Aliya

Parcours d’une nouvelle immigrante qui a su faire de sa singularité un atout.

By DAHLIA PEREZ
July 30, 2013 13:45
4 minute read.
Sophie Altan a créé sa propre société en Israël.

P17 JFR 370. (photo credit: DR)

 
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L ’aliya, un état d’esprit, une manière d’envisager tout un monde de possibles, de prendre un sacré pari sur l’avenir. Il y a ceux qui partent pour échapper à une vie ou pour s’inventer un destin, une alternative. Qu’est-ce qui peut provoquer une décision aussi radicale, qui laisse souvent les proches ahuris et désemparés, « ceux qui restent » et qu’on aura toujours du mal à convaincre ? Car il faut expliquer l’appel, la part d’irrationnel, sur laquelle on a souvent eu tant de mal à mettre des mots. Partir.

Parfois Israël vous prend aussi par surprise, vous choisit. Il y a ceux qui sont déjà bien installés dans leur pays d’origine et qui pourtant, un jour, décident de tout quitter. C’est le choix qu’a fait Sophie Atlan. A 29 ans, elle a laissé sa vie en France, son travail, son confort, pour endosser sa nouvelle nationalité et tout reconstruire. Elle fait partie de ces entrepreneurs qui ont pris en quelque sorte leur avenir professionnel en main et ont choisi, ici, de créer carrément leur propre entreprise.

Car l’inconnu devient l’opportunité de donner enfin une chance à un projet personnel. Ce qu’on n’aurait jamais osé faire en France. Une manière aussi de contrer les difficultés qui inévitablement apparaissent et peuvent plomber quand on cherche un premier emploi dans son nouveau pays.

C’est l’occasion de se redéfinir soi-même, d’être au plus près de ses envies et de parfois, réaliser un rêve… Sophie a donc réalisé le sien et monté sa propre agence d’événementiel, R & S Eventime, avec une associée israélienne. Une offre de services pensée pour des clients internationaux, et notamment français qui apprécient de pouvoir bénéficier d’interlocuteurs francophones. Entretien sur un parcours unique, comme tous ceux qui jalonnent.

Qu’est-ce qui vous amenée de Marseille à Tel-Aviv ?
Ma  sœur a fait son aliya. Au même moment je finissais mon stage d’avocate à Tel-Aviv et j’ai rencontré mon actuel mari. Je n’étais pas spécialement sioniste, j’étais très bien à Marseille. Mais je me suis toujours sentie à Tel-Aviv comme chez moi. Je n’ai pas été poussée à partir à cause de l’antisémitisme, c’est simplement que le mode de vie à Tel-Aviv me convenait très bien.

Comment avez-vous appréhendé vos premiers mois d’aliya ?
Quand je suis arrivée, je n’étais pas mariée. Celui qui allait devenir mon époux, et qui est israélien, m’a donc aidé, mais les premiers mois ont été très difficiles. A Marseille, j’avais une vie facile, je travaillais dans un cabinet d’avocats. Ici, j’ai eu l’impression qu’il fallait tout reconstruire. J’ai donc commencé à passer les équivalences pour devenir avocate en Israël, puis j’ai eu mon premier enfant. Un changement de vie difficile, mais cela reste une belle période, faite de rencontres avec des individus nouveaux, une mentalité tout à fait différente.

Qu’est-ce qui vous a poussé à créer votre entreprise ?
A vrai dire, je n’ai jamais voulu être avocate à Marseille. J’ai un DESS culture, mais, là-bas, ce n’était pas vraiment possible de poursuivre dans cette voie-là et j’ai eu du reste une heureuse expérience en tant qu’avocate. J’ai donc entrepris ici une année de stage, toujours dans le cadre du processus pour obtenir mes équivalences.

Puis j’ai rencontré Ravit, mon actuelle associée, qui a organisé mon mariage. J’ai pensé qu’on pouvait faire un bon duo. Elle est très pro et a toutes les clés en main, c’est sa passion et elle travaillait déjà dans l’événementiel. Quand elle a organisé notre réception, elle nous a entièrement satisfaits. Je voulais quelque chose de décalé, d’artistique. Elle nous a organisé un henné dans un magasin de meubles, a vraiment été à notre écoute.

De mon côté, j’aime le droit, la clarification des choses. Les Français ont parfois l’impression que les Israéliens profitent d’eux. Il y a un problème avec la langue, et je leur apporte un sentiment de sécurité. Je suis un interlocuteur qui les met en confiance. Tout est écrit, traduit en français. J’apporte aussi un côté décalé qui est complémentaire avec Ravit, plutôt traditionnelle. 

Avez-vous pu bénéficier d’avantages en tant que nouvelle immigrante ?
Non, je n’ai pas eu d’avantages. Je me sens israélienne à 100 % et je pense avoir assez profité des aides aussi, avec l’oulpan et le soutien que j’ai eu pour trouver un stage dans un cabinet d’avocat.

Le fait d’avoir une associée née ici, en Israël, a aussi été, j’imagine, pour votre création d’entreprise, un atout pour vous ? 
Oui aussi. C’est un autre aspect positif de mon association avec Ravit. Je n’aurais jamais fait quelque chose comme ça en France. Il y a dans la mentalité israélienne un état d’esprit qui vous pousse à entreprendre. Entreprendre un stage, créer ma propre société, devenir maman, on peut faire beaucoup de choses en même temps !

On nous donne en Israël de l’espoir, c’est propre au pays, on n’attend pas d’être aidé, on est porté par cette force d’entreprendre, de créer notre propre entreprise. Mon mari a aussi beaucoup d’activités : le jour, il travaille à la Bourse du diamant, le soir, il est aussi DJ…  

Quels sont les avantages et les inconvénients ? 
On voit à long terme, on peut être maître de ses propres décisions, gérer les choses comme on le désire, être décisionnaire de sa propre vie. Quand je traite avec mes clients, je les Quels sont les conseils que vous uconsidère aussi un peu comme mes employeurs…  

Quels conseils donneriez à ceux qui choisiraient de venir s’installer en Israël aujourd’hui ? 
Je leur conseille de venir, de bien apprendre la langue. La clé de la réussite est de rester confiant, car Israël est un pays d’accueil et cela se ressent dans le rapport avec les gens. Et puis il y a des aides, et l’Agence juive est là pour donner des infos.

Plus d'infos sur : http://rseventime/fr/aboutus


 


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