Une bonne et douce année pour l’économie israélienne

Experts et analystes scrutent les tendances du marché. Avec l’année nouvelle, la reprise s’annonce imminente, pour un démarrage en douceur.

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September 2, 2013 19:33
Le TA Midcap-50 a fait un bond de 46,51%.

p14 350. (photo credit: Reuters )

 
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Depuis le temps des pommes trempées dans le miel de l’an dernier, l’économie israélienne a connu de nombreux soubresauts. Après une année particulièrement orageuse, ce Rosh Hashana apporte avec lui la promesse d’une plus grande stabilité politique et économique.




En septembre dernier, alors que gâteau au miel et grenades ornaient la table familiale, à travers le pays, pour le nouvel an juif, la crise autour du budget de l’Etat était déjà en germe. Elle finira par faire tomber le gouvernement et conduire à de nouvelles élections.

Un déficit monstrueux 

Au lieu des 2 % du PIB fixés comme objectif de déficit, le dépassement des dépenses de l’Etat oscille aux alentours de 3 %, ce qui a nécessité des augmentations d’impôts et des coupes budgétaires. En janvier, les chiffres définitifs du déficit atteignaient même 4,2 %, résultat des estimations de recettes trop optimistes faites deux ans plus tôt, lors de l’adoption du budget bisannuel 2011-2012.

« Monstrueux ». C’est le qualificatif qu’employait alors Shelly Yachimovich, la leader travailliste, pour qualifier le déficit, au cours de la campagne électorale. Quant à Yaïr Lapid, nouveau venu sur la scène politique, il exigeait que le gouvernement cesse de se servir de la classe moyenne comme « distributeur automatique » pour combler ses lacunes budgétaires.

Après les élections, en janvier 2013, le premier ordre du jour du nouveau gouvernement était de s’atteler au budget. Car l’impossibilité de le faire adopter pouvait entraîner un nouveau tour de scrutin. Pourtant, avant que Lapid – il affirme lui-même être un novice en la matière – soit nommé ministre des Finances, rédige le projet de budget, le soumette au vote du cabinet, le fasse adopter par le comité des finances et finalement le fasse passer à la Knesset, le mois d’août était déjà presque arrivé.

Dans le même temps, l’agence de notation financière Standard & Poor’s (S & P) baissait la note de crédit d’Israël de AA- à A+. 

Nouveau gouverneur… sortant ! 

Dans sa forme définitive, le budget déclarait 2013 cause perdue et fixe l’objectif de déficit à 4,65 %, mais met en place un plan pour le ramener à 3 % l’année suivante. Pour ce faire, Lapid doit faire passer plusieurs mesures impopulaires : relever le taux de la TVA, augmenter les impôts sur le revenu pour la deuxième année consécutive, pousser à la hausse l’impôt sur les sociétés, et réduire toute une série de prestations sociales.

Les prestations destinées aux familles ultraorthodoxes ont notamment été réduites et redéfinies dans le cadre d’un effort pour pousser l’un des secteurs les plus pauvres de la population dans la vie active.

Comme si l’incertitude qui entoure le budget ne suffisait pas, quelques jours après les élections, l’éminent gouverneur de la Banque d’Israël, Stanley Fischer, annonce qu’il quittera ses fonctions en juin. Bien que les réformes lancées par Fischer pour professionnaliser la Banque, comme l’installation d’un comité de six personnes pour prendre des décisions concernant les taux d’intérêt, doivent permettre une transition en douceur, le Premier ministre Binyamin Netanyahou et Yaïr Lapid ne parviennent pas à nommer qui que ce soit pour prendre la relève, au cours des cinq derniers mois de mandat du gouverneur sortant.

Finalement, leur choix se porte sur Jacob Frenkel, qui a dirigé la Banque de 1991 à 2000. Durant son mandat, il a notamment contribué à juguler l’inflation galopante en Israël.

Mais là où Fischer se servait d’un certain nombre d’outils stratégiques pour tenter de s’attaquer aux différents problèmes qui touchent l’économie d’Israël, comme le maintien d’une inflation modérée, la réduction des inégalités, le contrôle du marché du logement, et la mesure dans le renforcement du shekel, Frenkel lui est plutôt considéré comme le roi de l’inflation.

Les analystes se demandent s’il saura s’adapter pour faire face à l’ensemble plus large des questions auxquelles Israël est confronté. S’il est prêt à intervenir sur les marchés comme Fischer. Cela reste une question théorique. En effet, le scandale d’un présumé vol à l’étalage dans un aéroport de Hong Kong, que Frenkel nie avec véhémence, l’amène à retirer sa candidature un mois après sa nomination.

Accalmie en vue 

Craignant peut-être un examen public similaire, le second candidat, Leo Leiderman, économiste en chef de la Banque Hapoalim, retire sa candidature après seulement deux jours.

Au milieu du brouhaha, un autre bouleversement agite également la Bourse de Tel-Aviv. Son directeur et son président annoncent tous deux leur démission, lors d’affrontements avec la commission de contrôle des valeurs mobilières d’Israël. Aucun remplaçant n’a encore été nommé.

Pourtant, après tout ce tumulte, la période de remarquable incertitude en matière de politique budgétaire et monétaire israélienne touche à sa fin, ouvrant la voie à une navigation en douceur pour l’année qui s’annonce. Le budget pour le reste de 2013 et pour 2014 est complètement établi, et un nouveau gouverneur de la Banque d’Israël devrait prendre les rênes de la politique monétaire du pays après les fêtes, même si pour l’heure, aucun nom n’est encore avancé.

Les questions à l’avenir seront plutôt de savoir si le gouvernement va réussir à mettre en œuvre les réformes du marché, comme la construction de nouveaux ports, le démantèlement des grands conglomérats et la lutte contre l’inflation des prix du logement. Ou s’il va butter sur les stratégies régissant le gaz naturel récemment découvert en Israël et d’autres ressources.

Après les manifs, la reprise ? 

Au cours de l’année écoulée, le pays des start-up a continué à faire ce qu’il connaît le mieux. Google, IBM, et Berkshire Hathaway ont tous réalisé d’importants investissements dans des sociétés israéliennes (Waze, Trusteer et Iscar, respectivement). On s’attendait, par ailleurs, à ce que l’introduction du gaz naturel vienne ajouter un point de pourcentage au taux de croissance du PIB du pays.

La poursuite de la crise économique mondiale, associée à un conflit de réglementation interne, a toutefois entravé les marchés israéliens, déjà à la traîne. Le volume des transactions a chuté à son plus bas niveau en huit ans, soit moins d’un quart de celui de 2010.

« Il ne s’agit pas d’une récession. Nous sommes encore en phase de croissance, mais à un degré moindre », déclare le responsable de l’analyse financière de la Banque Hapoalim, Yaron Fridman. « Assurément, il va y avoir une reprise. La question est de savoir quand. » 

Fait intéressant, ce ne sont pas les plus grandes entreprises qui favorisent la croissance. L’analyse du taux de croissance de 8,86 % d’après le TA-100, l’indice des 100 plus grandes entreprises, montre une augmentation de 26,19 % si l’on prend en compte l’indice qui exclut les 25 premières entreprises. Le TA Midcap-50, qui comprend les 50 titres avec la plus grosse capitalisation boursière non intégrés dans l’indice TA-100, a fait un bond de 46,51 %.

Bon nombre de grandes entreprises, qui ont traversé des moments difficiles, ont subi l’influence d’événements extérieurs. Ainsi la compagnie pharmaceutique Teva a perdu un litige de brevet sur son médicament Copaxone aux Etats-Unis. Quant à l’Israel Chemical Corporation, ses pertes sont dues en partie à une querelle qui a opposé les principaux négociants de potasse étrangers et entraîné l’effondrement des prix du produit chimique.

Prix à la baisse, clients en liesse 

Les entreprises qui ont tenu compte des changements apportés par les manifestations de 2011, soit une plus grande sensibilité envers le consommateur israélien par rapport aux prix, ont refait surface cette année. Par exemple, les réformes très appréciées dans le domaine des télécommunications, qui ont fait chuter les prix des abonnements de téléphones portables, ont coûté aux entreprises jusqu’à la moitié de leur valeur face à cette nouvelle concurrence.

« Cette année a été marquée par la relance après les manifestations sociales de l’année précédente. Ces entreprises, au bout du compte, ont encore de la valeur. A un certain moment le marché l’a compris », souligne Fridman. Comme les grandes entreprises de télécommunications continuent à fournir l’infrastructure, leurs revenus se maintiennent.

Les chaînes comme celles du supermarché Shufersal, ont également compris qu’en baissant leurs prix, elles encourageraient leurs clients à revenir. L’immobilier, les services et le secteur financier ont également affiché des gains solides.

Avec l’incertitude affectant certaines entreprises et secteurs spécifiques, mais une tendance globalement positive, explique Fridman, les investisseurs devraient chercher à diversifier leur portefeuille. « Au lieu de la sélection des valeurs, il faut aujourd’hui suivre les indices », insiste-t-il. « On croit que nous allons assister à reprise importante, car nous sortons d’une passe difficile. » L’inverse est vrai pour le marché obligataire, soutient Ilan Bouchbout, qui dirige le secteur des titres à revenu fixe de la Banque Hapoalim. « Nous avons pu constater un intérêt grandissant pour les placements à risque chez les investisseurs, avec une tendance au transfert de fonds vers des obligations plus risquées », explique-t-il. « Contrairement au portefeuille d’actions diversifié, de nombreux détenteurs d’obligations ne prennent pas suffisamment le risque en compte. Pourtant on devrait vraiment sélectionner des obligations spécifiques. Les indices sont solides, mais il vaut mieux les choisir. » 

Quant à l’avenir, après une nouvelle année de récession en Europe, et de dysfonctionnement politique qui a quelque peu entravé la reprise aux États-Unis, la tendance économique mondiale semble enfin prendre un nouveau virage à la hausse. Pour l’économie israélienne, ce sont de bonnes nouvelles pour la douce année qui s’annonce.

 


 


 


 


 


 


 


 


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