Ayalon : « Liberman faisait régner la terreur au ministère »

L’ancien vice-ministre des Affaires étrangères est accusé de régler ses comptes avec Avigdor Liberman. Il persiste dans ses déclarations.

By GILL HOFFMAN ET YONAH JEREMY BOB
May 7, 2013 11:54
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Complices d'hier, ennemis d'aujourd'hui ?

JFR P5-2 370. (photo credit: Baz Ratner - Reuters)

Il persiste et signe. Samedi 4 mai, sur le plateau de Rencontrez la presse d’Aroutz 2, Danny Ayalon a affirmé que l’ancien ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman faisait peser « une ambiance de terreur » sur les employés du ministère. Une déclaration qui vise à expliquer pourquoi le vice-ministre, exclu de la liste Israël Beiteinou par Liberman lors des dernières élections, est presque le seul témoin à charge dans le procès de son ancien patron. Pour Ayalon, il est en effet difficile pour les hauts fonctionnaires des Affaires étrangères de venir témoigner contre celui qui pourrait encore reprendre la tête du ministère s’il était blanchi.

Ayalon a livré son propre témoignage jeudi 2 mai, lors d’une audience particulièrement tendue où il a été soumis à un contre-interrogatoire cinglant de la part de l’avocat de Liberman, Jacob Weinroth. Le procès pour fraude et abus de confiance de Liberman cherche avant tout à déterminer si l’élu a reçu des informations au sujet d’une enquête le visant de la part de l’ancien ambassadeur en Biélorussie, Zeev Ben- Arieh, et s’il a ensuite voulu nommer Ben-Arieh comme envoyé diplomatique en Lituanie, en remerciement de ses services.

Selon le témoignage d’Ayalon, c’est bien Liberman qui lui aurait demandé de nommer Ben-Arieh. Une décision que le vice-ministre n’aurait pas remise en cause à l’époque, en raison, notamment, de « l’expertise de Liberman en matière d’ex-URSS ». Ayalon a également affirmé ne rien savoir, au moment des faits, de la mauvaise estime que portaient les hauts gradés du ministère envers Ben-Arieh, et dont a attesté un autre témoin à charge, Victor Harel, ancien inspecteur général des Affaires étrangères, aujourd’hui retraité.

Le témoignage d’Ayalon est controversé car l’ancien député avait affirmé, lors d’un entretien télévisé alors qu’il était toujours en fonction, que Liberman n’avait rien à voir avec la nomination de Ben- Arieh. Interrogé à ce sujet, le témoin, qui a conservé un calme étonnant tout au long de l’audience, a répondu qu’il ne pouvait décemment pas accuser le ministre des Affaires étrangères de tels agissements, alors que la mise en examen officielle n’avait pas encore été prononcée, mais qu’aujourd’hui, face à la cour, il était tenu de dire la vérité. Se défendant de vouloir se venger de Liberman, qui l’a brutalement écarté très peu de temps avant les élections, Ayalon a proposé de se soumettre au détecteur de mensonge pour prouver la véracité de ses propos.

Le procès de Liberman doit désormais se focaliser sur la défense, avec le témoignage de l’ancien ministre luimême dans les prochains jours.


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