Ultime médaille pour un adieu

Maintes fois décoré, titré, récompensé, le président israélien s’est vu décerner ce qui sera certainement la dernière distinction de sa carrière.

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July 1, 2014 12:42
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Shimon Peres honoré

Shimon Peres honoré. (photo credit: KOBI GIDEON/GPO)

Sous la rotonde du Capitole, à Washington, Shimon Peres a été décoré de la médaille d’or du Congrès, la plus haute distinction décernée par cette institution législative. Le président rejoint donc Nelson Mandela, Mère Teresa et Aung San Suu Kyi avec lesquels il partage cet honneur.

Son discours de remerciements, sous forme de plaidoyer, a appelé les acteurs politiques du Moyen-Orient à faire front uni face au terrorisme. Fidèle à lui-même, le président sortant est resté optimiste quant à la question brûlante du conflit israélo-palestinien. Il a qualifié la paix entre les deux nations de « la plus possible des impossibilités » et a noté qu’Israël avec les sept guerres auxquelles il a dû faire face, a déjà été confronté à des défis existentiels qui semblaient impossibles à relever.

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Au terme de plus de six décennies pourtant mouvementées au service de la nation, Peres est revenu sur les changements considérables survenus sur le plan international en termes de rapports de force, qui ont modifié la donne en matière de sécurité, ainsi que sur les menaces auxquelles Israël et les Etats-Unis ont été confrontés. La carte du Moyen-Orient, construite par les empires précédents de façon artificielle, se désagrège aujourd’hui, a constaté le président devant une salle remplie de membres du congrès américain. « Les règles qui régissent le monde sont en train d’être réécrites. La sécurité et la prospérité ne sont plus simplement des questions d’ordre national », a-t-il souligné.

Au sujet de la nouvelle entente entre le Hamas et le Fatah, Peres estime que le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, est « clairement un partenaire pour la paix » pour Israël. Il l’a salué pour avoir condamné en arabe, et en Arabie Saoudite qui plus est, l’enlèvement des trois étudiants israéliens. « Les Arabes ne sont pas les ennemis d’Israël. Les terroristes sont nos ennemis à tous », a expliqué l’ancien président israélien. « Les terroristes représentent un danger pour toute la région qui doit unir ses forces pour les stopper ».

Dans son ensemble, le discours de Peres a reflété ses convictions, comme elles se sont exprimées tout au long de sa vie publique : la coopération en matière de sécurité régionale, la volonté de modernisation du pays, les relations historiques privilégiées entre Jérusalem et Washington.

En parlant de Peres, le vice-président américain, Joe Bidden, a évoqué cette « force de la nature », ce « trésor national ». « Je n’ai jamais rencontré personne d’aussi éloquent et d’aussi sage que vous », a avoué Bidden à Peres, ajoutant que le monde avait grand besoin de personnalités des deux sexes de son étoffe, sachant se distinguer par leur sagesse.

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En conclusion de son poignant discours, Peres a exprimé une touchante requête. Les rêves de la nation juive n’ont pas été démesurés, mais au contraire trop modestes, a estimé le président sortant, après avoir fait une brève rétrospective de l’existence d’Israël. Car « Israël a réalisé bien plus de choses que je ne l’aurais imaginé », a-t-il avoué. Et de demander aux Etats-Unis d’Amérique, cette puissante nation, d’aider l’Etat juif à voir son avenir en grand à la mesure de ses rêves.


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