Une histoire oubliée

La prière au Kotel est aujourd’hui au coeur des conflits. Et si tout cela découlait déjà d’une histoire ancienne ?

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June 11, 2013 13:58
Le Kotel est-il une synagogue orthodoxe ?

P14 JFR 370. (photo credit: Reuters)

 
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En 1930, le gouvernement britannique de Palestine écrivait : « Le 15 août 1929, quelques centaines de jeunes juifs ont organisé une manifestation au Mur des Lamentations, au cours de laquelle le drapeau sioniste a été hissé et l’hymne sioniste a été chanté. Révoltés par tout cela, les musulmans ont tenu une contre-manifestation au même endroit le lendemain. » Les musulmans ont alors « déchiré un rouleau de la Torah et brûlé des documents religieux juifs ».

Aujourd’hui, quelques décennies plus tard et devant la montée des tensions que cristallise le lieu le plus saint du judaïsme, il est question de construire une nouvelle section de prière, au sud du Mur occidental.

Dans le même temps, des voix comme celle de Lipman s’élèvent pour affirmer que le Mur occidental n’est pas une synagogue. Le rabbin et député Yesh Atid a ainsi souligné, lors d’une discussion à la Knesset : « Il est très intéressant, par rapport au Kotel, de voir, dans notre histoire, de vieilles photos de femmes et d’hommes qui prient ensemble. Ce n’est pas une synagogue orthodoxe, c’est un endroit auquel nous tenons tous, qui n’a pas le statut halakhique d’une synagogue. » De même, des appels ont été lancés pour « libérer » le Mur occidental de la « domination orthodoxe ». Car ce conflit oppose principalement les juifs réformés – le Mouvement des femmes du Mur en tête – et les députés de gauche aux orthodoxes.

Pour appuyer la position anti-harédite, certains mettent en avant photos ou illustrations du Mur occidental datant de l’Empire ottoman, ou de la période du Mandat britannique, où, femmes et hommes sont debout côte à côte. Elliott Horowitz a même écrit dans le magazine Tablet : « En appelant à la déségrégation au Kotel, le mouvement moderne ne fait que remettre au goût du jour les traditions du XIXe siècle ». Il semble prôner un retour à l’utopie du XIXe siècle, quand les Turcs régnaient sur Jérusalem.

Mais, de fait, le Mur occidental est-il une synagogue orthodoxe ? Un symbole national ? Les hommes et les femmes ont-ils historiquement prié ensemble ? Qui a le droit de décider ? Les deux camps ont souvent recours à des revendications historiques pour justifier leur position.

La connaissance réelle de l’histoire du Kotel et des différents compromis et statu quo établis en ce lieu semble se perdre dans une grande partie de cette discussion. Une enquête sur cette histoire fait apparaître des documents et des conflits des époques passées, dont certains rappellent la controverse d’aujourd’hui.

Le Mur au XIXe siècle 

En 1881, l’explorateur Sir Charles W. Wilson publiait un livre intitulé « Palestine pittoresque », où il inclut une esquisse du Mur occidental, montrant une allée étroite avec plusieurs juifs debout, en robe noire, et une femme agenouillée. « La muraille s’élève à plus de 70 pieds (21,30 mètres) au-dessus de la surface naturelle du terrain. On voit souvent des juifs assis pendant des heures au lieu des lamentations, penchés en méditation douloureuse sur l’histoire de leur peuple et répétant souvent les mots du psaume 79. Le vendredi, en particulier, les juifs des deux sexes, de tous âges et de tous les pays se rassemblent. » Lithographies, dessins et, plus tard, photos du Mur occidental faisaient partie du programme de voyage des chrétiens européens et des pèlerins juifs. Ils incorporent souvent des thèmes similaires. Certains les considèrent comme des représentations significatives de la réalité, mais les critiques d’art et les historiens mettent en avant les thèmes « orientalistes » qui s’en dégagent. Ils cherchent à capturer à la fois l’exotisme et la ruine de la Terre sainte.

Ce n’est que dans les années 1920 qu’hommes et femmes en costume européen apparaissent sur les photos du Kotel.

Un désir de montrer la désolation peut conduire un artiste à ne pas placer trop de personnages dans son dessin, et un photographe sera probablement banni du site le Shabbat quand il est le plus fréquenté. Par conséquent, les photos du Mur occidental, le vendredi soir, quand les foules juives s’y pressent en masse, sont difficiles à trouver.

Hommes et femmes 

Les photos montrent souvent les femmes regroupées, soit derrière les hommes ou à une extrémité du mur. Une vidéo mise en ligne sur YouTube pour marquer la Journée de Jérusalem, restaurée et préservée par Yakov Gross, chercheur et historien du cinéma hébreu, offre un autre point de vue.

Intitulé Vies des juifs en terre d’Israël, et tourné à Jérusalem pendant la période précédant le mandat britannique pour être projeté au 11e congrès sioniste à Vienne en 1913, le film suit un voyageur le long de la voie ferrée entre Yaffo et Jérusalem, puis montre des scènes de la Vieille Ville et une école juive. Le Mur occidental grouille d’hommes en prière, et l’on n’y distingue que peu ou pas de femmes du tout.

Quant à savoir si hommes et femmes prient ensemble, le débat a besoin de plus d’une photo pour trouver sa résolution.

Le mode de prière au Mur occidental n’a pas été défini par les juifs visitant le site, mais par les autorités musulmanes de Jérusalem. En 1840, le gouvernement musulman décide que « les Juifs ne sont pas autorisés à réaliser le dallage [du passage le long du Mur occidental], et doivent prendre garde de ne pas élever la voix, ni d’exposer leurs livres. La seule chose qui leur soit permise est de visiter le lieu comme autrefois… » Dans un article universitaire sur l’histoire du féminisme au Mur occidental, Stuart Charme note : « Les Juifs étaient autorisés à prier au Mur tant qu’ils étaient calmes et se tenaient tranquilles ».

À cette époque, les juifs priaient dans un espace restreint : une petite ruelle de 4 mètres de large sur 28 mètres de long, bordant le mur. La zone était la propriété du Waqf musulman et la communauté juive était soumise à un impôt spécial pour avoir le privilège d’accès. Le Kotel était alors séparé du quartier juif par le quartier des Maghrébins, une zone pauvre de musulmans d’Afrique du Nord.

L’achat manqué 

Le XIXe siècle voit la communauté juive s’accroître rapidement, au point de représenter la majorité des habitants à Jérusalem dans les années 1850. Face à cela, les philanthropes étrangers tels que Moïse Montefiore et le baron Edmond de Rothschild décident d’aider au développement de la communauté dans la Vieille Ville.

L’un des premiers à tenter de faire avancer les droits des juifs au Mur occidental dans les années 1850 sera Hakham Abdallah Somekh, un sage juif bien connu de Bagdad, auteur de Zibhei Tsedek, un manuel de décisions halakhiques célèbre en Inde et parmi les juifs orientaux. D’après la direction des antiquités israéliennes, il cherche en vain à acheter le Kotel.

Montefiore joue un rôle de premier plan dans la rénovation du tombeau de Rachel et espère avoir un impact similaire sur le Mur. Au cours de l’une de ses visites en Terre Sainte, il demande également l’autorisation pour les juifs d’apporter des bancs pour s’asseoir pendant les prières et d’installer un auvent pour les protéger de la pluie. Ces deux propositions seront rejetées par le Waqf et les autorités turques.

Rothschild, pour sa part, tentera de négocier avec le sultan ottoman Abdoulaziz et son successeur jusqu’en 1887, pour acheter la section le long du mur.

Mais le Jewish Criterion, un hebdomadaire américain, explique que « le projet a avorté [parce qu’il] prévoyait de raser plusieurs vieux bâtiments délabrés et les transformer en jardins. Les vieux juifs pieux, qui forment une sorte de garde d’honneur religieuse autour du mur, se seraient opposés à cela, au motif que ce serait une profanation du lieu saint, qui, à leur avis, doit garder l’apparence de ruine et de désolation, car il symbolise la chute du Temple. » Que tant de philanthropes juifs aient tenté de trouver une solution à la souffrance des Juifs au Mur occidental, prouve que la situation des fidèles en ce lieu représentait déjà, à l’époque, un enjeu majeur pour la communauté juive.

Une cloison qui dérange 

En 1912, le Grand Rabbin de l’Empire ottoman, Haim Nahoum, fait appel au sultan pour permettre à la communauté juive d’apporter des bancs et des chaises au Mur, pour aider les personnes âgées. (Son tombeau en Égypte, où il meurt en 1960, est aujourd’hui envahi par des squatters.) En 1900, le juge du tribunal rabbinique Mendel Hacohen Pakover, encourage les juifs religieux, lors de certaines grandes fêtes, à apporter une cloison pour séparer les hommes et les femmes. La communauté musulmane voit d’un très mauvais oeil toutes ces activités : elle les considère comme un changement au statu quo, faisant partie de la conspiration juive pour saper les droits des musulmans dans la ville, « un fait auquel on doit s’opposer violemment s’il le faut ».

Avec l’avènement du mandat britannique, la communauté juive de Palestine commence à voir le Mur occidental comme un problème lié au sionisme et à la lutte pour la terre d’Israël.

La prière juive traditionnelle et l’idéologie sioniste font ainsi cause commune. Si l’establishment religieux ashkénaze considère plutôt les sionistes d’un oeil hostile, les dirigeants séfarades y voient une opportunité.

Le Grand Rabbin séfarade Ben-Zion Meir Ouziel Hai fait valoir que, pendant Yom Kippour et les fêtes, « les membres des deux sexes ne sont pas autorisés à prier ensemble » au Mur et que des dispositions doivent être prises pour les séparer.

En septembre 1928, pour Yom Kippour, les juifs « apportent une arche plus importante que celle habituellement utilisée, des nattes et des lampes, et attachent une cloison [pour séparer les hommes et les femmes] aux pavés devant le mur, en préparation des services religieux du lendemain matin ».

Les dirigeants musulmans, comme le mufti de Jérusalem Hadj Amin el-Husseini, font appel aux autorités britanniques contre cette « innovation » et violation du statu quo. En réaction, les Britanniques envoient la police démolir la cloison. Une émeute de faible ampleur éclate alors entre juifs et musulmans.

Quand ânes et tambours s’en mêlent 

Le différend autour du Mur occidental conduit les dirigeants musulmans à un affrontement avec les juifs. Le mufti appelle le monde musulman à soutenir la cause d’el-Bourak, un lieu saint musulman qui, selon lui, est également situé au Mur occidental.

El-Bourak est l’endroit où le prophète Mahomet est supposé avoir attaché son cheval ailé, lors de son voyage nocturne à Jérusalem. Comme par hasard, il incombe soudain aux musulmans de se rendre en pèlerinage à l’endroit même où les juifs prient. Tout comme la « découverte » du tombeau de Rachel en tant que lieu saint musulman, ou les tombeaux sacrés musulmans à côté de l’église de la Nativité, la question du Bourak vient réaffirmer les droits des musulmans.

En octobre, Husseini ordonne la construction d’un nouveau bâtiment adjacent au Mur occidental, une zaouïa, qui sera utilisée pour l’appel à la prière du muezzin. En mai 1929, il inaugure une nouvelle cérémonie, le Zikr, qui s’accompagne de battements de tambours et du bruit de cymbales. Le Zikr est programmé pour coïncider avec les heures de prière juives : musique tonitruante, cris et appel à la prière se déroulent quelques mètres plus loin. A cela vient s’ajouter une nouvelle porte que les adeptes du mufti ouvrent vers le mur à partir du quartier des Maghrébins, et les musulmans commencent à conduire des animaux et à circuler dans la les enquêtes britanniques menées en 1930 prouvent qu’il s’agit en fait d’innovations récentes, cherchant à gêner ou à supplanter le culte juif.

Les massacres de 1929 

En réponse à ces agressions répétées, le sioniste révisionniste Zeev Jabotinsky, ainsi que les membres de la société Maccabi, organisent des manifestations en faveur d’une amélioration des droits de la communauté juive au Mur.

En 1929, Joseph Klausner, professeur de littérature hébraïque moderne à l’Université hébraïque, crée un comité de défense du Kotel. Il déclare à ses partisans : « Ne gardez pas le silence, n’ayez ni paix ni repos tant que l’ensemble du Mur ne nous aura pas été rendu… Expliquez aux masses juives et à la jeune génération ce qu’a été dans le passé et ce qu’est aujourd’hui le Kotel pour Israël ! » Le 15 août de la même année, les militants sionistes chantent l’Hatikva et hissent l’étoile de David au Mur occidental. Huit jours plus tard, les foules musulmanes déchaînées, après avoir lu la propagande du mufti et la déclaration du Conseil suprême musulman prétendant que « les Juifs veulent s’emparer de la mosquée al-Aksa sous prétexte qu’il s’agit du Temple, en commençant par le Mur occidental », descendent sur les communautés orthodoxes, principalement séfarades, de Safed et de Hébron, et massacrent 113 juifs. L’ancienne communauté juive de Hébron est anéantie.

Le gouvernement britannique publie deux enquêtes sur les pogroms, qu’il appelle sobrement « les perturbations de 1929 ». Fort de ces conclusions, il favorise un retour au statu quo au Mur occidental.

Sonner du shofar est désormais interdit aux juifs, de même que le fait d’installer des chaises ou des cloisons, ou de se servir du Mur à des fins politiques. Quant aux musulmans, ils ont l’interdiction de promener des animaux sur le site et de poursuivre les activités du Zikr.

Le statu quo subsistera jusqu’en 1948, quand le quartier juif est évacué et qu’aucun juif n’est autorisé à se rendre au Mur occidental sous domination jordanienne. Le Kotel est alors laissé à l’abandon. Sans juifs sur les lieux, l’importance d’el-Bourak est comme par hasard oubliée et il n’est plus nécessaire de mener le Zikr tambour battant.

Le Mur entre nos mains 

En 1967, le Mur occidental est libéré, avec ces scènes désormais célèbres de la guerre des Six Jours, et quelque deux millions de juifs qui se rendent sur les lieux dans le courant du mois de juin. Le quartier marocain musulman proche du mur est démoli, et l’état s’approprie ses 339 hectares. Plusieurs maisons musulmanes et une mosquée attenante à la rampe des Maghrébins qui conduit au mont du Temple au sud du mur sont rasées en 1969, pour donner lieu à l’actuelle esplanade du Mur occidental. La zone de prière est doublée dans sa longueur pour atteindre quelque 57 mètres, et creusée en profondeur sur près de 2,40 mètres pour révéler deux nouvelles rangées de pierres hérodiennes.

Dès le début, des tensions apparaissent quant à la configuration du site et aux traditions qui doivent y prévaloir.

Peu après sa libération, une séparation est établie entre les hommes et les femmes, formant deux sections de prière distinctes.

Cependant, un schéma d’ensemble pour le quartier juif créé en 1972 ne fait apparaître aucune mehitsa, mais montre une nouvelle entrée sur le mont du Temple au nord du mur, ce qui laisse perplexe. Ces plans illustrent les sentiments extatiques de puissance des nouvelles autorités israéliennes sur le site. La municipalité de Jérusalem et les planificateurs estiment qu’ils ont carte blanche pour se mettre au travail.

Ils n’ont sans doute pas réalisé que les changements subtils intervenus en 1967 entérineraient un statu quo.

Peu après la libération, le Grand Rabbin séfarade Itzhak Nissim exige que le Mur soit placé sous l’autorité du Grand Rabbinat. Yehouda Meir Getz, rabbin d’origine tunisienne et ancien colonel de l’armée israélienne, est alors nommé rabbin du Mur occidental. Cette nomination traduit une volonté délibérée : le choix d’un ancien soldat qui connaît le monde, plutôt que d’un rabbin ashkénaze issu d’une yeshiva orthodoxe non sioniste.

Les premiers conflits 

En 1968, des juifs réformés envisagent un rassemblement mixte pour la prière au Mur, mais annulent l’événement à la dernière minute en raison de protestations du ministère des cultes. Un éditorial du Yediot Aharonot se moque des juifs américains : « Et que devrait-on dire si demain un groupe de hippies décidait d’organiser une orgie religieuse au Mur, avec LSD et musique psychédélique ? » En revanche, l’éditorial du Jerusalem Post déclare : « C’est maintenant, avant que les dispositions temporaires ne se transforment en “droits” et “traditions”, que ceux qui souhaitent voir le Mur conserver un statut de monument national, doivent faire entendre leur voix. Ils se doivent d’insister pour qu’il soit débarrassé de son antique austérité, ouvert également à la prière et à la méditation. » Pourtant, comme le note Simone Ricca dans le Jerusalem Quarterly : « Il était déjà clair, en 1974, que le symbolisme “national” conféré au Mur et son utilisation réelle n’allaient pas de pair : après plusieurs années de laïcisation croissante de la commémoration de Tisha BeAv, le caractère traditionnel de la célébration a repris ses droits, comme l’indique la presse de l’époque. Avec le déclin de la “religion civile” et du discours sioniste, de nouvelles communautés religieuses se sont réappropriées le Mur. » Ainsi, en quelques années à peine, l’attachement sioniste laïque au Mur était déjà rudement mis à l’épreuve et dépassé par une culture plus traditionnelle ou orthodoxe sur les lieux.

En décembre 1988, le New York Times rapporte que la venue de 50 féministes juives au Mur portant un Sefer Torah avait entraîné de « furieuses protestations ».

Il cite le rabbin Getz déclarant qu’une « femme qui porte un Sefer Torah est comme un cochon au Mur occidental ».

Neuf jours plus tard, il publie un démenti : « La déclaration a été faite par un spectateur anonyme et non par le rabbin Yehouda Meir Getz ». L’histoire est intéressante, car elle illustre tout à fait la fascination des médias pour tout ce qui oppose le féminisme à l’establishment orthodoxe. Dans ce cas précis, le Times a commis une erreur, mais le désir de présenter le conflit sans la moindre nuance a empêché une compréhension historique plus subtile.

Le son du shofar 

Pour avoir une idée de l’apparence du Mur avant 1967, point n’est besoin d’aller bien loin. Il suffit de se rendre au « Kotel Hakatan », ou petit Mur, situé à 100 mètres au nord de l’esplanade. Là, à côté de la porte de fer qui mène au mont du Temple, se trouve l’entrée étroite d’une ruelle qui longe le mur d’Hérode. Au pied du mur, au niveau du sol, on reconnaît les grosses pierres hérodiennes.

Il y a quelques années, le Post rapportait qu’un jeune garçon avait été arrêté pour avoir sonné du shofar au petit Mur.

La Cour de première instance de Jérusalem donnait raison à la police pour avoir empêché le jeune homme de sonner le shofar à cet endroit. Pour l’ancien chef de la police de Jérusalem Mickey Levy, « il n’y a aucune raison de sonner le shofar là-bas, il y a suffisamment de place pour ça au Mur occidental ».

Le Kotel Hakatan est encore soumis à un statu quo similaire à celui du Mur occidental avant 1967, ce qui permet d’avoir une certaine vision du passé. Ici, ni mehitsa, ni bancs, ni chaises ne sont autorisés.

A propos du récent conflit, Lipman déclare ainsi : « Je ne dis pas [à la Knesset] qu’il faut démolir la mehitsa… C’est un lieu public et il appartient à tous les juifs… C’est une erreur de faire valoir ici toutes les exigences d’une synagogue. » Pour lui, la solution passe par la mise en place d’un comité chargé de trouver un terrain d’entente, « dans l’espoir que toutes les parties pourront se diriger vers un compromis ».

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