L’incendiaire de la mosquée al-Aqsa

A présent, il ne lui reste plus qu’à mettre plus son projet à exécution. Partie 2/3

By ABRAHAM RABINOVICH
October 20, 2014 18:14
Rohan a dû se déchausser avant de pénétrer dans la mosquée

Rohan a dû se déchausser avant de pénétrer dans la mosquée. (photo credit: MARC ISRAEL SELLEM)

 
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La décision de détruire la mosquée al-Aqsa par le feu est désormais claire dans l’esprit de Rohan : reste à choisir le jour et l’heure. Ce détail est décidé le lendemain. Devant l’hôtel où il est descendu, Rohan croise par hasard la jeune responsable des bénévoles du kibboutz Mishmar Hasharon. En visite à Jérusalem, celle-ci repart dans deux jours. Pour Rohan, c’est un signal : il lui reste 48 heures pour accomplir son action. Il fait l’acquisition d’un tuyau, d’un entonnoir et d’un bidon de kérosène, qu’il dispose sur le sol de sa chambre d’hôtel pour les photographier. Ce sera la preuve qu’il livrera au monde qu’il est bel et bien l’homme qui a détruit la mosquée al-Aqsa et qu’il s’agissait là d’une action mûrement réfléchie, et non d’un coup de tête. Une preuve qui lui sera nécessaire, estime-t-il, pour être accepté comme celui qui construira le Temple et montera sur le trône du Royaume de Judée.

Le soir suivant, il procède à sa première tentative.

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L’absence d’agitation particulière dans le lobby de son hôtel, le lendemain matin, lui indique qu’il a échoué. Il se rend alors sur l’esplanade et ne voit rien d’autre qu’une tache sur le tapis, à l’entrée de la mosquée. Sur le chemin du retour, il comprend : s’il a échoué, c’est parce qu’il ne s’est pas libéré de ses biens terrestres, il ne s’en est pas remis totalement à Dieu. Les 2 000 dollars qu’il avait en poche en arrivant dans le pays sont déjà bien entamés, mais il en reste encore quelque centaines. Il les dilapide les jours suivants en faisant généreusement l’aumône aux enfants, mendiants et gardiens de la mosquée, ainsi qu’à une clinique pédiatrique.

Rohan ou Nahor ?

Au cours de cette période, il aura de nouveau affaire à la police en voulant pénétrer sur le mont du Temple par la porte des Maghrébins, près du Mur occidental. C’est la seule porte menant à l’esplanade qui soit sous contrôle israélien. Il s’y rend en dehors des heures d’ouverture et le gardien israélien lui en interdit l’accès. Rohan se met en colère et refuse de faire demi-tour, ce qui lui vaut une arrestation et un passage au poste central de police, près de l’église russe, en centre-ville. Comme il n’a pas son passeport sur lui, le Sergent Mordecaï Ventura l’accompagne à l’hôtel Rivoli pour qu’il le récupère. De toute évidence, l’Australien n’a pas toute sa tête et la police ne voit guère de raison de l’incriminer.

Rohan prépare sa prochaine tentative. Il passe des heures à examiner la mosquée, tant dehors que dedans. A l’intérieur, la structure de pierre nue n’offre guère de prise au feu. Une chaire, à l’entrée, est le seul combustible qu’il repère, en dehors des tapis. C’est une chaire magnifique en cèdre marqueté, vieille de huit siècles, que Saladin a apportée de Syrie après avoir vaincu les Croisés. L’imam y monte le vendredi pour prononcer son prêche devant la foule des fidèles qui emplit la mosquée. Un jour, Rohan se glisse derrière elle et s’aperçoit que l’arrière, sous l’escalier, est creux. Il a trouvé ce qu’il cherchait.
Une fois de plus, il réunit les matières combustibles, dont un gallon de benzène et un autre de kérosène. Le mardi 19 août, deux jours avant le grand jour, il envoie un télégramme à l’Ambassador College de Pasadena. « Désolé, départ impossible. Mon père aime Jérusalem maintenant et veut que je lui construise une maison. Denis M. Rohan, Nahor. » Il ne connaît personne dans cette université fondamentaliste, mais il éprouve le besoin de parler de sa mission. Et il est sûr que les destinataires comprendront. Dans un dictionnaire de noms bibliques qu’il vient d’acheter, il a découvert que son nom de famille écrit à l’envers, « Nahor », est le nom du grand-père d’Abraham, et cela renforce la certitude qu’il a de sa divine destinée.

Dernières lettres



Ce jour-là, il fait livrer des fleurs à sa mère en Australie, ainsi qu’à Tsiporah, l’enseignante d’hébreu du kibboutz, qu’il espère épouser. A cette dernière, il envoie aussi une carte postale représentant le Temple reconstruit. Dans un hébreu hésitant, il lui écrit : « Un peu de patience, ma chérie, et tout ira bien ». Ses parents ont pour leur part droit à une lettre : « Il y a beaucoup de choses que j’aimerais vous dire, mais je ne peux pas le faire pour le moment. J’en suis venu à comprendre une foule de choses sur ma vie, tant de choses qu’elles pourraient remplir une dizaine de livres. Alors prenez patience, comme j’ai moi-même dû le faire pendant 15 ans. Patience… » Plus tard, lors de son procès, il expliquera en détail tous ces préparatifs et les émotions qui l’habitaient alors.

Le lendemain matin, il arrive à al-Aqsa à 8 heures et se dirige droit vers Ibrahim Halouani, l’employé chargé de surveiller les chaussures que les gens enlèvent à l’entrée de la mosquée. Ce gardien, qui compte parmi les bénéficiaires réguliers de ses largesses, l’accueille à bras ouverts.
Rohan lui explique qu’il aimerait bien prendre des photos, mais qu’il y a trop de monde à cette heure pour le faire. « De toi à moi », ajoute-t-il, « je te donnerai 10 ou 20 livres si tu me laisses entrer demain matin pour que je photographie aussi l’intérieur. » Or, sans une autorisation spéciale des autorités musulmanes, photographier l’intérieur est formellement interdit.
Halouani accepte. Rohan revient vers lui au cours de la journée et lui glisse 10 livres dans la main. « J’espère qu’il n’y aura pas d’autres gardiens ici demain matin et que je pourrai photographier tranquillement… »
« Si Dieu le veut », assure Halouani, « tout ira bien. »

La voie est libre

Dans sa chambre d’hôtel, Rohan photographie de nouveau son équipement de mise à feu et téléphone à la réception pour se faire réveiller à 5 h 45 le lendemain. Mais il est si excité qu’il se lève avant l’heure et glisse tout son équipement dans un sac à dos. Il attache un sweat-shirt à celui-ci pour souligner le côté innocent de son personnage. Trop impatient pour attendre le petit déjeuner, il sort de l’hôtel à 6 heures, lunettes de soleil et bob israélien sur la tête, appareil photo autour du cou.
Il a choisi ce jour car c’est le 7e du mois dans le calendrier juif, ainsi que le 21 août, un multiple de 7. Rohan a appris que le 7 est le « chiffre parfait » et il voit un signe dans cette coïncidence.
A 6 h 15, il est à la Porte des Lions et s’assoit en attendant l’ouverture. A 6 h 30, Halouani, qui se rend à la mosquée, passe par là. « Bonjour ! », lui lance-t-il. « Vous venez à la mosquée, tout à l’heure ? Je suis arrivé tôt exprès pour vous ! » Rohan l’assure qu’il n’y manquera pas.

Lorsqu’il ouvre les portes de la mosquée à 6 h 45, Haj Roussoul, le veilleur de nuit, s’étonne de découvrir Halouani d’aussi bonne heure. Il bavarde un peu avec lui, puis lui demande de surveiller les lieux pendant qu’il se rend aux lavabos. Il profitera ensuite de la présence inespérée de Halouani pour retourner faire un brin de toilette dans sa chambre, à l’arrière de la mosquée. Halouani, dont les fonctions officielles se résument d’ordinaire à surveiller les chaussures à l’entrée et à fournir des foulards aux femmes aux épaules nues, se retrouve donc seul en charge de toute la mosquée quand Rohan arrive. Dès 7 heures, heure à laquelle les tickets d’entrée commencent à être vendus aux non-musulmans, ce dernier a franchi les grilles du mont du Temple. La mosquée elle-même n’ouvre cependant qu’à 8 heures pour les non-musulmans.
L’esplanade est déserte : il n’y a là que trois hommes, qui fument sous un arbre. En approchant, Rohan aperçoit Halouani, qui passe le balai devant l’entrée. Il s’arrête et fait mine de prendre une photo. Halouani lui signale que la voie est libre.

Il faut faire vite !

Quand il franchit la porte, une vieille femme arabe qu’il n’avait pas remarquée passe devant lui. Halouani désigne alors ses chaussures à Rohan et lui rappelle qu’il doit les enlever. Pour que sa présence soit plus discrète, il lui suggère de les poser à l’intérieur plutôt que de les laisser dehors.

Rohan pénètre dans la mosquée et, en chaussettes, foule les tapis qui recouvrent le sol. Dans l’espace étroit qui sépare la chaire du mur, il pose son sac à dos par terre et l’ouvre. Les deux bidons de produits inflammables sont enveloppés de vieux vêtements. Il les sort et les photographie. A cet instant, il relève soudain la tête et se fige : il est observé. C’est la vieille femme, à demi dissimulée dans l’ombre. Soit elle prie, soit elle parle toute seule, mais elle a les yeux fixés sur lui. Il pointe alors son objectif vers elle et elle s’enfuit aussitôt.
Il faut faire vite ! Il s’empresse d’envelopper l’extrémité d’une écharpe autour de la poignée du bidon de kérosène, place celui-ci dans l’espace creux, sous la chaire, et dévisse le bouchon du deuxième bidon pour imbiber l’écharpe de benzine. De nouveau, il photographie le tout. Puis il range les vieux vêtements dans le sac à dos, grille une allumette et enflamme l’extrémité de l’écharpe.

Le cheikh Joude El-Ansari, haut dignitaire du Waqf responsable de la sécurité de la mosquée, arrive devant le portail à 7 h 15, avec son fez rouge et sa canne. Sa famille est en charge de veiller sur al-Aqsa depuis 1 300 ans, et le corpulent cheikh est conscient de la majesté liée à sa position de responsable de ce qu’il qualifie de « première lumière de l’islam ».
Lui aussi est surpris de voir Halouani, qui n’arrive qu’à 8 heures d’ordinaire. « Salaam Aleikoum », lance-t-il. « Que Dieu donne la santé à tous ceux qui sont au service de ce lieu. »

L’homme à la montre à gousset

Halouani lui explique où se trouve le veilleur de nuit, mais se garde bien de parler du touriste qu’il a laissé entrer. Il continue de balayer et, tout en bavardant avec lui, le cheikh Joude jette un coup d’œil par la porte. Dans le vaste intérieur divisé par des rangées de colonnes, il ne peut voir Rohan, posté derrière la chaire. Halouani prie pour que l’Australien reste bien caché. Il réprime un soupir de soulagement quand le cheikh se retourne et poursuit son monologue en promenant le regard sur l’esplanade, les mains dans le dos. Le cheikh Joude adore parler et Halouani sait qu’il ne faut pas l’interrompre quand il est lancé.

Rohan traverse la mosquée au pas de course et s’arrête à la porte pour enfiler ses chaussures à la va-vite sans prendre le temps d’attacher les lacets. Ce faisant, il regarde au-dehors et découvre avec surprise le gros Arabe au fez rouge qui l’a un jour surpris en train de dormir dans la mosquée.
Ce prêtre – car Rohan est persuadé que c’en est un – avait alors sorti une montre à gousset pour lui indiquer que c’était l’heure de la fermeture et Rohan n’avait pas demandé son reste. A présent, Rohan s’arrête pour réfléchir, mais le feu a pris derrière lui et il ne peut guère traîner.

En voyant tout à coup un étranger sortir de la mosquée, le cheikh Joude n’en croit pas ses yeux. « Mais que fait cet homme ici ? », crie-t-il à Halouani. « Pourquoi l’as-tu laissé entrer ? » Il tire de sa poche sa montre à gousset, qui est le sceau de son pouvoir, et la brandit de nouveau devant Rohan. « Il n’est que 7 h 15 », dit-il en arabe. « Ce n’est pas encore l’heure. » Regardant alors l’individu de plus près, il le reconnaît : c’est celui qui vient quotidiennement depuis des semaines. Quelques jours plus tôt, il a interrogé ses employés à son sujet : « Que vient faire cet homme ici ? Qu’est-ce qu’il veut au juste ? » Remarquant alors son appareil photo, le Cheikh Joude crie à Halouani, qui est resté figé sur place : « Cet homme a pris des photos de l’intérieur ! Tu sais bien que c’est interdit ! »
La voix de Satan en personne

Rohan choisit ce moment pour sortir un billet de 10 livres et le tendre à Halouani, qui recule, horrifié. Rohan offre alors le billet au cheikh Joude, qui reste sans voix lui aussi. Rohan dira par la suite qu’au cours des semaines précédentes, il a plusieurs fois glissé des pourboires au cheikh Joude. « Merci de m’avoir laissé prendre mes photos », dit-il. « Au revoir ! »
Sur ses mots, il repart vers les grilles en se retenant de prendre ses jambes à son cou.
Le cheikh Joude pénètre dans la mosquée pour vérifier à tout hasard s’il n’y a pas là d’autres intrus à l’intérieur. Son regard est attiré par quelque chose qui semble brûler du côté de la chaire. Aussitôt, il se tourne vers la porte et hurle en voyant la silhouette de Rohan qui s’éloigne prestement : « Arrêtez cet homme ! Arrêtez cet homme ! »

Même s’il ne comprend pas les mots prononcés, Rohan est terrifié par ses cris. Ces sonorités l’angoissent à tel point, qu’il en déduit que c’est la voix de Satan en personne. Il continue d’avancer sur une dizaine de mètres puis, n’y tenant plus, se met à courir vers la première grille qu’il aperçoit. Mais celle-ci est fermée et il met donc le cap sur l’entrée par laquelle il est arrivé 20 minutes plus tôt. Se couvrant le visage de son bras, il passe en trompe devant le vendeur de billets médusé, puis quitte la Vieille Ville par la Porte des Lions, 100 m plus bas. Il tourne à gauche, franchit un talus et se retrouve dans un cimetière musulman, où il se débarrasse de son sac à dos derrière un buisson de cactus. Au bout du cimetière, un escalier conduit à une grande rue, où Rohan hèle un taxi arabe. Celui-ci l’emmène à la gare routière de Jérusalem, dans la partie juive de la ville. Il lui reste peu d’argent, mais il a de quoi payer un ticket de bus pour Tel-Aviv. Il arrive à l’arrêt au moment où son bus est en train de partir. Il tambourine à la porte et le chauffeur lui ouvre. A bout de souffle, Rohan s’effondre sur une banquette. Puis, peu à peu, il se calme et, tandis que le bus descend sur la route en lacets à travers les collines de Judée, s’adosse à son siège avec un sourire béat. Avant de quitter la mosquée, il a vu des flammes s’élever. Cette fois, il sait qu’il a accompli son œuvre.

Seize brigades de pompiers

Si le cheikh Joude a d’abord cru pouvoir aisément contenir le feu, il ne va tarder pas à déchanter en approchant de la chaire. Ouvrant une porte qui donne sur la chambre du veilleur de nuit, il crie à Haj Roussoul d’apporter de l’eau. Tandis que l’homme, horrifié, se précipite vers la chaire en feu avec son seau d’eau, le cheikh lui crie : « Pourquoi as-tu quitté ton poste à l’entrée ? Pourquoi n’es-tu pas resté à la porte ? »
Le veilleur de nuit asperge le feu, mais sans grand résultat. Les deux hommes entreprennent alors de rouler les tapis de prière tout autour de la chaire.
Dehors, Halouani ne s’est pas lancé à la poursuite de Rohan, comme l’avait ordonné le cheikh : il a jugé plus avisé d’aller demander de l’aide aux gardes israéliens postés à la porte des Maghrébins toute proche. Ceux-ci contactent aussitôt les sapeurs-pompiers de Jérusalem-Est, un contingent exclusivement composé d’Arabes qui constituait, avant la guerre, le département de lutte contre l’incendie de la Jérusalem jordanienne ; il a été incorporé au département israélien des soldats du feu, afin de pouvoir opérer dans toutes les zones de la ville. Quand les camions arrivent au mont du Temple, le feu est déjà hors de contrôle.

Parvenu lui aussi sur les lieux, Avraham Lieberman, capitaine des pompiers de Jérusalem, comprend vite que cet incendie va porter atteinte, non seulement à un lieu saint très important, mais aussi à la fragile coexistence que l’on a réussi à instaurer dans la ville en deux ans. Aussi contacte-t-il tour à tour toutes les casernes de pompiers juives de Jérusalem-Ouest et celles de toutes les villes arabes environnantes, comme Bethléem ou Ramallah. Voyant que rien n’y fait et que le feu ne cesse de progresser, il va jusqu’à solliciter les contingents de certaines banlieues de Tel-Aviv, distantes de 60 km. En tout, 16 brigades de pompiers viendront lutter contre l’incendie.

Golda Meïr, effondrée

Mais ce n’est pas tout : les habitants arabes affluent eux aussi vers la Vieille Ville et se précipitent avec frénésie sur le mont du Temple pour voir la fumée et les flammes s’échapper du dôme argenté de la mosquée. Hommes, femmes et enfants, tous remplissent des seaux d’eau et courent vers la mosquée. Une hystérie collective s’empare soudain de la foule quand plusieurs jeunes émergent du bâtiment, porteurs de morceaux carbonisés de la chaire. « Allahhou Akbar ! », crient-ils. Et « A bas Israël ! »
Une rumeur se propage : les pompiers israéliens répandraient non pas de l’eau, mais de l’essence sur le feu. On s’en prend alors à eux, on leur arrache leurs tuyaux et on les frappe. La police peine à maîtriser la foule déchaînée. A l’une des portes donnant sur l’esplanade, un groupe de la police militaire est attaqué et il faut tirer en l’air pour parvenir à disperser les agresseurs. Plus loin, de jeunes Arabes courent dans les ruelles de la Vieille Ville en hurlant « Dieu est grand ! ».
Ce n’est qu’à midi que l’on vient enfin à bout des flammes.

La majeure partie de la mosquée est restée intacte, mais l’avant n’est que ruines calcinées. Golda Meïr, Premier ministre de l’époque, arrive sur les lieux, manifestement effondrée, et exprime ses condoléances aux leaders religieux musulmans, qui lui réservent un accueil glacial. Le ministre de la Défense Moshé Dayan déclare espérer qu’aucune main humaine n’est impliquée dans cet incendie, mais affirme que, si celui-ci est volontaire, les responsables seront dûment appréhendés. Le cabinet se réunit dans la journée en séance spéciale et nomme un comité chargé de l’enquête. A suivre… 


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