Israël, une gigantesque tour de Babel

Le 21 février dernier avait lieu la Journée internationale de la langue maternelle. Elle a été instaurée en 1999 par la Conférence générale de l’Unesco pour promouvoir au mieux les 7000 langues de la planète.

By MARIE-SARAH SEEBERGER
March 12, 2013 14:35
2 minute read.

 
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Cette année, l’événement avait pour thème « La langue et le livre ». Le but : montrer l’importance des technologies de l’information et de la communication dans la sauvegarde et la promotion des langues et de la diversité linguistique.

Quand l’on sait que 230 langues ont disparu depuis 1950, le problème prend soudainement de l’ampleur. A travers le monde, 200 dialectes sont parlés par moins de 10 personnes. Dans le Top 3 des régions du monde avec le plus de langues en danger, on trouve l’Inde et ses 198 langues menacées. Puis, aussi étrange que cela puisse paraître, viennent les Etats-Unis avec 191 langages en danger, suivi du Brésil où 190 langues sont amenées à disparaître.

En France, cette année, l’accent est mis sur le picard, parlé par 500 000 Français. Malgré le succès du film Bienvenue chez les Ch’tis qui a l’a mis à l’honneur, ce dialecte est menacé de disparaître d’ici quelques décennies. En règle générale, en France, ce sont les langues régionales qui sont le plus en danger.

En Israël, on le sait, on parle de tout ! Si les langues officielles sont l’hébreu et l’arabe, il faut compter le russe et l’anglais comme des langues totalement inscrites dans la culture israélienne. Seulement 60 % de la population juive est née en Israël, l’hébreu n’est donc la langue maternelle que pour 28 % des habitants de l’Etat, mais il est compris par 74 % des Israéliens.

Au niveau des francophones, on dénombrerait près d’un million de personnes recensées comme telles en Israël. Mais il faut compter parmi elles les Juifs originaires d’Afrique du Nord, qui n’ont pas tous le français comme langue maternelle.

Parmi les langues plus rares parlées en Israël : l’awngi et l’amharique (des Ethiopiens), le turc, le tigrinia (des Erythréens) et l’arménien.

Il existe aussi un grand nombre de langues influencées par l’hébreu et surtout le yiddish, dites « langues juives » : l’arabe judéo-irakien, l’arabe judéo-marocain, l’arabe judéotripolitanien, l’arabe judéo-tunisien, l’arabe judéo-yéménite, le bukharique, le dzhidi, le hulaula, le ladino, le judéoberbère, le judéo-géorgien, le judéo-italien, le judéo-tat, le judéo-espagnol, le lishan didan, le lishana deni, le lishanid noshan et le yevanique.

La majorité des Arabes d’Israël parlent l’arabe palestinien, mais beaucoup d’arabophones immigrants emploient des variantes d’arabe maghrébin, égyptien, libanais ou syrien, irakien, d’arabe du Yémen. La connaissance que les arabophones ont de l’arabe officiel (arabe coranique ou arabe classique) dépend en général de leur degré d’instruction.

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