Un secret de polichinelle ?

Raid israélien en Syrie : aucune confirmation israélienne officielle d’une frappe sur un convoi d’armes.

By SYLVIE BERG ET YAAKOV LAPIN
February 6, 2013 12:12
4 minute read.
Masques à gaz

0602JFR06 521. (photo credit: Ronen Zvulun Reuters)

 
X

Dear Reader,
As you can imagine, more people are reading The Jerusalem Post than ever before. Nevertheless, traditional business models are no longer sustainable and high-quality publications, like ours, are being forced to look for new ways to keep going. Unlike many other news organizations, we have not put up a paywall. We want to keep our journalism open and accessible and be able to keep providing you with news and analyses from the frontlines of Israel, the Middle East and the Jewish World.

As one of our loyal readers, we ask you to be our partner.

For $5 a month you will receive access to the following:

  • A user experience almost completely free of ads
  • Access to our Premium Section
  • Content from the award-winning Jerusalem Report and our monthly magazine to learn Hebrew - Ivrit
  • A brand new ePaper featuring the daily newspaper as it appears in print in Israel

Help us grow and continue telling Israel’s story to the world.

Thank you,

Ronit Hasin-Hochman, CEO, Jerusalem Post Group
Yaakov Katz, Editor-in-Chief

UPGRADE YOUR JPOST EXPERIENCE FOR 5$ PER MONTH Show me later Don't show it again


Attribué à Israël, le raid mené mercredi 30 janvier en Syrie fait couler énormément d’encre. Soumise à la censure militaire, la presse israélienne a les mains liées et se voit obligée d’en référer uniquement à ses confrères étrangers, tandis que des informations contradictoires au sujet de la frappe se sont succédé.

Les médias américains se sont fait l’écho d’une confirmation du raid par certains officiels de Washington. Selon le New York Times et le Washington Post, c’est bien Israël qui aurait mené l’attaque aérienne en Syrie, avec, pour cible un convoi syrien de camions transportant des armes. Plus exactement, des missiles antiaériens SA-17 et leurs lanceurs. Des munitions de facture russe qui aurait été transportées en direction du Liban, afin d’être confiées au Hezbollah, organisation islamiste alliée de la Syrie et de l’Iran et ennemie jurée de l’Etat hébreu.

Damas, qui a d’abord nié l’existence de la frappe, a ensuite affirmé que la cible était un centre de recherche scientifique.

Mais, selon un haut gradé américain, les dommages causés à cette infrastructure sont en réalité un dommage collatéral, alors que le raid était focalisé sur les armes biologiques et chimiques. Les dommages auraient donc été causés par « les bombes qui visaient les véhicules », et « les explosions secondaires des missiles ». Le Washington Post confirme également ces propos en citant une autre source militaire américaine qui fait état « d’un dommage collatéral mineur sur un centre de recherche scientifique à proximité ».

Sous couvert d’anonymat, cette même source justifie les craintes du gouvernement israélien au sujet de cet arsenal biochimique en affirmant qu’il aurait pu se retrouver entre « de mauvaises mains ».

Réactions 


Dimanche 3 février, le président syrien Bashar el-Assad a luimême accusé l’Etat hébreu de vouloir déstabiliser la Syrie en attaquant une de ses infrastructures à l’extérieur de Damas et prévenu que son pays pourrait « répliquer aux menaces… et aux agressions », selon l’agence de presse officielle syrienne SANA. Sous le coup d’une guerre civile qui fait rage depuis presque 2 ans, la probabilité que le régime syrien ne réplique à la frappe est très faible. Ce qui n’empêche pas l’Iran de menacer Jérusalem de violentes représailles qui « plongeraient Israël dans le coma ».

Le Premier ministre turc Recep Erdogan a pris le relais pour affirmer que « ceux qui pardonnent à l’Etat hébreu comme à un enfant gâté devraient savoir que l’Histoire ne lui pardonnera pas ».

Côté israélien, la classe dirigeante est restée muette. Le ministre de la Défense sortant Ehoud Barak a néanmoins laissé transparaître l’implication d’Israël, alors qu’il se trouvait en Allemagne pour la Conférence de Munich sur la sécurité, samedi 2 février. « Je ne peux rien vous dire de plus que ce que vous avez lu dans les journaux », a-t-il répondu à la presse qui l’interrogeait. « Mais je répéterais avec plaisir ce que j’ai déjà dit, et c’est la preuve que lorsque nous disons quelque chose, ce ne sont pas des paroles en l’air : nous ne pensons pas que la Syrie devrait être autorisée à transporter des armes sophistiquées au Liban, et au Hezbollah ».

Le ministre a également ajouté que le Hezbollah et les Iraniens étaient désormais les seuls alliés du président syrien et que la chute imminente de ce dernier porterait un coup fatal aux deux premiers.
L’Iran : source de tous les maux 

Lutter contre les menaces qui se développent avant qu’elles aient un impact sur la sécurité du pays. C’est ce que doit faire Israël selon le général de division Amir Eshel, présent à la 8e conférence annuelle internationale Ilan Ramon sur l’Espace, organisé par l’Institut Fisher pour les études stratégiques aérospatiales. Pour ce haut gradé, « la plupart des armes qui arrivent jusque vers nos frontières proviennent d’Iran, bien que ce soit par différentes voies ».
De la Syrie, Eshel a déclaré qu’elle « tombait en morceaux ».

« Aujourd’hui, personne ne sait ce qui arrivera. Or ces bouleversements ont lieu sur un territoire qui possède un vaste arsenal d’armes, dont certaines sont modernes et sophistiquées et d’autres sont non conventionnelles », a-til rappelé avant de continuer : « Tout cela se passe à nos frontières. C’est un très grand défi pour nous. De façon générale, nous gérons un vaste spectre d’ennemis et de menaces qui vont du plus classique au moins conventionnel, du couteau au nucléaire. Ce sont des armes très variées, occidentales et orientales, et dont certaines sont produites localement », a précisé le commandant.

« Le printemps est une saison qui n’existe pas dans notre région et le « printemps arabe » est un terme qui ne correspond certainement pas à notre réalité. Certains changements existent clairement, à commencer par l’absence de souveraineté de certaines Etats régionaux, ce qui ouvre la voie aux activités terroristes. Des frontières, jadis calmes, sont affectées. Des Etats s’effondrent ».

Dans le contexte actuel, a encore affirmé Eshel, les fronts israéliens, y compris le front intérieur civil, sont sous la menace de missiles sol-sol, de roquettes, de missiles de croisière et de drones.

Et le militaire de décrire l’espace comme une arène à la « profondeur stratégique », où « s’exprime clairement la supériorité technologique d’Israël qui doit être sauvegardée. Notre capacité dans l’espace est centrale en termes de dissuasion. Elle nous permet d’agir à plusieurs niveaux, de manière continue et en secret, sans violer la souveraineté des Etats », s’est-il félicité. Avant d’ajouter que le domaine des capteurs satellitaires connaissait un rapide développement.

Related Content

February 11, 2018
Les nouveaux « judaïsants »

By DAN HUMMEL