Quand l’agriculture fait salon

Les 11-12 juin derniers à Tel-Aviv, des visiteurs ont pu découvrir les nouveautés en matière de production de fruits et légumes.

By EVA TAPIERO
June 26, 2013 11:32
Biobee: intégrer des bourdons dans les champs pour polliniser les cultures.

P22 JFR 370. (photo credit: DR)

Pour la 23e année consécutive, le salon Fresh AgroMashov a ouvert ses portes aux professionnels et au grand public, à Tel-Aviv. Une plateforme qui permet de dévoiler innovations technologiques, nouvelles recherches et solutions applicables au secteur de l’agriculture, mais également des opportunités d’échanges pour les différents professionnels. Il s’agit de la seule exposition en Israël à mettre en liens producteurs, vendeurs et tous les agents qui interviennent dans le domaine de l’agriculture.

Si la production de fruits et légumes et les questions de vente et d’exportation sont bien évidemment les figures de proue de la rencontre, ce salon va bien au-delà. Il constitue aussi une vitrine pour tout ce qui se passe en amont et en aval de cette production. Le parcours du produit est ainsi représenté dans sa totalité.

Premier constat : pour produire, il faut une terre cultivable.

Cela paraît évident, mais c’est loin d’être le cas pour de nombreux terrains israéliens, et c’est là que le KKL (Keren Kayemeth LeIsraël – Fonds national juif) intervient. Interrogé sur les actions de l’entreprise en faveur de l’agriculture, Ofer Brokshtain, ingénieur au KKL répond : « Nous prenons une terre non cultivable et la rendons cultivable. Il n’y a pas un seul endroit en Israël où le KKL n’a pas oeuvré ».

Les principales activités de la compagnie sont de préparer la terre en vue de sa culture, de construire des réservoirs et de s’occuper des forêts. Si le KKL a choisi d’être présent à AgroMashov, c’est parce que « pendant longtemps nous ne nous sommes pas montrés, mais les temps changent, à un certain moment il faut dire que vous faites quelque chose de bien, sinon les gens ne comprennent pas ce que vous faites », explique Brokshtain.

Au salon, la société BioBee Biologocial ne passe pas inaperçue. Des dizaines de bourdons s’affairent dans une boîte transparente qui permet au public de les apercevoir et à la société d’expliquer l’importance de la pollinisation.

La mission de BioBee : encourager et promouvoir l’utilisation d’insectes bénéfiques pour l’agriculture, comme alternative à l’utilisation de pesticides chimiques. De ce point de vue, la société intervient à deux niveaux différents. Premièrement, en intégrant des bourdons dans les champs afin de polliniser les cultures, ce qui inclut les productions sous serres.

L’entreprise assure également le contrôle biologique des cultures afin de lutter contre les différents ravageurs. A titre d’exemple, BioBee combat la « Tuta absoluta » et les mouches blanches, qui détruisent les productions de tomates. Pour ce faire la société intègre dans les cultures un insecte prédateur appelé « Nesidiocoris tenuis ».

Fruits nouvelle génération 

Chaque stand est un lieu de rencontres et d’échanges.

Certaines délégations viennent uniquement dans ce but.

Pour la première fois, la Chambre de commerce de la région Rhône-Alpes est présente. Son objectif : faire se retrouver universitaires, entrepreneurs, ingénieurs français et leurs homologues israéliens afin de lancer une coopération entre les protagonistes des deux pays. « Nous sommes des marieurs, en somme », déclare un des représentants de la Chambre. Leur démarche permet de créer des alliances dans le domaine de la recherche, aussi bien que dans la vente et l’exportation.

Un peu plus loin, un étalage éblouit. Les visiteurs sont attirés par les couleurs vives de nombreux fruits et légumes. Difficile de résister à la tentation de tester ce qui apparaît sous nos yeux. Nous sommes au stand Zeraim Gedera, consacré à la recherche et à l’innovation.

Angello, Mose et Fascination sont les trois produits « stars » présentés par la société. Il s’agit de nouvelles variétés de fruits et légumes.

Fascination est une pastèque sans pépin qui possède entre autres la caractéristique d’être particulièrement résistante et ainsi d’avoir une longue durée de conservation, tout comme Mose, nouvelle variété de tomates en grappes.

Angello est également une nouveauté. Selon la compagnie, il s’agit du premier petit poivron doux et sans pépin. Il a remporté cette année le Fruit Logistica Innovation award en 2012.

Zeraim fournit aux producteurs une solution « clé en main » avec des graines de fruits et légumes innovants. Le service est développé par une équipe de professionnels qui ont pour but une production optimum. Les principaux produits cultivés sont le poivron, la tomate, les concombres, la pastèque et les courges.

Israël n’est pas le seul à promouvoir les productions de sa terre. Harvest Export a également pignon sur rue dans une des allées du salon. Cette compagnie spécialisée dans l’exportation de produits frais en provenance des territoires palestiniens apporte aide et assistance aux agriculteurs locaux et aux coopératives de Gaza et de Cisjordanie. Son but : aider à cultiver des produits de meilleure qualité. S’ils sont présents au salon, c’est justement pour permettre de promouvoir les produits de ces régions.

L’objectif est de permettre aux agriculteurs locaux de vendre leurs produits sur le marché international. En ce moment la compagnie exporte par exemple des framboises, des tomates cerises, des piments, mais également depuis cette année des herbes fraîches. Jusqu’en 2006, lorsque le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza, les agriculteurs pouvaient exporter vers Israël. A partir de ce moment, ils n’ont plus été autorisés à le faire et les produits récoltés sont donc majoritairement exportés vers l’Europe.

La société travaille avec les cinq coopératives existantes aujourd’hui à Gaza.

Le certificat Euro 1 permet à la marchandise de bénéficier d’un taux de douane nul. Autrement dit, les produits ne sont pas soumis aux taxes douanières vers l’Union européenne.

Sur le stand, un représentant de la compagnie explique : « Cette année, la crise à laquelle les pays de l’Union ont fait face a réduit les exportations vers le continent et le Royaume-Uni a été le principal pays importateur ».

La compagnie, qui cherche à étendre le panel des produits proposés, espère pouvoir développer l’exportation de fleurs dès que possible.


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