Quartier pastoral

A quelques stations de tramway du centre-ville, Beit Hakerem ouvre ses portes aux jeunes familles en quête d’un coin de verdure.

By JOHN BENZAQUEN
April 17, 2012 14:50
3 minute read.
Les avantages de la ville, dans une ambiance champ

Beit Hakerem . (photo credit: Marc Israël Sellem )


Si l’une des zones de Jérusalem peut être qualifiée de rurale, c’est à n’en pas douter Beit Hakerem. Le vert quartier est situé au sud-ouest de la ville.

Autrefois capitale du vin, cette spécificité lui vaut son nom, en hébreu “maison de la vigne”.

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Beit Hakerem semble quelque peu excentré, car niché entre les quartiers de Kiryat Moshé et Beit Vegan. Mais tout est relatif. L’apparition du tramway, notamment, a changé la donne et complète le réseau d’autobus de la capitale. Le transport est désormais rapide et pratique, et dessert avec confort les résidents.

Pour les habitants du quartier, la distance qui les sépare du centre-ville est tout-à-fait acceptable. Et surtout, l’inconvénient est compensé par la beauté rurale dont ils bénéficient.

Des rues pastorales et luxuriantes bordent les terrains de jeux et les parcs du quartier. Nombreux sont ceux qui se sont installés à Beit Hakerem pour son mode de vie plus banlieusard, loin de l’agitation et du bruit du centre-ville. A l’instar de nombreuses zones de Jérusalem, Beit Hakerem peut retracer son histoire jusqu’aux temps bibliques.

Des restes de la période des Premier et Second Temples, ainsi que des vestiges des structures byzantines et des civilisations mamelouks, ont été retrouvés en 2006 lors de fouilles archéologiques entreprises rue Hasatat.

Beit Hakerem a été établi en 1922. A l’époque, le lieu est désert, considéré comme éloigné de la capitale mandataire de la britannique. Les fondateurs du quartier sont originaires d’Europe centrale et orientale. Juifs laïcs, ils aspirent à construire une communauté pour y vivre et travailler.



Et créent une organisation destinée à collecter des fonds de l’étranger afin de financer les infrastructures nécessaires et soutenir les pionniers.

C’est Richard Kaufmann, célèbre architecte et urbaniste juif allemand, qui est chargé de la construction de Beit Hakerem. Il conçoit un centre rural d’habitations, à proximité des fermes voisines où les habitants peuvent gagner leur vie.

Un confort qui a un prix Jusqu’au début des années 1950, Beit Hakerem dispose de son propre gouvernement local, puis le quartier est annexé à Jérusalem. Aujourd’hui, sa population est d’environ 15 000 âmes. A la disposition des habitants : 25 jardins d’enfants, quatre écoles primaires et trois écoles secondaires, considérées parmi les plus prestigieuses de Jérusalem. Le collège David Yellin, notamment, créé en 1913, se situe à Beit Hakerem.

Au regard de toutes ces caractéristiques, il est aisé de comprendre pourquoi les prix de l’immobilier rivalisent volontiers avec ceux des quartiers centraux de Jérusalem, comme le vétéran Rehavia.

D’après Orly Raz, de l’agence Re/Max Vision, les tarifs oscillent de 18 000 à 25 000 shekels le mètre carré. Un appartement de 100 mètres carrés peut donc atteindre 1,8 et 2 millions de shekels, selon son emplacement et son état. Les prix sont évidemment plus élevés pour les propriétés avec jardin, et les maisons individuelles peuvent valoir jusqu’à 30 000 shekels le mètre carré.

La région attire également de nombreux universitaires qui souhaitent vivre à proximité du campus de l’Université hébraïque de Guivat Ram, ainsi que le personnel médical qui cherche à se rapprocher de l’hôpital Shaarei Tzedek. “La majorité des acheteurs sont en réalité des résidents qui vivaient déjà dans le voisinage et sont désireux d’améliorer leur mode de vie, en ajoutant une pièce à leur habitation ou en quittant un appartement pour une villa”, complète Raz. “Ceux qui emménagent à Beit Hakerem restent habituellement cinq ans. Les jeunes familles sont attirées par les écoles de haute qualité et les activités parascolaires du centre communautaire local.”

L’un des points incontournables de Beit Hakerem, le Gan Haesrim (le parc des Vingt), rend hommage aux vingt habitants, morts au cours de la guerre d’Indépendance. Le Kikar Denyia (place du Danemark) honore de son côté les Danois qui ont permis le sauvetage de 80 % de leur population juive pendant la Shoah. Au centre de la place, un monument en forme de bateau rappelle la façon dont les Juifs gagnaient, en contrebande, la Suède.

Autre caractéristique importante à noter : le caractère laïc de Beit Hakerem, pourtant niché entre les quartiers religieux de Kyriat Moshé et Beit Vagan. Un facteur qui séduit ceux qui préfèrent vivre dans un quartier non orthodoxe, à Jérusalem. Et qui explique, également, la montée des prix.

Parmi les figures connues vivant à Beit Hakerem : le maire de la ville, Nir Barkat et le président de la Knesset, Reouven Rivlin.



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