Meyer Habib, une liberté de parole totale

Le programme du candidat de l’UDI fait la part belle aux droits sociaux des Français de l’étranger.

By MYRIAM KALFON
May 21, 2013 12:55
2 minute read.
Meyer Habib.

JFR P17 370. (photo credit: DR)

 
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Ne lui parlez pas des candidats indépendants. « J’ai de la sympathie pour certains, j’espère qu’ils se retireront d’eux-mêmes ». Sa hantise ? « Un second tour PS-UMP ».

Meyer Habib a fait une entrée tardive dans la campagne électorale, mais n’en reste pas moins très attaché aux règles du jeu politique.

A 52 ans, ce diplômé du Technion et ancien chef d’entreprise est tombé tout petit dans la marmite. Son père et son oncle, Roger et Lolo Habib, sont des figures de proue de la communauté d’Afrique du Nord dans les années 1950. Aujourd’hui, le candidat, Shomer Shabbat, dit en avoir retiré ses valeurs et le sens de l’engagement. Et celui du relationnel, serait-on tenté d’ajouter.

Car le carnet d’adresses de Meyer Habib est impressionnant. « Je suis le seul candidat à pouvoir appeler dans la même journée le président Hollande et le Premier ministre Netanyahou », clame-t-il. Difficile d’en douter, tant cet ancien conseiller aux relations francophones de Bibi aligne les grands noms avec aisance. Christine Lagarde, présidente du FMI, l’ancien ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, l’ancien président Nicolas Sarkozy, le président François Hollande (« dont je ne soutiens pas la politique économique, mais chez qui j’ai mes entrées »), le Premier ministre Binyamin Netanyahou et une panoplie de ministres de la droite israélienne… Des idées, comme des amis, Meyer Habib en a à foison. Tant et si bien qu’il a du mal à nommer ses chantiers prioritaires, parmi les propositions de son programme. Tout y passe : l’adaptation des droits hexagonaux aux Français de l’étranger, la lutte contre l’antisionisme, les erreurs françaises et européennes face à Israël ces dernières années, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu, le durcissement de la politique iranienne… 

Battre la concurrence à gauche, comme à droite 

Une fougue et un enthousiasme qui donneraient le tournis s’ils n’étaient contrebalancés par une expérience communautaire notoire. Vice-président du CRIF, Meyer était donné favori jusqu’à il y a peu pour remplacer son président sortant, Richard Prasquier, aux élections du Conseil représentatif ce 26 mai. Pourquoi alors avoir abandonné une course qui lui était a priori favorable ? Sa réponse va également chercher du côté des relations humaines. Jusqu’à la dernière minute, le suspense était maintenu dans les rangs de l’UMP pour savoir à qui allait échoir l’investiture du parti. Face à Valérie Hoffenberg – qui l’emportera finalement avec 11 voix contre 9 – l’avocat Gilles-William Goldnadel, figure médiatique de la lutte contre l’antisémitisme, mais aussi l’ami de toujours. Si Goldnadel l’avait emporté, Habib ne se serait pas jeté dans la compétition. Il n’a annoncé sa candidature qu’après l’échec de son complice.

Aujourd’hui, le voilà adoubé par l’UDI de Jean-Louis Borloo. Et il a bien intention de battre la concurrence à gauche (« une candidate qui ne connaît pas Israël ») comme à droite.

Son credo contre Hoffenberg ? Pas assez sioniste. « Je ne l’ai pas entendue ni pour défendre la barrière de sécurité, ni quand le président Sarkozy a dit que Jérusalem était la capitale de deux peuples ». Et d’assurer qu’il ne se retrouvera jamais les mains liées par son parti, car Borloo lui aurait garanti une liberté de parole totale pour défendre l’Etat juif. « Israël est la cause de ma vie. Je ne me tairai jamais ». On le croit volontiers.

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