Ashdod : vers un record de longévité ?

A l’âge de 80 ans, le légendaire Zvi Zilker, maire d’Ashdod sept mandats durant, en redemande…

By TAL ARIEL AMIR
October 15, 2013 17:01
"J'ai été maire d'Ashdod 7 mandats durant. Et pendant chacun d'entre eux, la ville s'est embellie"

P16 JFR 370. (photo credit: www.goisrael.com)

 
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Un épais livre consacré à l’histoire d’Israël est posé sur la table de travail en bois ancien, dans le bureau de Zvi Zilker. Pour ce dernier, maire d’Ashdod pendant 34 ans, il illustre bien la nature de la course à la municipalité, qui aura lieu ce mois-ci.

Ce ne sont pas les descriptions de la création de l’Etat qui retiennent son attention, ni l’expérience de ces 65 dernières années. Non, ce qui l’intéresse, ce sont les 4 pages ajoutées à la demande de la municipalité d’Ashdod juste avant que le livre ne soit distribué aux lycéens du pays, pages dans lesquelles le nom du maire légendaire brille par son absence dans l’histoire de la ville depuis 1969.

« Le père de deux élèves est venu me voir avec deux de ces livres : une ancienne et une nouvelle édition », raconte-t-il avec un regard amusé. « Quand je l’ai vu arriver, j’ai eu peur qu’il m’en fasse cadeau. Je n’ai plus de place chez moi, même pour le plus petit carnet ! Mais non : en fait, il m’a montré que dans l’édition de 2010, mon nom apparaissait, mais que dans la dernière, il n’y est plus. J’ai été censuré ! Je suis convaincu que c’est en rapport avec les élections de cette année. Cela ne peut pas être une erreur innocente… Ce ne serait pas la première fois que des actions de ce genre sont menées contre moi. C’est une agression, personne n’a le droit d’effacer ainsi mon nom de l’histoire de la ville. Les élèves doivent savoir qui a été le maire de leur ville pendant tout ce temps. »


Le premier directeur de campagne du pays


Zilker vient d’avoir 80 ans, ce qui ne l’empêche pas de convoiter de nouveau le poste de maire pour les cinq années à venir, après sa défaite contre Yehiel Lasri aux dernière élections en date. Zilker est le vétéran des candidats aux mairies de tout Israël. Pour lui cependant, l’âge est un faux problème.

Après cinq ans passés dans l’opposition, il a plus d’énergie que jamais. Outre les débats enflammés auxquels il a participé dans les quartiers généraux des partis, il a coaché de nombreux individus désireux de devenir maires, que ce soit à Lod, Hadera, Kiryat Ono ou Gan Yavné. Son riche parcours a même attiré l’attention de l’ancien député Ophir Pines-Paz, qui l’a sollicité, fin août, pour rejoindre le comité directeur du tout nouveau programme de formation des maires qui s’est ouvert à l’université de Tel-Aviv.

« Je suis heureux que l’on me voie comme la personne adéquate pour ce
travail », déclare fièrement Zilker. « Je n’oublierai jamais la première fois qu’un candidat à la mairie a fait appel à moi pour trouver des idées de campagne. C’était dans les années 1970.

Je n’avais effectué qu’un seul mandat quand un jeune homme du nom de Shlomo Lahat, que l’on surnomme Chich, est venu me voir à Ashdod parce qu’il voulait devenir maire de Tel-Aviv. Il m’a demandé de l’aider à se faire élire. A cette époque, il n’y avait pas d’équipes de campagne ni de conseillers. Je lui ai suggéré d’imprimer les slogans de sa campagne sur des T-shirts et des sacs en plastique, et sa photo sur des boîtes d’allumettes. Il a remporté l’élection et nous sommes restés amis. »


Un sénior devenu mentor


Quel est votre secret ? Pourquoi tant de candidats viennent-ils solliciter vos conseils ?
« Tout d’abord, je suis quelqu’un de sympathique. Et puis, tout le monde sait que je suis un bourreau de travail et que j’ai de l’expérience. J’ai été sept fois maire d’Ashdod et durant mes sept mandats, la ville s’est merveilleusement développée. Il est normal que l’on vienne me demander comment je m’y suis pris. »


Avez-vous une sorte de recette que vous suivez ?
« Il est important de rester attentif aux besoins du public et de mener une réflexion qui sorte des sentiers battus. Je suis fier de dire que c’est exactement ce que j’ai fait à la mairie d’Ashdod. J’ai été le premier à créer des pistes cyclables et à absorber de nouveaux immigrants. J’ai nommé un conseiller à la condition féminine bien avant que la loi ne rende cela obligatoire. J’ai appris énormément en observant ce qui se passe à l’étranger et je n’ai pas honte de dire que je m’en suis souvent inspiré. »


Certains candidats sont-ils revenus vous demander conseil une fois élus ?
« Non. La plupart estiment que, s’ils ont été élus, c’est qu’ils savent tout ce qu’il y a à savoir. J’ignore s’ils ont suivi ou non mes conseils. »


Votre âge ne dissuade-t-il pas les candidats de s’adresser à vous ? Ne se disent-ils pas que vos conseils seront un peu dépassés ?
« Apparemment, non, puisque les gens continuent à venir me trouver. Je me préoccupe toujours de l’avenir et je ne suis pas tourné vers le passé. Pour les élections qui se préparent, les membres de ma liste ont tous moins de 50 ans. Je serai leur mentor cette fois-ci. Je leur transmettrai mon savoir. »


Vous n’avez pas encore remporté le scrutin et vous songez déjà que ce sera votre dernier mandat ?
« Ce qui est sûr, c’est que j’ai les pieds sur terre. Si je suis élu, je terminerai mon mandat à 85 ans et je ne sais pas comment je me sentirai à ce moment-là. Toujours est-il qu’il y a eu des précédents : il y a des gens plus âgés que moi qui travaillent encore activement dans le secteur public. »


Erreur involontaire ?


Zilker vit dans secteur Dalet d’Ashdod, où il habite le même appartement depuis 1974. A l’entrée, une petite pancarte en bois peint porte les noms de Zvi, ingénieur, et Chana Zilker.

« Je suis très fier de mon diplôme. Il figure aussi sur mes cartes de visite », avoue-t-il. « J’ai beaucoup travaillé pour l’avoir, et il m’a bien servi au fil des ans. Je me considère avant tout comme un ingénieur et je n’aime pas voir mon nom écrit sans qu’il soit accompagné de mon titre. » Le logement, modeste, semble tout droit sorti des années 1980 : gros canapés, meubles en bois, peintures à l’huile signées par sa femme. Quand Zilker regarde le grand portrait suspendu au-dessus de son bureau, il bouillonne de rage.

« A l’hôtel de ville, il y a les portraits de tous les maires qui se sont succédé, y compris le mien », explique-t-il. « Il y a six mois, la plaque sur laquelle est inscrit mon nom est tombée et personne n’a pris la peine d’en apposer une nouvelle. “Qui c’est, celui-là ?”, vont se dire les gens. “Sa tête me dit quelque chose…” Il y a une semaine, je participais à une réunion à la mairie et j’ai demandé à un responsable si l’on avait prévu une nouvelle plaque sous mon portrait. Il m’a répondu que, tant que je resterai à la municipalité, il n’y en aurait pas. Du coup, je pense qu’ils n’ont aucune intention de le faire. J’en ai assez de me cogner la tête contre les murs. Et je ne m’abaisserai sûrement pas à leur niveau. C’est puéril et mesquin. » La municipalité d’Ashdod s’est tout de même fendue d’une réponse récemment : « Nous présentons nos excuses, mais nous avons été informés il y a peu de la chute de la plaque portant le nom de M. Zilker. Nous avons déjà donné les instructions au service concerné pour remédier au problème. En ce qui concerne l’omission du nom de l’ancien maire dans la dernière édition du livre, il s’agit d’une erreur involontaire. La ville d’Ashdod la regrette et espère que d’autres incidents similaires ne se reproduiront pas à l’avenir. »


A 80 ans comme à 20 ans


On le voit, être dans l’opposition n’est vraiment pas une partie de plaisir pour Zilker… Après avoir été maire pendant trente ans, il a été relégué dans un petit bureau proche de la cafétéria, sans téléphone ni ordinateur, et ses vêtements empestaient la friture chaque fois qu’il venait. Il s’est vite résolu à travailler de son domicile.

La comparaison avec Teddy Kollek qui, à l’âge de 82 ans, a perdu les élections alors qu’il menait campagne pour un septième mandat de maire de Jérusalem, vient aisément à l’esprit. Toutefois, Zilker affirme que ce souvenir n’est pas de nature à le décourager : « La ville d’Ashdod est ce qui compte le plus dans ma vie et je veux continuer à travailler pour elle le plus longtemps possible », affirme-t-il. « Ne pas me présenter, ce serait décevoir un grand nombre de gens, et surtout moi-même. Certes, il est difficile de faire comme si de rien n’était, mais je ne me sens pas comme un homme de 80 ans, je ne réfléchis pas comme un homme de 80 ans et je n’ai pas l’air d’avoir 80 ans. C’est pourquoi je me mets le plus possible en avant. Les habitants d’Ashdod ne m’ont pas beaucoup vu ces cinq dernières années. Il faut qu’ils sachent que je suis en vie et aussi battant qu’il y a 20 ans. Mon âge ne limite en rien mes capacités. C’est même tout le contraire : la ville peut tirer grand profit de mon expérience. »


Mais tout de même, après toutes ces années, ne préféreriez-vous pas passer du temps auprès de ceux que vous aimez, plutôt que de retourner à l’hôtel de ville ?
« Je ne me présenterais pas s’il n’y avait pas un taux d’immigration négatif à Ashdod et une détérioration du système éducatif et de l’aide sociale. La vérité, c’est qu’au départ, j’ai pensé rester encore deux ans dans l’opposition, puis prendre ma retraite. Ce sont les habitants d’Ashdod qui m’ont persuadé de changer d’avis, et j’ai donc décidé d’essayer de recommencer à faire ce que j’avais fait pendant sept mandats. J’ai commandé une série de sondages, qui m’ont indiqué que l’écart entre le maire actuel et moi n’est pas très grand. »


Et votre vie de famille ?
« Je n’ai jamais négligé ma famille, et puis, être un membre actif de ma ville me donne beaucoup de plaisir. Certes je n’ai jamais accompagné mes enfants à l’école et n’ai jamais assisté à une réunion de parents d’élèves, mais mes enfants savent que je les aime et ils comprennent très bien mon implication dans le secteur public. »


Mise en campagne


Zilker est né en Allemagne et ses parents se sont installés en Israël quand il avait 18 mois. Il a grandi à Jérusalem et fait son service militaire dans l’aviation. Puis a étudié l’ingénierie civile au Technion et obtenu un master. A 29 ans, en 1962, il remporte l’appel d’offres de la ville de Beit Shemesh et devient l’ingénieur officiel du conseil local. A l’époque, le maire de Beit Shemesh avait l’âge qu’a Zilker aujourd’hui.

« Mais contrairement à moi, il était très accroché à ses petites habitudes », fait remarquer Zilker en riant. « Un jour que nous préparions la visite du président Itzhak Ben-Zvi, j’ai proposé de remplacer les 11 lampadaires de la rue principale par une nouvelle technologie appelée néons. Il a refusé en disant qu’il était très conservateur et que c’était de toute façon inutile. Je me suis senti pieds et poings liés. Son inflexibilité me rendait fou. Je me suis donc mis en quête d’un nouveau poste. En 1966, Ashdod a lancé un appel d’offres et j’ai décroché le poste. Je savais qu’une ville dotée d’une centrale électrique et d’un port avait un gros potentiel et qu’elle ne pouvait que grandir, et c’est ce qui s’est passé. » En 1969, Zilker décide de se présenter aux élections municipales.

« Ceux qui géraient la municipalité à l’époque étaient pleins de bonnes intentions, mais pas très professionnels. Je voulais être celui qui déciderait des politiques de la ville, et pas juste celui qui les appliquerait. J’ai laissé de côté mes études de doctorat et je me suis mis en campagne. J’ai promis aux habitants d’Ashdod une meilleure qualité de vie et une amélioration des services. Et j’ai gagné les élections. Mon premier mandat a été très difficile. L’influence du Mapaï se faisait encore sentir et moi, j’étais du Hérout. Ils ont tout fait pour restreindre mes pouvoirs. »


Comme chien et chat


Malgré ces difficultés, Zilker sera réélu pour un deuxième mandat. Puis perdra la fois suivante, en 1983. Les habitants d’Ashdod ont envie de nouvelles têtes… « J’ai perdu deux fois les élections et, à chaque fois, j’ai réagi de la même façon », raconte-t-il. « Le 1er jour, j’avais l’impression d’être frappé par un deuil. Le 2e, c’était comme après sept jours de shiva. Le 3e, c’était comme les shloshim, le mois de deuil, et le quatrième, comme la fin de l’année de deuil. Le 5e jour, je retournais travailler comme d’habitude. » Un mois après sa défaite, Zilker est nommé directeur général au ministère des Communications, puis directeur au ministère des Affaires sociales, avec Moshé Katsav pour ministre. Quand le Premier ministre d’alors, Menachem Begin, lui demande de se représenter à la mairie d’Ashdod, Zilker accepte.

« J’ai expliqué à Katsav que je devais quitter mon poste, parce qu’une requête de Begin équivalait à un ordre », raconte-t-il. « Cela ne lui a pas plu et il s’est fâché. Je suis donc parti et j’ai travaillé pour l’Association des promoteurs et des constructeurs d’Israël tout en préparant la campagne électorale. » En 1989, Zilker est réélu. Il restera à la mairie pour 4 mandats consécutifs, jusqu’à sa défaite contre Lasri en 2008. Là, contrairement à ce qui s’est passé la fois précédente, il siège dans l’opposition et attend les élections de 2013.

Chacun sait que Lasri et lui sont comme chien et chat. Ils n’acceptent de se parler qu’à l’occasion des réunions du conseil municipal et s’ignorent quand ils se croisent dans les couloirs.

Pilotage de maires


Un an après sa défaite à la municipalité, Zilker reçoit une offre très alléchante du Mifam, une branche du ministère de l’Intérieur qui s’attache à améliorer les performances et le niveau de professionnalisme des autorités locales. On lui demande d’abord de guider les nouveaux membres du conseil municipal de Kyriat Ono, puis on l’envoie à Lod assister le président du comité, le général de brigade de réserve Ilan Harari. « La demande venait du ministère de l’Intérieur », explique Zilker, « je ne pouvais qu’accepter ! J’ai également rencontré le trésorier et un certain nombre de membres du conseil, que j’ai aidés à réaliser plusieurs projets, dont l’édification d’un nouveau quartier ultraorthodoxe. J’ai fait venir des entrepreneurs et j’ai suggéré d’attirer de grandes entreprises et de l’industrie dans la ville en abaissant les taxes municipales (arnona). Actuellement, je m’occupe de promouvoir la mise en place d’une usine de traitement des eaux usées à Hadera. Je me vois comme un promoteur de projets, mais le ministère de l’Intérieur appelle cela du « pilotage de maires ».

Zilker ne se contente pas d’aider à promouvoir des projets. Des dizaines de candidats à la mairie sollicitent régulièrement ses conseils.

« Etre maire est l’un des métiers les plus difficiles du monde », affirme-t-il. « On passe son temps à s’efforcer de se faire aimer de l’ensemble du public, ce qui est mission impossible. C’est comme si l’on avait toujours une épée de Damoclès suspendue au-dessus de soi. » Il se souvient : « Quand j’ai commencé dans ce métier, je suis allé demander conseil à l’ancien maire d’Ashkelon Rehavia Adivi et à l’ancien maire de Holon Pinhas Eylon. Adivi m’a dit que, pour avoir la maîtrise des opérations, je devais surtout m’intéresser au budget et au personnel de la municipalité. Moi, je me suis concentré sur l’éducation et la technique. Maintenant, quand un candidat au métier de maire vient me solliciter, je lui conseille de choisir les domaines dont il se sent le plus proche. »


Loin de ses amis et de sa famille


Récemment, l’ancien député travailliste Yoram Marciano est allé le voir. « Il hésitait à se présenter à la mairie de Lod, vu les démêlés qu’il avait eus avec des vigiles de sécurité en 2007 [au club de nuit Rio à Herzliya] et les autres incidents qui l’avaient opposé à la police. Il craignait que la publicité faite autour de ces épisodes ne lui nuise, mais je voyais bien qu’il aimait réellement sa ville. Je lui ai dit que, s’il croyait en lui-même, il ne devait pas hésiter. » Marciano n’a pas été le seul à se poser des questions. Dror Aharon est également venu demander à Zilker s’il faisait bien de se présenter aux élections à Gan Yavné.

« Aharon est un ami de mon fils. Ses hésitations m’ont rappelé comment j’étais moi-même au tout début. Mais dès l’instant où l’on se pose la question de savoir si l’on va ou non se présenter à une mairie, c’est un signe qu’il faut le faire », estime Zilker. « Je lui ai suggéré de se familiariser avec les différents groupes de population de sa ville, comme les chauffeurs de taxi, par exemple. J’ai d’ailleurs donné le même conseil à Itzik Rochberger de Ramat Hasharon. Ils doivent être le plus possible en contact avec leur public, organiser un maximum de réunions en petits comités chez les gens. Je me souviens que Rochberger voulait savoir s’il devait engager une campagne de diffamation contre son adversaire : je lui ai recommandé de ne surtout pas le faire. » En ce qui concerne la vie personnelle et la vie de famille, Zilker ne fait aucun mystère : vouloir devenir maire d’une ville, c’est accepter de passer d’innombrables heures loin de ses amis et de sa famille. « Mais je n’ai pas encore rencontré de candidat qui regrette de s’être lancé en politique pour cette raison. »









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