Les villes intelligentes face au danger terroriste

Plus les innovateurs tentent d’augmenter l’efficacité énergétique et l’accessibilité des services publics par des réseaux virtuels, plus les consommateurs seront confrontés au piratage informatique.

By SHARON UDASSIN
December 25, 2012 13:12
Code malveillant

2612JFR16 521. (photo credit: Jim Urquhart/Reuters)

 
X

Dear Reader,
As you can imagine, more people are reading The Jerusalem Post than ever before. Nevertheless, traditional business models are no longer sustainable and high-quality publications, like ours, are being forced to look for new ways to keep going. Unlike many other news organizations, we have not put up a paywall. We want to keep our journalism open and accessible and be able to keep providing you with news and analyses from the frontlines of Israel, the Middle East and the Jewish World.

As one of our loyal readers, we ask you to be our partner.

For $5 a month you will receive access to the following:

  • A user uxperience almost completely free of ads
  • Access to our Premium Section and our monthly magazine to learn Hebrew, Ivrit
  • Content from the award-winning Jerusalem Repor
  • A brand new ePaper featuring the daily newspaper as it appears in print in Israel

Help us grow and continue telling Israel’s story to the world.

Thank you,

Ronit Hasin-Hochman, CEO, Jerusalem Post Group
Yaakov Katz, Editor-in-Chief

UPGRADE YOUR JPOST EXPERIENCE FOR 5$ PER MONTH Show me later Don't show it again

La mise en place d’un réseau intelligent pour contrôler le système électrique permet aux consommateurs d’accéder en temps réel à leur compte d’électricité.

Il ne s’agit pas là d’un simple progrès technique. Comme l’ordinateur a changé nos comportements sociaux, ce type de réseau virtuel va modifier nos habitudes de consommation.

Et, par exemple, permettre une distribution optimale.

De plus, les réseaux virtuels conservent un environnement plus propre, augmentent l’efficacité énergétique et permettent d’économiser des sommes importantes.

Mais selon les professionnels de l’industrie, les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) appliquées au service public sont une arme à double tranchant. Si elles mettent à disposition des consommateurs l’accès aux services publics de leur région ou même de leur pays, elles l’offrent aussi sur un plateau aux pirates de l’informatique.

Début décembre, lors des trois jours de la Cinquième conférence internationale de l’énergie renouvelable Eilat- Eilot, le sujet portait sur les réseaux intelligents et les villes intelligentes. L’occasion, pour les experts, de réfléchir à des solutions pour assurer la sécurité de ces mêmes réseaux.

Per-Olof Granström, secrétaire général d’EDSO (les opérateurs et distributeurs européens des réseaux intelligents), explique : « Créer des réseaux intelligents est devenu essentiel pour gérer toutes les énergies renouvelables en développement dans le monde. Grâce à ces nouvelles technologies, fournisseurs et consommateurs seront en mesure d’avoir des données et des stocks qu’ils pourront gérer facilement. Nous avons tellement d’énergie renouvelable à distribuer qu’il nous faut un outil adéquat pour ce faire. » Selon lui, ce système commence à se diffuser dans toute l’Europe. Il le décrit comme un microcosme de réseaux intelligents, où les mesures et dépenses d’électricité sont communiquées aux consommateurs de manière digitale.

En Inde, où se trouve le quatrième plus grand système d’alimentation électrique du monde, « les professionnels de l’énergie veulent faire des réseaux intelligents une mission nationale », a déclaré Kumar Pillai Reji, président de l’India Smart Grid Forum. Egalement un moyen, selon lui, de tirer parti des nouvelles technologies pour rendre ce réseau écologique.

Consommation d’énergie en baisse 

De même, au niveau mondial, le concept de réseaux intelligents est devenu un puissant facteur de la politique environnementale. Non seulement ils vont permettre une augmentation de l’efficacité énergétique, mais surtout, ils vont créer une multitude de nouveaux emplois et favoriser la croissance économique de nombreux pays. Une petite révolution, donc, que n’a pas été sans remarquer Daniel Jammer, président de la firme Nation-E de stockage d’énergie.

Il a donc choisi de s’associer à la municipalité de Netanya et à Rafael, entreprise des systèmes de défense avancés.

Jammer offre un système de stockage de l’électricité par l’intermédiaire d’une pile lithium-ion. Celle-ci permettra aux particuliers de produire de l’énergie renouvelable, puis de stocker le surplus pour l’utiliser ou le revendre au réseau.

Pour Jammer, les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), intégrées dans un grand réseau intelligent, rendraient cette pile de stockage capable de communiquer avec d’autres piles de ce même réseau pour voir où et combien d’électricité est nécessaire. Il conclut : « Le monde de l’énergie est en pleine évolution, nous avons besoin aujourd’hui d’une technologie très précise pour le conquérir. L’utilisation des énergies renouvelables va dans ce sens. Le problème c’est que beaucoup de réseaux électriques ne sont ni efficaces, ni facilement accessibles. Dans de nombreuses villes, si le système électrique est en panne plus de 24 heures, l’alimentation en eau risque d’être contaminée et beaucoup d’effets désastreux peuvent en découler.» Même si l’approche de la gestion des énergies renouvelables en termes d’efficacité énergétique et de conservation n’est pas encore au point, les experts, eux, sont optimistes.

De nos jours, si notre économie se développe, nous utilisons moins d’énergie. Actuellement, la consommation d’électricité est en baisse parce que les appareils d’aujourd’hui sont moins gloutons en kilowatts. Par exemple, un iPad3 utilise beaucoup moins d’électricité qu’un ordinateur portable, qui, lui, en dépense beaucoup moins qu’un ordinateur de bureau.

Le plus grand utilisateur d’énergie dans le monde ? Le département d’Etat de la Défense des Etats-Unis, avec 25 milliards de dollars dépensés annuellement. Or, les transporteurs de troupes militaires américains commencent à utiliser des modèles diesel-électriques hybrides. Et le plus gros consommateur en électricité du monde réclame désormais des appareils éco-énergétiques. Il y a donc des changements de comportements.

Prévenir les pannes d’électricité

On commence à penser autrement. On veut être plus efficaces en matière d’énergie et cela passe par une voie écologique. Cette nouvelle mentalité a un impact sur notre manière de vivre. La suite logique et l’agrandissement des réseaux intelligents nous mènent aux «villes intelligentes».

Ces nouvelles cités, où la politique environnementale serait prioritaire, disposerait d’une infrastructure combinée aux nouvelles technologies de l’information et de la communication.» En Italie, un certain nombre de cités ont déjà mis en place des idées : jeter des ponts vers demain. A Milan, une zone abandonnée est réaménagée comme lieu expérimental pour concrétiser le concept de «ville intelligente». Udine, elle, a créé une plate-forme virtuelle de communication avec sa municipalité. De son côté, Florence dispose désormais d’arrêts de bus interactifs, et à Parme, la nuit, dès qu’un piéton traverse la rue, le passage zébré s’éclaire.

Quant à Milan, elle se prépare déjà à accueillir l’Expo Milano 2015. En vedette : la ville numérique intelligente sur les plans de la communication, de la protection de l’environnement et du développement durable.

Akron, dans l’Etat de l’Ohio aux Etats-Unis, n’est pas encore une «ville intelligente», mais selon le maire Donald Plusquellic, qui dirige ses 300 000 résidents depuis 26 ans, elle s’efforce de promouvoir l’efficacité énergétique. A son actif : une «empreinte verte» pour chaque propriété sous sa juridiction.

Plusquellic renchérit : « Akron continue de chercher de nouveaux types de technologies pour améliorer encore la conception des villes de l’avenir. On développe maintenant une technologie de l’eau pour les villes de taille moyenne, en collaboration avec la ville de Netanya. Nous avons aussi le système de transport vert le plus populaire de tout l’Etat de l’Ohio. On doit être intelligent pour être compétitif et pouvoir fournir de meilleurs services aux citoyens.» Amichai Ben-Horin de la Constellation Energy, basée à New York, gère les problèmes d’offre et de demande d’énergie.

Il explique qu’une ville intelligente pourra prévenir et éviter les pannes d’électricité, comme celles qu’a connues New York dans les deux semaines qui ont suivi l’ouragan Sandy. En raison des coupures de courant, des entreprises, des centres financiers et quasiment tous les services ont dû fermer pendant plusieurs jours, et cela a causé des dommages importants.» « Nous sommes tous familiers avec les pannes forcées, qu’elles soient causées par une tempête de neige ou par des défaillances du système», a déclaré Horin. «Aujourd’hui, ce problème peut être évité. Il est indispensable que les consommateurs et les services publics responsables de l’électricité communiquent de manière plus constante».

Danger : attaques cybernétiques 

Les experts, de leur côté, ont mis le doigt sur un effet secondaire indésirable : les pirates d’Internet.

Dr Eitan Yudilevich, directeur exécutif de la fondation binationale de la recherche et du développement industriels (BIRD), un fonds de collaboration entre le département américain de l’Énergie et le ministère israélien de l’Energie et de l’Eau, souligne l’existence de nombreuses menaces. Une réalité d’ailleurs clairement énoncée dans le plan d’action des Départements américains de sécurité intérieure et de l’énergie.

«Ces attaques cybernétiques ne nuisent pas seulement au monde virtuel, elles sont aussi dommageables pour les structures physiques. Si les sites Internet sont déjà la cible de cyber-attaques terroristes, des objectifs plus sérieux et réels auraient des conséquences beaucoup plus graves», note Yudilevich.

Nimrod Luria, directeur technique chez Q.Rity, ajoute : « Les réseaux intelligents causeront un risque à domicile.

Aujourd’hui, le réseau électrique est très fermé et donc difficile à pénétrer. Mais les systèmes numériques intelligents vont rapidement devenir disponibles, populaires et faciles à utiliser. Certes, tout est conçu pour permettre au consommateur de gérer sa consommation d’électricité.

L’ennui, c’est que des personnes mal attentionnées peuvent aussi accéder aux données.» A l’occasion d’une présentation PowerPoint, Luria insiste particulièrement sur une diapositive. On y voit une liste d’au moins 60 points d’entrée susceptibles d’être pris pour cibles par des pirates d’un réseau intelligent. Luria conclut : « Il ne s’agit pas seulement d’une nouvelle technologie – cela va beaucoup plus loin : c’est une nouvelle économie. Les pirates en sont avides et vont s’y attaquer. Les cyber-terroristes peuvent mettre au point des logiciels mauvais pour payer moins cher leur note d’électricité, et il faudra encore de nombreuses années avant que l’industrie énergétique mondiale puisse y faire face.» Ilan Barda, directeur général du groupe TIC RADiFlow, travaille actuellement sur une application pilote de réseau intelligent pour un service public en Espagne. Sa société met au point et teste différentes mécanismes d’encodage et de pare-feu. Il décrit les enjeux techniques des réseaux intelligents : « Grâce à eux, une communication va s’établir du centre de contrôle au terrain, mais plus encore, il y aura des interactions entre les usagers. La gestion des communications sera bien plus compliquée.» 

Israël : une île

Youval Shchory, responsable des solutions de sécurité de Cisco, détaille le fonctionnement du réseau intelligent : « Il contrôle, construit et affecte chaque élément du réseau et ce, parallèlement au système d’électricité réel. Comme tous les éléments sont reliés, une simple prise de courant dans une maison d’habitation est un composant de ce réseau et en tant que tel, va communiquer directement avec la compagnie d’électricité locale. La technologie joue un rôle majeur parce qu’il ne s’agit pas uniquement d’électricité, mais de protocole Internet (IP). C’est un système de communication, où tous les éléments du réseau dialoguent.

Il ne s’agit pas seulement de données, il y a aussi beaucoup d’argent disponible virtuellement. Or, on n’a pas affaire à des pirates qui rentrent dans les réseaux pour le plaisir. Il s’agit de véritables professionnels.» Pourtant, pour les concepteurs de ces réseaux, le véritable danger n’est pas là. Ils craignent plutôt le terrorisme par Internet. Boaz Landsberger, directeur de la sécurité à la compagnie d’électricité israélienne, définit la situation comme suit : « N’importe qui, que ce soit une organisation criminelle, des concurrents, ou un pays ennemi, peut avoir un intérêt à pénétrer dans ce type de réseaux, qui ont des milliards de points d’arrivée et des informations confidentielles. Les experts doivent continuer à développer des systèmes de suivi efficaces. Si l’on connaît bien la configuration du réseau et de ses points d’extrémité en temps normal, on devrait pouvoir repérer tout écart par rapport à la norme.» Itsik Ben-Israël, directeur du Conseil national de la recherche et du développement, souligne la situation sensible d’Israël en ce qui concerne la sécurité. Selon lui, l’Etat hébreu est, dans le domaine de l’énergie, comme une île isolée.

Les réseaux intelligents lui paraissent plus adéquats pour l’Europe. Là, dit-il, l’électricité peut traverser les frontières et être partagée par de nombreux pays limitrophes, qui, grâce à leur voisinage coopératif, sont moins vulnérables.

«Si nous n’étions pas une île, nous pourrions avoir un réseau intelligent, cela pourrait augmenter, en quelque sorte, notre immunité, notre capacité de résistance aux attaques de ce genre. Mais ce n’est pas réaliste dans la situation actuelle.

Pour le moment, nous devons nous concentrer sur la protection de notre production d’énergie.» 

Related Content

February 11, 2018
Les nouveaux « judaïsants »

By DAN HUMMEL