L’eTree ou l’arbre généreux

Connecté, branché, ce bijou écologique, présenté pour la première fois dans le parc Ramat HaNadiv près de Zikhron Yaacov, est un arbre dans le vent qui surfe sur l’air du temps

By KATHIE KRIEGEL
November 4, 2014 16:36
L’eTree ou l’arbre généreux

L’eTree ou l’arbre généreux. (photo credit: DR)

 
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«Ckoicetruc », se dit-on devant cette étrange arborescence si urbaine, et pourtant si familière à notre inconscient collectif. Deux ingénieurs israéliens sont à l’origine de cette révolution botanique du troisième type, écologique et fraternelle ; Bernard Bitan, directeur chargé du développement à l’international, est cofondateur de l’eTree avec Mickaël Lasry (son cousin), patron de Sologic, une entreprise spécialisée dans les énergies renouvelables et l’installation de centrales photovoltaïques. Vecteur de valeurs juives, cet arbre a pris racine dans leur désir de travailler à l’avènement d’une communauté urbaine solidaire, fraternelle. Ils rêvent que d’un continent à l’autre, elle contribue au rapprochement entre les peuples, en conjuguant convivialité et générosité.

L’arbre généreux est branché

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« J’étais dans l’industrie du photovoltaïque au niveau de la construction, mais très en amont, et nous avons eu d’abord envie de créer une borne énergétique », confie Bernard Bitan, « puis avec un peu de jus de cerveau, il est venu à Mickaël Lasry l’idée de cet arbre ». Après avoir planché ensemble sur leur projet, les deux ingénieurs en ont confié la réalisation à l’artiste Yoav Ben-Dov. Celui-ci a donné forme à leur rêve et conçu cette structure écologique qui ressemble à un arbre, constituée d’un tronc métallique et une ramification de panneaux solaires en verre trempé, qui produisent de l’électricité par tous les temps. Chaque « feuille » d’1,4 m2 a une capacité de production de 1 500 watts par heure en production pleine, soit 7 kilowatts d’électricité par jour en moyenne. Ainsi, grâce à son arborescence photovoltaïque, cet arbre solaire se transmue en lampadaire pour devenir arbre de lumière à la nuit tombée. « Il dispose d’une batterie en lithium nouvelle génération, ce qui fait qu’il peut stocker l’énergie accumulée le jour », explique Bernard Bitan. Cet arbre remplit aussi plusieurs fonctions pratiques ; il est wifi, on peut y brancher sa clé USB, recharger ses batteries de smartphone, tablette, portable. Enfin il est équipé d’un écran d’ordinateur qui permet de tchater avec des amis. « Mais on peut encore lui ajouter d’autres fonctions selon les besoins, brumisateur par exemple », ajoute-t-il. Et ce n’est pas tout.

Une communauté d’arbres connectés

L’arbre contient une foule de significations cachées et son symbolisme est présent dans la quasi-totalité des cultures et des religions. En Egypte par exemple, l’Arbre de vie est un arbre dont les bras divins déversent l’eau de la vie. C’est peut-être la raison pour laquelle l’eTree est aussi un distributeur gratuit d’eau potable. On peut s’y abreuver, refroidir sa boisson dans le creux de ses branches, et donner à boire aux animaux domestiques ; et, qui sait, sous le feuillage urbain de cet arbre convivial, rencontrer l’âme sœur comme autrefois les anciens qui ont noué leur destin autour d’un puits. « C’est l’arbre de Job, disent certains, mais pour nous, l’esprit c’est la tente d’Avraham, ouverte aux quatre coins, qui peut répondre aux besoins fondamentaux de l’être humain ; lumière et eau, indispensables à la vie et rencontre avec l’Autre », explique Mickaël Lasry. « Des communautés juives veulent l’offrir à leur ville un peu partout dans le monde, c’est une formidable initiative », se félicite-t-il.

« L’eTree fonctionne de manière autonome, avec un minimum d’entretien. Il sera disponible en deux modèles », indique l’ingénieur : le Citrus, modèle de base de 3,50 mètres de large, offrira de l’eau potable dans les cours d’école et les parcs ; et l’Acacia, modèle plus élaboré, de 4,50 mètres de large, servira de petite centrale solaire, avec sièges, éclairage de nuit, ports de communication et d’autres choses encore.
L’arbre est le symbole universel des rapports terre-ciel. Axe du monde, échelle de Jacob qu’il faut gravir jusqu’aux cieux, il est un pont entre la matière et l’esprit, le visible et l’invisible. « C’est un symbole important pour Israël. Mais c’est aussi l’arbre de la fraternité, puisque tous les arbres vont être interconnectés, c’est quelque chose que nous allons développer avec l’UNESCO. Et grâce à un écran tactile d’ordinateur, on pourra cliquer sur l’arbre de Rio de Janeiro, de Shangaï et aussitôt savoir en temps réel ce qui s’y passe et tchater avec ceux qui s’y trouvent », confie Bernard Bitan. « On veut par exemple que quelqu’un sous l’arbre de San Francisco, sache que Mme Michu donne un concert le soir même sous l’arbre parisien par exemple. On veut que les gens se connaissent, montrent leur visages, présentent leurs gamins, rentrent dans le quotidien les uns des autres », rêve-t-il encore.
Nul doute que les eTree sont promis à devenir une grande communauté, à portée de clic des endroits les plus reculés du globe. « L’arbre doit devenir un point de rencontre et un point de repère. Où l’on peut venir se réchauffer quand il fait froid et se rafraîchir quand il fait chaud », espèrent-ils.


Une lumière pour les nations

« Nous vivons à l’ère de l’arbre solaire et l’engouement pour le potentiel de cette idée, de la Corée au Maroc en passant par la Chine et l’Amérique latine, me réjouit », confie Bernard Bitan. « Je suis fier en tant que juif que cette invention fasse connaître Israël au monde », avoue-t-il. Future icône désignée pour tous les férus de « botanique électronique », l’eTree se répand comme une traînée de poudre dans le monde entier. Bernard Bitan et Mickaël Lasry ont vu leur carnet de commandes exploser dès son inauguration fin octobre. « Le téléphone n’arrête pas de sonner, se réjouissent-ils. « Nous avons autofinancé notre projet et nous ne souhaitons pas faire de levée de fonds malgré les propositions que nous avons. Nous allons préférer lancer du crowdfunding (financement participatif) », expliquent-ils. « On veut l’exploiter avec des associations juives comme le KKL et on va fabriquer en Israël, les 50 à 100 premiers exemplaires. Une multinationale chinoise nous a déjà fait parvenir une lettre d’intention pour implanter cet arbre en Chine. »

Auprès de ma blonde, a-t-on chanté autrefois, auprès de mon arbre pourrait devenir un nouveau hit. Israël a vocation d’être une lumière pour les nations. A n’en pas douter, les pères de cet arbre ont eu une inspiration divine pour répondre à cette mission. Arbre de lumière, arbre de vie de la tradition hébraïque planté « au milieu du jardin », on peut se plaire à imaginer qu’il préfigure le retour dans l’Eden primordial. Symbole d’élévation et de vie, c’est l’arbre des Sephirot de la Kabbale hébraïque, qui représentent la manière dont Dieu éclaire le monde. Si l’on y regarde de plus près, ce prototype né en Israël est un capteur de luminosité à 7 branches. Alors, ne serait-il pas aussi une Menora, le plus vieux symbole juif, représentant cette lumière spirituelle cachée, source de vie pour Israël, mais aussi pour toute l’humanité ? Un arbre, on le voit, sur lequel on n’a pas fini de faire toute la lumière, qu’il est permis de planter sans modération, même pendant la shemita… 


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