Le Kotel, un Mur pour tous les juifs ?

Entre combat pour l’égalité des droits dans le service divin et féminisme atavique, les égalitaristes sontelles une menace à l’unité du peuple juif ?

By KATHIE KRIEGEL
May 7, 2013 13:24
Opération marketing réussie, ou combat légitime pour le pluralisme religieux ?

JFR P15 370. (photo credit: Marc Israël Sellem/The Jerusalem Post)

 
X

Dear Reader,
As you can imagine, more people are reading The Jerusalem Post than ever before. Nevertheless, traditional business models are no longer sustainable and high-quality publications, like ours, are being forced to look for new ways to keep going. Unlike many other news organizations, we have not put up a paywall. We want to keep our journalism open and accessible and be able to keep providing you with news and analyses from the frontlines of Israel, the Middle East and the Jewish World.

As one of our loyal readers, we ask you to be our partner.

For a symbolic $5 a month you will receive access to the following:

  • A user uxperience almost completely free of ads
  • Access to our Premium Section and our monthly magazine to learn Hebrew, Ivrit
  • Content from the award-winning Jerusalem Repor
  • A brand new ePaper featuring the daily newspaper as it appears in print in Israel

Help us grow and continue telling Israel’s story to the world.

Thank you,

Ronit Hasin-Hochman, CEO, Jerusalem Post Group
Yaakov Katz, Editor-in-Chief

UPGRADE YOUR JPOST EXPERIENCE FOR 5$ PER MONTH Don't show it again


Le rabbin Joseph Soloveitchik, penseur emblématique du courant américain « Modern Orthodox », s’était adressé en ces termes à une jeune femme, venue le voir pour solliciter sa permission de porter le talith (le châle de prière réservé aux hommes). Il lui conseilla de commencer par porter un châle de prière sans les tsitsit. Les tsitsit sont les franges rituelles cousues aux quatre coins du talith et il n’est pas demandé aux femmes de les porter, car elles font partie des commandements liés au temps, dont les femmes sont exemptées.

Trois mois plus tard, la jeune fidèle revenait voir le rabbin, pour lui confier que depuis qu’elle portait le talith, sa prière était plus inspirée et plus exaltante. Le Rabbin lui fit alors remarquer que son exaltation n’avait rien d’halakhique et il lui interdit de porter le talith.

« Le Rabbin Soloveitchik voulait faire remarquer par-là que la sensiblerie dans la prière est l’apanage du paganisme et que l’émotivité est étrangère à l’approche juive du service divin, dans la mesure où la prière doit s’exprimer dans un cadre défini par la loi et les commandements », explique le rabbin Stewaert Weiss, directeur du Centre de recherche hébraïque de Raanana, au Jerusalem Post. « Dieu est le seul à pouvoir nous dicter notre relation à Lui et la forme que doit revêtir le service divin. Il le fait par l’entremise des commandements de la Torah. Et il se pourrait bien qu’Il ne soit pas égalitariste », a-t-il précisé.

Le féminisme s’invite dans le service divin 

Depuis quelques mois, la campagne des activistes du mouvement des « Femmes du Mur », bat son plein. Elles dénoncent « une loi injuste » qui fait autorité au Kotel.

En effet, la Cour suprême d’Israël interdit « l’expression de pratiques religieuses qui ne sont pas en accord avec les coutumes locales, le minhag hamacom, » ou seraient « susceptibles de heurter les sensibilités des fidèles ». Un énoncé que le rabbin Shmouel Rabinovitz, administrateur du Kotel, interprète comme « tout ce qui est en contradiction avec les pratiques orthodoxes ». Interprétation dominée par un machisme séculaire qui pollue le débat religieux, selon les dires de ces femmes.

Pour le Rav Claude David Zaffran, selon des principes millénaires et séculaires, les pratiques des « Femmes du Mur » posent problème à l’orthodoxie. « Pourtant, il n’y a pas véritablement d’interdit halakhique à ce qu’elles portent le talith, mettent les tefilin et chantent la Torah. L’histoire juive a connu de ces femmes, et non des moindres, qui l’ont fait par le passé : Michal, fille de Shaoul et épouse de David, les filles de Rachi, ou encore Brouria, femme de Rabbi Meïr, toutes d’une grande érudition. Mais à la condition que cela soit loin des yeux et des oreilles des hommes d’une part, et dans la mesure où cela ne détourne pas la femme de son rôle spécifique dans le foyer juif, de l’autre. » Car, comme il est dit dans le Talmud, « la gloire de la femme est à l’intérieur ». En s’exposant aux yeux de tous, qui plus est dans un lieu hautement fréquenté comme le Kotel, leur pratique les met en porte-à-faux avec les règles de pudeur, telles qu’elles sont énoncées dans le Talmud et relèvent de la provocation.

Mais quand bien même ces pratiques s’exprimeraient loin des yeux et des oreilles des hommes, leur tolérance est encore loin d’être acquise. Pour preuve, le jeune rabbin de Neuilly, Mickael Azoulay, s’était fait tancer l’automne dernier par le Grand Rabbin de Paris Michel Gugenheim, puis placé sous surveillance, soupçonné d’entorse à l’orthodoxie, pour avoir confié un rouleau de la Torah à une assemblée de femmes pieuses, désireuses de lire le texte sacré entre elles, dans un lieu privé, à l’abri des regards des hommes.

Entre sainteté et polémique 

Le Kotel n’est véritablement devenu une « synagogue » qu’en 1928, sous l’impulsion du mouvement religieux orthodoxe. Mais le courant réformiste, lui, ne lui confère sacré pour le peuple juif, n’est pas un vestige du Temple lui-même, mais de sa muraille d’enceinte. Une déclaration de 1999 des rabbins progressistes d’Israël stipule même : « Il ne faut pas sacraliser le Mur occidental… L’approche du Judaïsme réformiste s’oppose à la reconstruction du Temple et à la restauration des sacrifices. Dans le judaïsme, le Mur occidental n’est pas nécessaire à l’attachement à Dieu, ni emblématique de l’expression juive de la prière, pas plus qu’il n’est la pierre angulaire de la pensée juive de notre temps. » Si donc le Kotel n’est pas un lieu saint, d’où vient l’insistance de ces femmes à vouloir y prier avec le talith et les tefillin et y lire dans la Torah ? Comme le note le journaliste Hillel Halkin : « N’y a-t-il pas d’autre endroit au monde, en Israël et à Jérusalem, où elles pourraient pratiquer leur judaïsme féministe ? Pourquoi se sentent-elles obligées de l’exprimer dans le seul endroit où elles pourraient avec certitude offenser la foi du plus grand nombre de juifs orthodoxes ? » Car si le Mur occidental n’est investi d’aucune sainteté, il recèle un fort potentiel de confrontation et offre aux femmes du mouvement une vitrine de choix. Et de là à voir dans leurs arrestations une opération marketing réussie, il n’y a qu’un pas que leurs détracteurs seraient tentés de franchir.

Le combat égalitariste pour les droits religieux, bénéficie par l’énoncé frondeur de ses objectifs – « égalité des droits dans la pratique religieuse » – d’une forte couverture médiatique dans la diaspora, surtout dans les pays anglo-saxons. Avec une requête satisfaite, il n’est pas impossible que le mouvement s’essoufflerait. D’une dizaine de membres à sa création, il a vu ses rangs enfler au fur et à mesure des arrestations et des répressions à leur encontre. « Il est évident que notre mouvement a pris de l’ampleur ces trois dernières années.

Et plus le mouvement prend de l’importance, plus il y a d’arrestations et plus il y a d’arrestations plus nos effectifs augmentent », a ainsi déclaré Shira Pruce, porte-parole des « Femmes du mur ».

Les nouvelles Rosa Park ? 

Et c’est précisément en alimentant la polémique que le soutien qu’elles obtiennent des communautés de la Diaspora se renforce ». Le rabbin Rick Jacobs, président de l’Union pour un judaïsme réformé ajoute : « La diaspora juive a été interpellée et touchée par le courage de ces femmes qui ont réveillé nos consciences… et les encourage à soutenir leur combat pour l’égalité et un traitement juste dans l’Etat d’Israël. » Il est indéniable que le mouvement hétérodoxe des « Femmes du Mur », cherche à gagner la reconnaissance des institutions. Mais en faisant de Rosa Park un porte-flambeau, le mouvement déplace le débat de la scène religieuse à la sphère publique et politique. Et en favorisant les amalgames, il alimente la polémique.

Rosa Park est cette femme noire, qui en 1955, avait refusé de céder sa place à une femme blanche dans un bus, marquant la fin des ségrégations raciales aux Etats-Unis. Les « Femmes du Mur », en portant le statut des genres dans les textes sacrés sur le même plan que le combat contre les ségrégations raciales institutionnalisées et le sexisme, donnent à leurs revendications une forte connotation politique.

« La ségrégation des femmes dans les transports publics qui desservent les quartiers ultraorthodoxes, la campagne qui a visé à interdire qu’elles apparaissent en photo dans une campagne publicitaire », et tout récemment encore, les violences commises à Beit Shemesh, contre des femmes vilipendées par des orthodoxes en raison de leur tenue vestimentaire jugée trop laxiste et immodeste, « ont commencé à irriter les gens et cela a servi notre mouvement », déclare ainsi Cheryl Brikner Mack, une des « Femmes du Mur ». Au risque de prêter le flanc aux promoteurs de la campagne de délégitimation qui stigmatisent Israël comme Etat d’apartheid. Mais se battre pour un espace réservé à la prière est une chose, c’en est une autre que de se battre contre une ségrégation institutionnalisée.

Le Mur de la discorde 

Jusqu’ici, les Israéliens ont plus ou moins accepté la mainmise des orthodoxes sur le Kotel. Mais le lobbying des juifs américains, en faveur du pluralisme religieux, tend à faire inverser la vapeur. Mindy Stein, directrice de l’organisation sioniste Emounah of America (la Foi de l’Amérique) déclare : « beaucoup de juifs américains, leurs leaders en tête, ne sont pas orthodoxes, mais consacrent beaucoup de leur temps à Israël et sont d’importants donateurs. Israël est au centre de leur vie et ils se sentent marginalisés par des pratiques qui ne respectent pas leur inclination religieuse ».

Et voilà que le nouveau gouvernement israélien s’en fait l’écho et entre dans la brèche. La Knesset affiche son soutien au débat, qu’elle souhaite voir porté sur la scène publique israélienne. La députée Meretz Tamar Zandberg, s’est jointe à la prière mensuelle au Kotel avec les « Femmes du Mur ».

Quant à Yaïr Lapid, il est lui-même affilié à une congrégation réformiste de Tel-Aviv.
C’est dans ce contexte que Netanyahou a pressé Natan Sharansky, directeur de l’Agence juive « de trouver un compromis pour satisfaire toutes les tendances ». Ce dernier suggère donc d’instaurer une troisième section au Kotel, dédiée à un public mixte. Et propose que « tout le mur soit accessible 24 h/24 sur toute sa longueur », jusqu’à « l’Arche de Robinson », plus au sud, séparée du Mur occidental par la passerelle des Moughrabim, où les fouilles sont terminées. L’endroit même où « les Femmes du Mur » célèbrent actuellement leurs offices tous les Roch Hodech (le début du mois lunaire dans le calendrier juif).


Or, « l’Arche de Robinson », se situe en contrebas par rapport à l’esplanade du Mur occidental et nécessite une entrée séparée. Soucieux de ne pas offenser les sensibilités égalitaristes, il a été proposé de surélever l’Arche de Robinson, au risque de défigurer le site, dont les vestiges archéologiques seraient de ce fait tout simplement engloutis.


Be the first to know - Join our Facebook page.


Schisme immédiat au sein de cette communauté de femmes.


Certaines ont exprimé leur préférence d’être tout simplement autorisées à officier en paix dans un département qui leur serait réservé, sans être interrompues, car certaines, parmi leurs adeptes, appartiennent au courant orthodoxe. D’autres ont immédiatement fait savoir qu’elles n’accepteraient pas que la section mixte ait une entrée séparée en contrebas. « Je veux voir et être vue », a déclaré en décembre dernier, Anat Hoffman, porte-parole des « Femmes du Mur », et directrice exécutive du « Centre israélien aux affaires religieuses », qui émane du courant réformiste.


Mais si c’est par Dieu qu’elle entend être vue, que lui importe la localisation de l’entrée, n’ont pas manqué de jaser ses détracteurs.


Promouvoir l’unité du peuple juif 


Il en est pour dire que les « Femmes du Mur » défient l’unité du peuple juif. Sharansky a ponctué ses propositions en précisant : « tout un chacun est en droit d’exprimer ses objections, mais au final, il nous faut comprendre que nous avons là une opportunité de rendre au Mur occidental la place qui lui revient. Il doit symboliser l’unité du peuple juif et non sa division. » Mindy Stein s’est aussitôt empressée de se faire l’écho de la promotion de cette unité en déclarant : « à l’heure ou la délégitimation d’Israël connaît une ampleur sans précédent, l’Etat a besoin d’unité et du soutien de tous les juifs. Je pense que le gouvernement israélien en a pleinement conscience et c’est pourquoi, il oeuvre pour rassembler et cherche à satisfaire tous les courants du judaïsme, afin de promouvoir cette unité et continuer à bénéficier du soutien de tous les courants du judaïsme ». Urgence d’autant plus cruciale que le soutien des communautés ultraorthodoxes est loin d’être acquis, bien au contraire. La majorité des communautés ultraorthodoxes ne récite pas la prière pour les soldats de Tsahal, au motif, disent-ils, qu’Israël n’est pas leur pays. Cette même armée qui les protège pourtant tout autant que les autres citoyens.




Dans une tribune du journal israélien Hamodia, des Harédim ont exprimé leur désir d’obtenir la création d’une sorte d’état dans l’état, à l’intérieur des frontières d’Israël, autonome et souverain, qui leur serait exclusivement dédié. Cette revendication est symptomatique d’un climat de sauve-quipeut qui règne dans cette communauté, qui se sent de plus en plus marginalisée et voit ses droits menacés.


Pour se protéger d’un gouvernement qui pourrait porter atteinte à leur vie spirituelle, ils envisagent la ghettoïsation, voire la sécession et une citoyenneté alternative, si ce n’est comme une solution, du moins comme un moindre mal, pour y faire face. Une dissidence potentielle qui menace d’être un obstacle à l’unité.


Mais, comme le souligne le rabbin Stewart Weiss, « deux coeurs peuvent-il battre dans le même corps » ? Les ultraorthodoxes d’un côté et les réformistes de l’autre, tirent le judaïsme à hue et à dia. Et c’est à qui mettra le plus de poids dans la balance.


Pour l’heure, les courants réformistes, conservatifs, reconstructionnistes et libéraux, dont sont majoritairement issues les « Femmes du Mur », bénéficient d’un large soutien moral et financier de la communauté américaine, interpellée par leur rhétorique égalitariste. Il n’est donc pas exclu que, tôt ou tard, leur action poussera les décisionnaires à légiférer et ce dans de multiples domaines ayant trait au rôle de la femme dans la vie juive. Pour preuve, en ce moment même, à la Knesset, une nouvelle loi est débattue, qui autoriserait les femmes à participer aux élections des Dayanim (les juges rabbiniques).


La société israélienne se montre aujourd’hui bien plus tolérante que par le passé et sensible au changement. L’ère d’un judaïsme plus ouvert s’ouvre peut-être. Une légende raconte que ce sont les riches qui ont financé la construction des murs nord, sud et est du Temple. Alors que ce sont les humbles, qui ont de leurs propres mains, à la sueur de leur front, édifié pierre par pierre le Mur occidental, le seul à ce jour à avoir résisté aux ennemis du peuple juif. Le Talmud affirme que c’est la désunion et la haine gratuite de la génération du Deuxième Temple qui est responsable de la destruction du Temple et de celle de Jérusalem. Respecter toutes les tendances en évitant leurs excès semble être un défi que le peuple juif doit relever aujourd’hui. A lui de trouver les moyens de faire honneur à ce Mur de l’humilité, s’il veut remplir son rôle de lumière pour les Nations.


Au nom des « Femmes du Mur » 

Dans la famille de Shira Pruce, le droit des femmes et la liberté religieuse sont une affaire de famille. Trois questions à la porte-parole du mouvement. 

Pourquoi vous êtes-vous investie dans les « Femmes du Mur » ? 

« Ma grand-mère déjà portait le talith », confie-t-elle, « il est donc tout naturel pour moi de reprendre le flambeau et d’oeuvrer pour faire avancer notre cause en faveur du pluralisme religieux en Israël. Le Mur est un lieu public, pas une synagogue privée. Il ne doit pas être la propriété exclusive d’une obédience plutôt que d’une autre. Il appartient à tous. Des juifs et des non juifs y prient. J’ai vu des chrétiens y faire le signe de croix. Et ce n’est pas considéré comme un délit. Alors a fortiori, il ne doit pas nous être interdit de porter ni un talith, ni des tefillin. Ce n’est pas un crime. Nous devrions avoir le droit de vivre notre judaïsme en toute liberté. Il se trouve que notre combat touche une corde sensible de la société israélienne.

Il éveille les passions, car il est emblématique du profond clivage qui existe entre laïcs et observants. » 

Comment prient les « Femmes du Mur » quand elles sont « nida » (période du cycle menstruel de la femme, pendant laquelle elle est considérée comme impure selon les règles de pureté familiale, telles qu’elles sont codifiées dans la loi juive, règles qui comportent nombres d’interdits) ? 

Chaque femme décide pour elle-même de ce qu’il convient de faire. Elle s’autorise ou pas de prier comme à son habitude. Dans une démocratie digne de ce nom, personne n’a le droit de lui dicter sa façon de se relier à Dieu.

A une époque où il existe des femmes rabbins, envisagez-vous de vous battre pour que les femmes exercent d’autres fonctions traditionnellement réservées aux hommes, comme celle de Mohel (qui pratique la circoncision), Chohet (qui procède à l’abattage rituel) ou Sofer (scribe) ? 

Il n’y a pas de raison de s’y opposer. Du reste, il semblerait que ces fonctions aient déjà été exercées par des femmes juives par le passé, dans certaines communautés. Pourquoi ne pas l’envisager à nouveau.

(N.D.L.R. : depuis 1980, le courant du judaïsme réformé propose des formations à la pratique de la circoncision, destinées aux femmes). Notre combat n’a rien de nouveau. Il a l’âge du judaïsme.


Sylvie Rozenbaum, une « Femme du Mur » 

Dès ma Bat Mitsva, j’ai éprouvé le besoin de prier avec le talith et il me serait impossible aujourd’hui d’y renoncer.

J’ai grandi dans une communauté libérale. C’est donc tout naturellement que j’ai rejoint le mouvement des « Femmes du Mur », il y a quelques années. Nous sommes accusées de provocations, et arrêtées au motif que nous ne respectons pas le « Minhag Hamacom », la coutume du lieu, qui régit la pratique de la prière au Kotel.

Or, la racine du mot Halakha vient de Holekh, qui veut dire « avancer ». Il est donc clair qu’elle a vocation d’évoluer avec le temps. D’autant qu’il n’y a aucun écrit de ce minhag hamacom, auquel pouvoir se référer. De plus, il n’est pas universel.

Suite à ma première arrestation, le juge qui était une femme, a considéré qu’il n’y avait pas eu « provocation », dans la mesure où nous étions là dans l’intention de prier et non pas de provoquer. Elle a ajouté que si les orthodoxes se sentent provoqués, cela ne fait pas de nous des coupables.

Ce serait comme accuser une femme qui a subi un viol, d’être responsable de l’agression dont elle a été victime. Il y a donc eu non-lieu. Mais la police a fait appel.

Et pour ce deuxième jugement, alors même que le juge était un religieux portant kippa, le verdict a été le même, à savoir qu’il n’y avait pas eu de provocation de notre part au minhag hamacom.

Fait troublant, lors d’une de nos réunions au Kotel, une femme orthodoxe a perturbé notre prière en vociférant à voix haute, alors que nous priions à voix basse, et elle brandissait un parapluie qui portait des inscriptions insultantes. Là, on peut dire qu’il y avait clairement provocation, car, dans le judaïsme, il n’existe aucune tradition de prier avec un parapluie ! Pour autant, elle n’a pas été arrêtée.

Le Mur est un symbole historique et culturel du peuple juif.

Pas question d’en faire un symbole de discrimination.


Related Content

February 11, 2018
Les nouveaux « judaïsants »

By DAN HUMMEL