La traque du Hezbollah

Le Jerusalem Post participe à l’entraînement d'un bataillon de combattants au sein de Tsahal, dans la perspective d’une confrontation avec le Liban.

By
July 30, 2013 12:23
Soldats du bataille Shahaf en cours d'entraînement en haute Galilée

P13 JFR 370. (photo credit: Yaacov Laapin)

 
X

Dear Reader,
As you can imagine, more people are reading The Jerusalem Post than ever before. Nevertheless, traditional business models are no longer sustainable and high-quality publications, like ours, are being forced to look for new ways to keep going. Unlike many other news organizations, we have not put up a paywall. We want to keep our journalism open and accessible and be able to keep providing you with news and analyses from the frontlines of Israel, the Middle East and the Jewish World.

As one of our loyal readers, we ask you to be our partner.

For $5 a month you will receive access to the following:

  • A user uxperience almost completely free of ads
  • Access to our Premium Section and our monthly magazine to learn Hebrew, Ivrit
  • Content from the award-winning Jerusalem Repor
  • A brand new ePaper featuring the daily newspaper as it appears in print in Israel

Help us grow and continue telling Israel’s story to the world.

Thank you,

Ronit Hasin-Hochman, CEO, Jerusalem Post Group
Yaakov Katz, Editor-in-Chief

UPGRADE YOUR JPOST EXPERIENCE FOR 5$ PER MONTH Show me later Don't show it again

Maîtres incontestés du sud Liban, les miliciens du Hezbollah, en vêtements civils, qui se préparent à la prochaine guerre avec Israël, brouillent les pistes en planquant des armes lourdes et des roquettes dans les maisons de villages libanais. Mais leurs faits et gestes sont surveillés de près par les soldats de Shahaf (qui signifie mouette) : un bataillon de combat de l’armée israélienne, basé sur la frontière nord, et spécialisé dans la collecte de renseignement.



Ce bataillon, le second en taille de l’armée israélienne, vient d’achever début juillet en Haute-Galilée, un entraînement exténuant de cinq semaines, spécialement mis au point pour préparer les soldats à faire face à toutes les éventualités. Continuellement investi de missions secrètes, Shahaf élargit la liste des cibles de l’armée israélienne, qui seront dans le viseur dès la prochaine déclaration de guerre.

Une fois que les hostilités éclateront, le bataillon fournira en temps réel un rapport au plus juste de tout nouveau développement sur le terrain, ce qui permettra à Tsahal d’ajuster sa puissance de feu sur les positions ennemies, avec la plus grande précision.

Le Jerusalem Post a rejoint les rangs de ce bataillon, aux côtés du lieutenant-colonel Yiftah Siboni, commandant du bataillon, au cours de la dernière phase de l’exercice sur les collines de Galilée. « Nous surveillons le Hezbollah et mettons à jour la liste des cibles à détruire. Tenir cette liste à jour au fur et à mesure que de nouvelles cibles sont détectées, est au centre de nos activités. Nous sommes des chasseurs, pas des pêcheurs. On n’attend pas que ça morde, on recherche les cibles », fait remarquer Siboni, en traversant une forêt très dense.

Les soldats du bataillon viennent de terminer une marche nocturne de 15 km sur un terrain accidenté et montagneux, transportant 40 kg de matériel sur le dos. Avec ce genre de topographie, il faut 2 heures pour parcourir 2 km, au lieu des 20 minutes standard.

80 000 roquettes pointées sur Israël 

Mais les membres de Shahaf ne se contentent pas de localiser des cibles. Pendant les hostilités, ils devront aussi transmettre les positions ennemies avec précision, en temps réel, à la 91e division basée en Galilée. C’est elle qui coordonne les missions des premières lignes en cas d’hostilités avec le Hezbollah. « En période de conflit, nous pouvons ouvrir le feu sur des cibles quelques minutes à peine après les avoir identifiées. Sinon, leur position est répercutée au renseignement militaire », explique Siboni.

La collecte de renseignements sur le terrain est un défi de taille, vu que les membres du Hezbollah sont déguisés en civils, et que les installations de l’organisation terroriste souvent dispersées au beau milieu de zones civiles. « Nous observons leurs mouvements sur tout l’ensemble du secteur, à partir de la frontière », précise Siboni. L’information, soigneusement recueillie par le bataillon, est transmise à tout un panel de forces militaires, à même de cibler ces objectifs précisément, chars, artillerie et hélicoptères de combat.

Le Hezbollah dispose de quelque 80 000 roquettes, pointées sur Israël, la plupart d’entre elles situées dans les villages chiites du sud du Liban. Les données recueillies par le bataillon aujourd’hui seront cruciales en cas confrontation potentielle future. Au cours des missions de surveillance de routine, les soldats travaillent avec discrétion à la mise en place d’avant-postes, soigneusement camouflés. Ils peuvent rester en planque deux à trois jours d’affilée, et passer de nombreuses heures sur le terrain chaque semaine. Ils sont soutenus dans leurs efforts par des opérateurs qui surveillent le flux d’images vidéo, provenant de caméras télécommandées parsemées le long de la frontière.

Prendre des décisions rapides 

Le bataillon dispose d’engins de repérage, appelés « ratons laveurs », des véhicules de reconnaissance, équipés de capteurs avancés. Invisible même de près, une unité de combattants accroupis à l’ombre d’un grand pin, simule une mission en temps de guerre. Chaque soldat est doté d’une carte, tandis qu’un autre est aux commandes d’un dispositif qui les relie à un système de contrôle et de commandement appelé « armée de terre numérique ».

Ce système de haute technologie permet à tous les niveaux de commandement de l’armée israélienne de voir la position des cellules ennemies, ainsi que l’emplacement des unités de Tsahal, dans un secteur donné. « Là, ils sont justement en train de déterminer quelles seraient des cibles potentielles », explique Siboni, insistant sur la spécificité de la mission du bataillon.

Sur le terrain jour et nuit, quelles que soient les conditions météorologiques, les soldats doivent prendre des décisions rapides sur la valeur du renseignement glané, et déboucher pendant le combat, sur un tir d’obus à partir d’un char ou un tir de missile depuis un hélicoptère, si les soldats ont conclu que la cible constitue une menace immédiate.

Comme ils sont amenés à évoluer en terrain sensible, les soldats doivent s’attendre à pouvoir être pris eux-mêmes sous le feu ennemi. Ce risque augmente si le bataillon se joint à l’armée israélienne à l’occasion d’une manœuvre au sol à l’intérieur du Liban. C’est la raison pour laquelle, au cours des dernières semaines d’exercice, les soldats s’entraînent à balles réelles dans des espaces ouverts et en environnement urbain. D’autres exercices entraînent à la conduite tout terrain de jeeps avec pour objectif d’atteindre un lieu en 30 minutes, afin de conserver une mobilité maximale. « L’équipe de combat doit avoir une connaissance holistique de toute la division et anticiper ce dont le commandant de brigade a besoin de savoir pour gagner la bataille, et quel territoire a besoin d’être couvert ». Ils doivent être aguerris à la façon la plus adéquate d’évaluer une situation et d’en rendre compte à leur commandement supérieur », explique Siboni. Au cours de l’exercice, des soldats appartenant au corps des blindés, jouent le rôle de miliciens du Hezbollah qui chercheraient à débusquer les combattants de l’unité de renseignement. Les soldats ont pour objectif de « neutraliser » l’ennemi et poursuivre leur mission.

Faire son devoir 

Le sergent Yotam Wolf, chef de l’unité de combat, en cache sous l’arbre, décrit l’exercice en cours : « en ce moment nous identifions l’ennemi sur le terrain. Nous créons une liste de cibles pour le commandant de la division. Dès que nous identifions quelque chose, nous faisons directement suivre l’information. Nous devons nous assurer que nous ne ciblons pas un véhicule de l’ONU ou des non-combattants. » Une fois une cible ennemie repérée, l’équipe va vérifier qu’elle est bien atteinte par l’armée israélienne et s’assurer du succès de l’opération. « Nous classons les cibles par genre : s’agit-il d’installations de stockage d’armes ou de postes d’observation ? Que faire ? Faut-il procéder à une surveillance plus serrée ? Si nous apercevons une faction ennemie armée, avons-nous affaire à une escalade de la situation ? », ajoute Siboni.

Netsah Miller, un étudiant de yeshiva qui a émigré en Israël il y a trois ans de sa Californie natale, est un des soldats en planque sous le pin : « Je vois ça comme un travail. Je fais mon devoir. Je pense que mon rôle peut avoir une influence », confie-t-il. « Ne serait-ce qu’identifier une cible peut changer le cours des choses. Le savoir me rend heureux du rôle que j’ai à jouer », ajoute Miller.

A l’est, sur le plateau du Golan, l’armée israélienne met en place un nouveau bataillon de combattant du renseignement, à la frontière avec la Syrie.

En raison des incessantes frictions aux frontières nord d’Israël, toujours menacées et instables, l’armée investit beaucoup de moyens et de ressources humaines pour garder sa frontière sous haute surveillance.

 


 


 


 


 


Related Content

February 11, 2018
Les nouveaux « judaïsants »

By DAN HUMMEL