Les doutes de Golda

40 ans après la guerre de Kippour, les craintes et les doutes du Premier ministre d’alors sont pleinement révélés

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September 17, 2013 11:04
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Golda Meir a avoue qu'elle manquait d'experience militaire a la veille de Yom Kippour

P4 JFR 370. (photo credit: DR)

Alors qu’Israël s’apprête à commémorer la guerre de Kippour qui a fait plus de 2 500 morts et traumatisé une génération d’Israéliens, le ministère de la Défense a dévoilé de nouveaux détails du témoignage du Premier ministre d’alors, Golda Méïr. L’élue s’était exprimée devant la commission Agranat, chargée d’enquêter sur les décisions de l’armée israélienne dans les jours précédant l’attaque-surprise menée par la Jordanie et l’Egypte.

« Je pense que l’on peut regrouper ce qui nous est arrivé en cette veille de Yom Kippour sous le titre “Erreurs” », a avoué Méïr. Avant de décrire son agitation et son inquiétude à la veille du conflit, ainsi que son désaccord avec les hauts gradés au sujet de l’appel des réservistes. Et la dirigeante de regretter : « Pourquoi n’ai-je pas dit : “Messieurs, appelons-les réservistes” ? ». Elle explique avoir craint qu’une telle mesure n’alerte les armées arabes. Interrogée sur son état d’esprit à la veille de la guerre, elle répond : « J’étais très agitée. Bien évidemment, en ce vendredi matin (le 5 octobre N.D.L.R.), je n’étais pas en paix ».

Une agitation qui datait du 3 octobre, confie-t-elle, jour où les familles des diplomates russes ont été évacuées d’Egypte et de Syrie.

Tout au long de son témoignage, Méïr dévoile son manque d’expérience militaire, alors que, pour la première fois, il lui incombe de prendre des décisions stratégiques de haute importance. Elle explique ne pas avoir ordonné de frappe préventive, alors que la guerre semblait imminente, craignant de perdre le soutien des Américains, mais aussi que Tsahal ne soit pas prêt à une telle opération. « Je savais et je sais maintenant que, peut-être, ou même certainement, certains de nos garçons seraient restés en vie. Mais je ne saurais dire combien seraient morts en raison du manque d’équipement », a-t-elle déclaré devant la commission, dans une poignante description de ses responsabilités d’Etat.

La dirigeante raconte également ne pas avoir été informée comme il se doit par le directeur du Mossad : si vendredi 5 octobre, à 5 h 30 du matin, les renseignements militaires préviennent leur hiérarchie que les Syriens s’apprêtent à attaquer l’Etat hébreu, l’information n’arrivera que plus tard dans la journée au chef du gouvernement.

Méïr conclut en se disant sceptique face aux propositions de paix du président égyptien Anouar el-Sadat, déclarant ne pas le prendre sérieux en tant que dirigeant.

Etablie en novembre 1973, la commission Agranat a enquêté sur les informations dont disposaient les chefs militaires dans les jours précédant la guerre de Kippour, les décisions prises par l’exécutif militaire et civil en fonction de ces informations et l’état de préparation de Tsahal au moment du conflit.




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