Une connexion qui a un prix

Le tramway a transformé le marché immobilier de Pisgat Zeev, en connectant directement ce quartier excentré à Jérusalem et son université.

By JOHN BENZAQUEN
February 26, 2013 14:13
Pisgat Ze'ev

Pisgat Zeev 521. (photo credit: Courtesy)

Pisgat Zeev, situé au nord-est de Jérusalem, est le plus grand quartier de la capitale. Avec plus de 50 000 habitants, il pourrait être considéré comme une ville en soi, mais ses habitants semblent heureux de faire partie de la capitale.

Aujourd’hui, le secteur est très demandé. Bien qu’il soit assez éloigné du centre de la ville, le tramway l’a rendu beaucoup plus accessible. De plus, il est situé à proximité d’un des axes qui rallie la capitale au centre du pays, la route 443, ce qui le rend pratique et facile d’accès pour ceux qui travaillent à Tel-Aviv ou dans le parc industriel de l’aéroport Ben Gourion.

Historiquement, la zone sur laquelle se trouve Pisgat Zeev faisait partie de l’arrière-pays de Jérusalem à l’époque du premier et du second Temples. Des preuves archéologiques montrent que dans la période biblique, le quartier pourvoyait Jérusalem en produits agricoles. La zone englobe une série de petits villages le long de l’ancienne route qui reliait Jérusalem à Naplouse, et de là menait en Galilée.

Les découvertes archéologiques révèlent en outre que la région était dotée d’un assez grand nombre de pressoirs à vin et à huile, et ses produits étaient, selon toute probabilité, utilisés au Temple. De plus, les fouilles attestent que les anciens exploitaient un ingénieux système de captage d’eau pour stocker l’eau et irriguer les champs secs, les mois chauds d’été.

Nommé en l’honneur du sioniste révisionniste Zeev Jabotinsky, Pisgat Zeev affiche un lien étroit avec la philosophie sioniste. Au milieu des années 1930, un groupe de Juifs de Pologne achète un terrain près du village arabe de Hizme afin d’y établir une coopérative agricole juive qui devait se nommer Havatzelet Binyamin.

Mais il n’en sera rien, puisque la plupart de la population concernée va périr dans la Shoah.

Un anneau autour de la ville 

Après 1967, la terre est utilisée en même temps que d’autres terrains pour construire Pisgat Zeev.

Le quartier connecté à Jérusalem est maintenant différent de ce qu’il était dans les temps bibliques. Les champs agricoles larges et fructueux ont cédé la place à des immeubles résidentiels : Pisgat Zeev peut être décrit comme une cité-dortoir de Jérusalem. Le quartier domine également Tell el-Ful – l’ancien siège du gouvernement de la tribu de Juda, et site du palais du roi Saül. Il est également le lieu d’une autre résidence royale : le palais inachevé que le roi Hussein de Jordanie a construit pour lui-même à Jérusalem lorsque la ville constituait la seconde capitale du royaume hachémite.

La Pisgat Zeev moderne a été construite avec un seul objectif : augmenter la population juive de la capitale en créant un anneau de quartiers qui entourent la ville.

Après la guerre des Six Jours, Israël annexe la région maintenant connue sous le nom de Jérusalem-Est, qui faisait auparavant partie du royaume hachémite de Jordanie. Par la suite, le gouvernement prévoit d’entourer les cinq quartiers qui constituaient alors les frontières municipales de Jérusalem, à l’est, à l’ouest, au nord et au sud. Pisgat Zeev est le plus jeune d’entre eux, sa construction ayant commencé en 1982 et continue à ce jour.

Parmi ses atouts : son altitude – 772 mètres au-dessus du niveau de la mer – qui offre à ses logements une vue panoramique sur les environs. Le quartier est aussi l’un des plus ouverts à l’écologie à Jérusalem. Avec l’aide de la Société pour la protection de la nature en Israël, les habitants ont transformé deux hectares utilisés auparavant comme lieu de déversement illégal en un sanctuaire de fleurs sauvages avec plus de 55 espèces d’arbres et de plantes. De plus, le quartier est le foyer de certains des projets novateurs de conservation de l’eau : son mikve local (bain rituel) se dispense de changer l’eau tous les jours, et les réservoirs d’eau de pluie ont été installés à l’école de Pisgat Zeev (ouest) et ce, dans le cadre d’un projet organisé par le Réseau vert, qui se spécialise dans les programmes éducatifs sur l’écologie et l’environnement.

L’agent immobilier Emma Bonin travaille dans l’agence Anglo- Saxon de Jérusalem. Elle décrit le marché de l’immobilier dans Pisgat Zeev comme satisfaisant.

« Pisgat Zeev est moins cher que d’autres quartiers de Jérusalem, mais les prix sont à la hausse et, par conséquent l’immobilier y est considéré comme un bon investissement.

Le quartier est également attrayant pour les investisseurs en raison de sa proximité avec le campus de l’université Hébraïque du Mont Scopus, car il y a une demande constante de location de la population étudiante », dit-elle.

« L’une des raisons pour lesquelles les prix sont relativement bas est les embouteillages le matin et le soir, une cause perpétuelle de plainte auprès des habitants. Mais actuellement, en raison du tramway, les problèmes de transport ont diminué, et le temps qu’il faut pour se rendre de Pisgat Zeev au centre de Jérusalem a considérablement diminué.

Par conséquent, la différence de prix entre Pisgat Zeev et le prix moyen d’autres biens immobiliers à Jérusalem a baissé de près de 16 %, comparativement à plus de 20 % il y a deux ans. » Selon Bonin, le prix moyen d’un deux pièces dans le quartier est de 750 000 shekels. Un appartement de trois pièces dans les vieux quartiers de Pisgat Zeev coûte 950 000 shekels, et un appartement similaire dans les zones plus récentes coûte 1,05 million de shekels.

Un appartement de quatre pièces en moyenne dans les vieux quartiers coûte 975 000 shekels, tandis qu’un appartement similaire plus récent s’acquiert pour 1,25 million.
Les appartements dans les zones plus neuves sont dotés de terrasses, d’ascenseurs et d’un parking privé.
Pisgat Zeev possède des appartements de trois et quatre pièces avec jardin pour lesquels il faut compter de 1 million de shekels à 1,4 million, en fonction de la taille de l’appartement et de la taille du jardin.
Un appartement sur toit peut atteindre 1,1 million à 1,6 million de shekels, selon la taille et l’emplacement.
Une maison familiale peut coûter jusqu’à 3 millions, contre 2,1 millions en moyenne pour une maison jumelée.


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