L’acacia sauveur du désert

Pour Tou Bishvat, le programme Adoptez un acacia va permettre de planter des centaines d’arbres dans l’Arava. Une démarche écologique pour les amoureux du Néguev

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January 14, 2014 16:49
La plantation d'un acacia

P12 JFR 370. (photo credit: Adi Rappaport)



Il est facile de passer à côté des moshavim et des kibboutzim qui bordent l’autoroute 90, de la mer Morte à Eilat, sans les voir. Dans cette région du centre de l’Arava, le paysage s’étend à perte de vue, sans rien pour troubler la ligne d’horizon, sauf, parfois, un arbre ici et là. C’est justement de cet arbre dont il est question : l’acacia. Ce dernier est au cœur d’un projet qui cherche à réduire les dommages causés par le développement humain dans la région, et réhabiliter l’écosystème.
En l’honneur de Tou Bishvat, le projet Adoptez un acacia encourage la plantation de 400 à 450 arbres et la poursuite des efforts pour préserver et replanter cette star du désert.
« Dans le désert, Je ferais croître le cèdre, l’acacia, le myrte et l’olivier », peut-on lire dans Isaïe XL, 19.



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« L’acacia est en fait le symbole de la région, car il est au cœur du système écologique », explique Adi Rappaport, directrice du projet Adoptez un acacia dans l’Arava centrale. C’est un arbre haut, sec et épineux, dont les branches s’étendent à partir d’un tronc élancé, pour former comme un parasol qui offre bien souvent la seule source d’ombre dans cet univers impitoyable. La frondaison de l’acacia est l’unique refuge pour les mammifères, les oiseaux et les insectes du désert.



Adoptez un acacia



« Le projet Adoptez un qcacia est une initiative des habitants de l’Arava, pour la plupart des agriculteurs, qui ont le sentiment que partout où l’homme s’installe, des dégâts sont, d’une manière ou d’une autre, infligés à l’écosystème », déclare Rappaport.
L’acacia est le seul arbre de la région, et avec le développement des terres agricoles, ce sont les arbres qui ont souffert, explique-t-elle. « Nous voulons minimiser les dégâts et rendre l’agriculture la plus écologique possible. »
Le projet est le fruit d’un partenariat avec les antennes australienne et canadienne du Keren Kayemet LeIsraël (Fonds national juif), qui récoltent des fonds à l’étranger, puis investissent dans la collecte de graines d’acacia, commencent à faire pousser des arbustes dans les pépinières, avant de les planter dans l’Arava. En cinq ans, le projet a permis la plantation de 5 000 arbres.



La relation entre l’Arava centrale et le KKL australien a débuté avec Partenariat 2000, une collaboration sur des programmes éducatifs entre les différentes communautés, qui a mis l’accent sur l’écologie et l’amélioration du paysage d’Israël.



« L’adoption » d’un arbre est un don qui finance tout ce processus, depuis le semis de la graine jusqu’à la transplantation. Le projet travaille avec des écoles qui adoptent des arbres et éduquent les élèves à l’écologie de la région. Il cherche aussi le soutien des agriculteurs locaux, qui adoptent les arbres à titre privé et les plantent au bout de leurs champs ou dans leurs jardins. « Chaque communauté de l’Arava a au moins connaissance du projet et la prise de conscience des dégâts causés est maintenant beaucoup plus importante », se réjouit Rappaport.
Un volet éducatif a été introduit pour informer la population et la jeune génération de l’importance de l’arbre sur l’environnement, afin de minimiser les dommages causés par la présence humaine.



Une agriculture qui a su s’adapter au climat



« C’est parce que je suis agricultrice que je peux constater de visu les dégâts que nous infligeons, et je tiens à les réparer », affirme Adi.
Rappaport accueille des bénévoles dans sa ferme biologique. « Une piscine et un pub » sont les atouts que le moshav aime mettre en exergue pour attirer les visiteurs. Un point à ne pas prendre à la légère par les fortes chaleurs d’août. Mais ce qui est le plus impressionnant est de voir comme il est facile de tomber amoureux du désert.
Le dîner est souvent composé de chakchouka, avec des tomates cueillies directement dans les champs et comme dessert des dattes fraîchement tombées des arbres. Les enfants ont tout l’espace qu’il faut pour grandir en toute liberté, courir alentour en toute indépendance et apprendre à connaître la terre par l’expérience quotidienne.



« Nous sommes agriculteurs, reliés à la terre, avec le désert à perte de vue autour de nous. Je ne peux vraiment pas imaginer vivre en ville », déclare Adi.
Son mari et elle ont établi leur ferme biologique en 2000. Quatorze ans et cinq enfants plus tard, leur entreprise produit des tomates, des mangues, des dates, du fromage et du lait de chèvre entièrement biologiques.



L’Arava n’est pourtant pas une partie de campagne. Pendant quatre mois, la chaleur torride dans ce désert du sud-est ne varie pas des 42°. Dans ce climat terriblement chaud et sec, l’agriculture se concentre sur la culture des légumes d’été pendant les mois d’hiver.
60 % de la production est exportée. Ses produits les plus vendeurs sont les légumes et les fleurs coupées.
L’installation dans la région a commencé à la fin des années 1950, car il était important pour Israël d’occuper ses frontières. Avec le temps, elle est devenue un véritable symbole de la prophétie du Premier ministre David Ben Gourion. Pour lui, la clé de la durabilité d’Israël devait passer par sa culture du désert.



En 1966, un groupe de garçons et de filles du Nahal établit un camp de tentes de l’armée à Hatzeva, un petit moshav au sein du Conseil régional de l’Arava centrale tout près de la route 90, à quatre ou cinq kilomètres de la frontière jordanienne. Un article publié dans le Jerusalem Post en avril 1968 note que les nouveaux habitants du désert se déplacent à la périphérie « pour maintenir une chaîne de sécurité et peupler la carte », mais « parlent néanmoins plus de tomates et d’irrigation que de politique ».
La région n’est généralement pas au centre du débat politique. Un traité de paix a été signé en 1994 avec la Jordanie. Il établit des compromis sur les relations, les conflits fonciers et l’eau, et prévoit une coopération touristique et commerciale.



Journées portes ouvertes de l’Arava



La station de recherche et développement Yaïr est située près de Hatzeva. Il s’agit d’un centre scientifique à but non lucratif, créé par le gouvernement en 1991, après le regain de « l’agriculture protégée » dans la région au cours des années 1980.
Le Dr Gidon Winters est à la tête de la Division de l’Arava centrale. Il travaille avec une équipe de 20 chercheurs qui étudient spécifiquement l’acacia. « Les acacias sont le seul type d’arbres que l’on trouve dans l’Arava », explique-t-il, ajoutant que leur déclin dans la région serait dramatique pour l’environnement.
« Tous les animaux du désert sont tributaires de l’acacia, directement ou indirectement. »



Les 15 et 16 janvier prochains, le projet « Adoptez un Acacia » et la station de recherche Yaïr seront parmi les 200 exposants des Journées portes ouvertes de l’agriculture de l’Arava, un événement annuel organisé aux alentours de Tou Bishvat. L’exposition internationale de l’agriculture et la conférence annuelle qui l’accompagne, en sont à leur 23e année. L’événement gratuit présente les avancées et réussites des technologies agricoles. Près de 350 000 visiteurs y ont participé l’an dernier.



Lors de la conférence en 2011, le président Shimon Peres a déclaré : « L’Arava est un laboratoire naturel de la plus grande importance, et les connaissances acquises ici devraient être partagées avec nos voisins ». A propos de l’exposition, il a remarqué qu’elle est « la preuve de la façon dont on peut tirer le meilleur parti de presque rien ».
« J’espère trouver un équilibre entre le développement et le fait que le gouvernement veut attirer plus de monde à venir s’installer ici », conclut Rappaport. « Protéger la nature tout autour de nous, comme les arbres et les animaux. C’est un écosystème très spécial. » 



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