoncent l’épuisement des ressources. Or, les habitations civiles sont utilisées par le Hamas pour servir de dépôt de munitions. Sans intervention terrestre, l’estimation est difficile.

Mortiers, Grads ou Kassams : à chacun sa roquette 

Fusils, explosifs, missiles antichars et missiles à longue portée sont utilisés contre les civils israéliens. Depuis 2001, plus de 12 800 roquettes et mortiers, avec une moyenne de trois attaques par jour, ont atterri sur le territoire israélien. Selon les sources officielles de Tsahal, l’an dernier, 2 500 fusils, 5 000 roquettes et 15 missiles ont été saisis avant de tomber dans les mains des terroristes de Gaza. Mais ce n’est qu’une partie infime de ce qui pénètre effectivement leur territoire.

Le panel d’armes du Hamas est large.

Les tirs de mortiers, pouvant aller jusqu’à 9,7 km pour les gros obus, sont des projectiles creux remplis de matière explosive tirés par des canons. Ils sont fabriqués à Gaza sur le modèle iranien. Les types de roquettes que possède le Hamas sont nombreux. De facture iranienne, ou fabriqués à Gaza, ces missiles deviennent de plus en plus dangereux pour Israël.

Une roquette peut parcourir une distance de 17,7 à 48 km, allant du Kassam à la roquette Grad améliorée de longue portée. En 2009, on estime le prix de fabrication d’une roquette à 800 dollars environ.

Développé par les brigades Izzaddin el-Qassam - la branche militaire du Hamas - en plusieurs modèles, utilisé et développé depuis la seconde Intifada, le Kassam atteint un périmètre de 17,7 km. Il est fabriqué à Gaza. Ce sont les usines de fabrication de ces roquettes que les frappes israéliennes ont détruites ces derniers jours.

En ce qui concerne l’importation de contrebande, le Fajr-3, artillerie iranienne de longue portée, est fabriqué depuis 1991 avec l’aide de la Corée du Nord. Il s’ajoute aux Konjurs, Sagger et Fagot, de petits missiles munis d’un système antitank, très avancés. Fabriqués en Russie, ils possèdent un laser guidé. De moins longue portée, ils s’avèrent plus résistants et leur périmètre d’explosion est plus élevé.

Le “M75”, une fabrication maison 

La menace récente qui intimide Israël est l’acquisition du missile Fajr-5, dit “Grad”. Il s’agit d’une roquette d’artillerie au sol non guidée, développée par l’Iran en 2006. Sa précision est d’un kilomètre et elle peut parcourir une distance de 75 km. D’une longueur de 6,6 mètres, et d’un diamètre de 33 centimètres, sa charge militaire peut atteindre 90 kg. Le Hezbollah au Liban posséderait ces mêmes roquettes. L’Iran dément en avoir fourni à Gaza, mais il en est le seul producteur.

Le lancement de ce missile contre Israël représente un développement significatif dans le conflit. Ce dimanche 18 novembre, deux Grads Fajr-5 ont été lancés sur Tel-Aviv.

Un troisième a explosé sur un véhicule à Holon.

Reste enfin le “M75”. Celui qui a été lancé en direction de Jérusalem. Le missile a explosé près d’un village arabe de Judée Samarie, à près de 78 km de la bande de Gaza. Le M75 constitue la nouvelle trouvaille des brigades armées du Hamas. De fabrication maison, inventé par les bons soins des Gazaouïs, ce missile de longue portée peut désormais atteindre la capitale. Les composants du M75 s’apparentent au Farj-5, mais les analyses sont encore en cours pour déceler avec plus de précision ce qui se cache derrière cette roquette.

Encore peu familiers avec ce type d’engins, les experts en déminage israéliens découvrent au compte-gouttes les propriétés de ces missiles d’un nouveau genre. Dimanche 18, les premières constations tombaient : les roquettes lancées sur Tel-Aviv ou Jérusalem ne contiennent pas de charge explosive, d’où leur longue portée. C’est la force de l’impact qui provoque alors les dégâts.

Bien entendu, les brigades armées du Hamas ne bénéficient ni de blindés ou autres tanks, ni de forces aériennes.

Mais pas de quoi entamer la motivation du Hamas. La dernière annonce officielle du mouvement, datée du samedi 17 novembre, témoigne d’une volonté de continuer les hostilités avec tous les moyens à sa disposition. Comme le déploiement d’une petite armée de “terroristes-suicides” prêts aux attentats en cas de pénétration de l’artillerie lourde israélienne dans la bande de Gaza.

La menace des nouveaux missiles est prise au sérieux par les autorités israéliennes en alerte, à Jérusalem et à Tel-Aviv, où l’“alarme rouge” n’avait pas été entendue depuis la guerre du Golfe, en 1991.

Certes, toujours samedi 17 novembre, certains avançaient les signes d’une faiblesse du Hamas, et un possible glissement vers une trêve. Mais dès dimanche matin, les tirs reprenaient.

Tsahal affirmait pourtant avoir détruit l’essentiel des zones de production et de stockage. Mais les doutes planent quant à une extinction efficace des ressources du Hamas.

On parle de “dizaines” de Grads longue portée de facture locale restant sur le territoire gazaouï, et de milliers d’armes de moindre importance.

De quoi menacer encore lourdement les habitants de Sdérot, Nétivot, Ofakim, du conseil régional d’Eshkol, de Beersheva, Kiryat Gat, Ashkelon, Ashdod, Yavné, Shaar Néguev, voire Jérusalem et Tel-Aviv. 

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