Prescription sur Demande

Israël est devenu un point de chute prisé pour les malades du monde entier. Patients fortunés américains, enfants irakiens, ou même Palestiniens proches des leaders du Hamas.

By ESTERA WIEJA
October 16, 2012 18:45
Prescription sur demande

tourisme 1710 521. (photo credit: Marc Israel Sellem)

 
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L’histoire datait déjà de quatre mois quand elle a été relayée par la presse, en juillet dernier, mais l’information était croustillante.
Au printemps 2012, le beau-frère d’Ismaïl Haniyeh, leader du Hamas à Gaza, était transporté d’urgence vers un hôpital israélien, pour une intervention cardiaque qui lui a probablement sauvé la vie. L’homme et sa femme Suhila, la soeur d’Haniyeh, ont ensuite paisiblement séjourné au centre médical Rabin du campus Beilinson de Petah Tikva, pendant une semaine, avant de s’en retourner à Gaza, une fois la condition du patient stabilisée.
Haniyeh n’avait pas trouvé grand-chose à dire quand le rapport a fait surface, mais quelques jours plus tard, le chef de la milice terroriste islamiste ne tardait pas à accuser Israël d’avoir fomenté l’attaque meurtrière conduite par des djihadistes musulmans sur une base de l’armée égyptienne, près de Rafiah, qui avait causé la mort de 16 soldats égyptiens. “Le mode opératoire ne laisse aucun doute sur le fait d’une implication israélienne, motivée par des objectifs politiques et sécuritaires, et la volonté d’attiser les tensions à la frontière égyptienne et de saper les efforts pour mettre un terme au blocus de Gaza”, avait pointé Haniyeh.
Hélas, les initiatives palestiniennes visant à discréditer et détruire Israël persistent.
Pourtant, les médecins israéliens continuent d’ouvrir leurs portes aux Palestiniens en quête d’assistance médicale.
L’administration civile israélienne a même publié un rapport sur le sujet en mars dernier. Conclusion : 115 000 Palestiniens ont eu recours à des examens ou des traitements dans les hôpitaux israéliens en 2011, soit une augmentation de 13 % par rapport à l’année précédente.
Cinq de ces patients ont subi des greffes d’organes d’urgence qui ont sauvé leur vie, tandis que des médecins de l’hôpital Hadassah de Jérusalem sont intervenus à chaud sur deux accouchements à risques complexes, qui se sont soldés par la naissance de deux bébés en bonne santé.
En outre, plus de 100 médecins palestiniens ont effectué leur internat dans des hôpitaux israéliens l’an dernier, et Israël a accueilli quelque 2 000 médecins palestiniens venus prendre part à diverses conférences et programmes éducatifs.

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Les responsables de l’Autorité palestinienne et autres officiels du Hamas ne tiennent pas trop à ce que tout cela se sache.
Ils préfèrent faire leurs choux gras de ces histoires fantasques d’ambulances systématiquement bloquées aux points de passage.
Mais selon un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé qui date de février dernier, plus de 90 % des demandes palestiniennes pour un traitement médical dans les hôpitaux israéliens ont été approuvées et traitées avec succès.
Les Palestiniens ne sont pas les seuls à avoir recours aux prestations médicales israéliennes. L’Etat hébreu est même devenu un point de chute particulièrement prisé pour les patients du monde entier, à tel point que les autorités ont émis une nouvelle catégorie de visa, le visa “médical touristique”.
On peut distinguer deux sortes d’internationaux attirés par les équipements de pointe d’Israël. Tout d’abord, le patient défavorisé, bien souvent originaire des pays arabes environnants, mais pas seulement. Il vient généralement poussé par le manque de structures adaptées à sa pathologie dans son pays d’origine.
En second lieu, on trouve cette clientèle aisée qui a accès aux meilleurs soins là où elle réside, mais peut se payer le luxe de choisir Israël dont la réputation en matière de prestations médicales n’est plus à faire.
Il faut dire que l’Organisation mondiale de la santé a classé l’Etat hébreu parmi la tête de liste des pays de l’OCDE, en matière de réalisations et compétences médicales. L’industrie israélienne de la santé est l’une des meilleures au monde et, qui plus est, la nation est disposée à partager son savoir-faire avec le reste de la planète. Et ce, sans discrimination d’aucun ordre, comme en témoignent les soins apportés au proche d’Haniyeh.

La mer Morte, source de vie

Depuis la nuit des temps, les hommes traversent terres et mers pour se faire soigner. Dans l’antiquité, il n’était pas rare pour ceux qui souffraient de troubles cutanés de voyager vers des milieux naturels aux attributs propices aux soins dermatologiques - sources d’eau chaude ou lumière du soleil filtrée.
C’était le cas des sources minérales situées juste en dessous de Tibériade, très populaires à l’époque de Jésus.
Aujourd’hui, les spas et autres stations thermales ont fleuri le long de la mer Morte. Car en cet endroit situé bien au-dessous du niveau de la mer, les spécialistes s’accordent à reconnaître des vertus thérapeutiques particulièrement bénéfiques pour les problèmes d’asthme, d’allergies, ou de peau. Cela fait plusieurs décennies déjà que les lieux attirent les touristes et les malades du monde entier.
La région de la mer Morte est devenue un important centre de recherche en matière de soins et de santé, en raison du climat exceptionnel de la zone et de sa basse altitude extrême. Le mélange de minéraux saumâtres dans les eaux de la mer salée, combiné à la très faible teneur en pollen et autres allergènes dans l’atmosphère, ont conduit à sa popularité dans le traitement des affections cutanées - comme le psoriasis - et allergiques. La région bénéficie également d’un ensoleillement quasi-annuel, et les quelque 500 mètres de couche atmosphérique supplémentaire pour atteindre le niveau de la mer permettent de filtrer un grand nombre de rayons UV nocifs.
Résultat : l’oasis de la mer Morte situé à Ein Bokek compte désormais de nombreuses cliniques, des spas et des sources chaudes, ainsi que 12 hôtels de luxe, centres commerciaux, restaurants et bars, tous construits pour accueillir l’afflux constant de touristes médicaux.

Prestations de pointe à des prix raisonnables

Outre les spas de la mer Morte, l’autre grande attraction pour les étrangers qui choisissent Israël pour leurs traitements médicaux concerne ses hôpitaux ultra-modernes, connus pour leurs normes élevées et leurs procédures innovantes mais abordables. La demande est particulièrement forte pour les opérations de chirurgie spécialisée et les interventions à risque. Comme les greffes de moelle osseuse (en particulier pour les résidents de Chypre, où l’acte n’est pas pratiqué), la chirurgie cardiaque et le cathétérisme, les traitements oncologiques et neurologiques, mais aussi la rééducation de pointe pour les graves accidentés de la route.
Avec une industrie de la santé en crise dans de nombreux pays occidentaux, Israël est devenu un aimant encore plus puissant pour bon nombre de patients en quête d’une médecine de qualité, certes, mais aussi relativement bon marché.
La plupart des actes pratiqués en Israël le sont généralement à un prix considérablement inférieur à la moyenne internationale. Pour un temps d’attente large- ment réduit. Par exemple, un patient non couvert par une assurance maladie aux Etats-Unis devra débourser entre 450 000 et 500 000 shekels pour un pontage dans son pays, contre seulement quelque 120 000 shekels en Israël. Idem pour les techniques de fécondation in vitro (FIV) connue dans l’Etat hébreu pour leurs taux de réussite élevés à des coûts nettement inférieurs : une moyenne de 12 000 à 15 000 shekels par cycle contre 60 000 à 80 000 shekels aux Etats-Unis.
Deux hôpitaux israéliens ont particulièrement bien réussi à se tailler une réputation de qualité sur la scène médicale internationale : le centre médical universitaire Hadassah, fort de ses deux campus situés aux deux extrémités opposées de Jérusalem, et le Centre médical Sheba de Ramat Gan, le plus grand hôpital du Moyen-Orient.
Tous deux sont des hôpitaux de soins tertiaires avancés qui servent des milliers de touristes médicaux par an.

Une industrie en pleine croissance

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Pour preuve de la hausse des patients étrangers ces dernières années : la construction d’un vaste hôtel sur site, à l’hôpital Hadassah Ein Kerem, à destination des accompagnateurs de ces malades venus de l’autre bout du monde, avec leur conjoint ou un parent. Ce qui fait d’une pierre deux coups : la réduction des coûts de séjours de longue durée pour les touristes et la demande de lits d’hôpitaux pour Hadassah.
Autre phénomène inhérent à cette croissance de l’industrie du tourisme médical en Israël : la création d’un nouveau genre de courtiers, mélange d’agents de voyage et de coordonnateurs médicaux. Leur but : faciliter la venue des patients du monde entier en prenant tout en charge, de l’achat des billets d’avion aux conseils pour le choix du spécialiste et des actes médicaux à pratiquer. Ils organisent également des journées d’excursions ou de détente et des visites un peu partout dans le pays. En général, ils sont rémunérés sous forme d’une commission perçue auprès des médecins et ne coûtent rien au patient.
Pour ceux qui ne disposent pas de famille ou d’amis en Israël, cela reste encore la meilleure façon d’obtenir un visa de tourisme médical.
Car la procédure peut parfois être fastidieuse. Au menu : soumission des rapports médicaux, dont un bulletin de santé détaillé revenant sur l’historique de la maladie ou de l’affection, compte-rendu explicatif des diagnostics effectués dans le pays d’origine et obtention de lettres de recommandation. Des médecins qualifiés ou des consultants assermentés se prononcent alors sur le traitement médical le plus adapté.

La compassion en action

Et puis il y a ceux qui choisissent les hôpitaux israéliens parce que les médecins leur ont ouvert en même temps leurs salles d’opération et leur coeur. Un nombre croissant de patients étrangers sont issus de familles pauvres des pays arabes voisins ou d’autres Etats de la région, qui arrivent dans un besoin désespéré de soins médicaux. Bien souvent, les traitements nécessaires n’existent pas dans leur pays d’origine ou les portes des établissements hospitaliers restent fermées à ceux qui ne peuvent pas payer.
Cette bienveillance du secteur médical israélien pour les moins favorisés de la planète a pris son envol au cours de la dernière décennie, grâce à Sauver un coeur d’enfant, une association de chirurgiens cardiologues israéliens. Au départ, elle s’était fixé comme but d’offrir gratuitement ses services aux enfants palestiniens nés avec des malformations cardiaques, avant d’étendre le projet aux jeunes jordaniens et irakiens, puis à un grand nombre de pays du tiers-monde.
Il y a quelques années, une fillette irakienne nommée “Santa” avait fait la une à l’occasion de sa visite à Bethléem, pour Noël, alors qu’elle était venue en Israël pour une intervention chirurgicale d’urgence.
Le cas d’Umar Mulinde, plus récent, est tout autant symbolique. Ce pasteur chrétien ougandais s’était vu aspergé d’acide par des radicaux musulmans, devant son église de Kampala, le soir de Noël l’année dernière. Les fautes de ce converti de l’islam ne manquaient pas aux yeux de ses assaillants. Tout d’abord, ses prêches à l’intention des autres Musulmans aux résultats plus que tangibles : un tiers de sa congrégation est composée d’anciens fidèles de Mahomet convertis au christianisme. Puis une demande récemment formulée auprès de son gouvernement pour l’appeler à rejeter un projet de loi qui aurait adopté la charia dans le pays. Enfin, ses liens d’amitié avec Israël. Ces dernières années, Mulinde a été à l’origine de la venue de six groupes de touristes dans l’Etat hébreu, enseigné le sionisme à sa congrégation et organisé de grands rassemblements pro-israéliens dans les stades locaux.

De Kampala à Tel-Aviv, via New-Delhi

Il n’en fallait pas plus pour déclencher la foudre des militants islamistes, qui lui ont jeté au visage un puissant acide toxique, avant de l’abandonner, agonisant dans d’atroces souffrances. A l’hôpital de Kampala, les médecins pourtant les plus expérimentés ont été obligés de reconnaître leur impuissance. Il fallait se tourner vers une nation accueillante de l’étranger. L’ambassade israélienne la plus proche se trouvait à Nairobi, au Kenya, et la femme de Mulinde doutait de pouvoir y trouver de l’aide un soir de Shabbat. Elle s’est alors adressée à l’ambassade indienne de Kampala. Son mari est ainsi rapidement transporté à New Delhi, mais là encore, on ne lui propose pas de réponse pour soulager les douloureuses brûlures qui balafrent tout le côté droit de son visage. A ce stade, son état de santé est si mauvais qu’il ne peut ni marcher, ni parler, et a déjà perdu l’usage de son oeil droit. C’est un e-mail à une femme juive américaine qui va lui ouvrir les portes d’Israël. Mulinde avait fait sa connaissance alors qu’il essayait d’obtenir du matériel pédagogique favorable à l’Etat juif, sur un site de diplomatie publique en ligne. Elle passe alors quelques coups de fil, et le lendemain, Mulinde atterrissait à l’aéroport Ben Gourion pour être admis au centre médical Sheba, connu comme l’un des établissements phare dans le monde pour le traitement des grands brûlés. Là, le pasteur est traité comme une victime israélienne. Les médecins nettoient ses plaies, lui administrent un traitement antidouleur, puis entament un long parcours de procédures médicales pour lui rendre son visage.

C’est inscrit dans l’âme juive

Après une importante greffe de peau et le retrait de son oeil endommagé, Mulinde doit porter un masque réparateur qui favorise la cicatrisation tout en remodelant les contours de son visage. Aujourd’hui, le masque est remisé au placard et les médecins s’affairent à recréer sa paupière et sa narine droites. Mulinde leur doit une fière chandelle, il sait qu’il a reçu les meilleurs soins au monde. “Ils font un travail fantastique, mais ils n’en parlent pas. J’ai rencontré beaucoup de malades, et tous sont aussi reconnaissants que moi. Qu’ils soient africains, arabes, asiatiques, ou autres.”
Le médecin qui traite Mulinde à l’hôpital Sheba a même effectué des missions d’aide d’urgence à Mombasa, au Kenya et à Lima, au Pérou, entre autres zones sinistrées.
“Ces médecins israéliens font de grands sacrifices pour soigner les blessés de la planète”, a déclaré le pasteur.
Un membre du personnel de l’hôpital se souvient de l’admission de Mulinde : “Umar est arrivé avec des blessures non traitées. C’était particulièrement douloureux pour lui et inquiétant pour tout le monde. Notre principal souci était son oeil droit endommagé. Nous avons tout essayé pour le garder, mais nous avons finalement décidé son extraction pour éviter la propagation de l’infection à l’autre oeil.”
Il précise que 50 à 75 patients étrangers sont admis en moyenne par semaine à l’hôpital Sheba. Chacun se voit attribuer un coordinateur pour les aider à interagir avec le personnel de l’hôpital, ce qui facilite le rétablissement.
Pour éviter que la barrière de la langue ne constitue un obstacle avec le personnel soignant, les patients peuvent aussi bénéficier des services d’un traducteur, si nécessaire.
Et de conclure : “Tout cela est fait au nom de l’Etat d’Israël. C’est inscrit dans l’âme juive que de vouloir sauver des vies.”

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