Coalition : diviser pour mieux régner

Le Likoud enrage de l’alliance passée entre Yaïr Lapid et Naftali Bennett pour empêcher les partis orthodoxes d’entrer au gouvernement.

By GIL STERN STERN HOFFMAN
February 19, 2013 12:02
4 minute read.
Bennett et Lapid, une alliance qui fait enrager le Likoud.

2002JFR05 521. (photo credit: Photomontage/Marc Israël Sellem/The Jerusalem Post)

 
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Le Premier ministre Binyamin Netanyahou est furieux.
Selon des sources Likoud, dimanche 17 février, il serait en colère contre Yaïr Lapid et Naftali Bennett qui ont fait alliance pour empêcher Shas et Judaïsme unifié de la Torah d’entrer au gouvernement. Selon des membres du parti de la majorité qui ont assisté à la réunion des députés Likoud dimanche, Netanyahou a évoqué les leaders de Yesh Atid et Habayit Hayehoudi avec mépris, déclarant que « leur stratégie n’est pas d’obtenir un accord sur les questions clefs, mais seulement de pousser les harédim dehors ».

Et d’ajouter que Lapid et Bennett ne se préoccupent que de leurs carrières politiques et non du bien d’Israël. Puis, se moquant du plan de Lapid pour égaliser le fardeau de l’enrôlement militaire, le Premier ministre a déclaré que la réforme n’apporterait « ni égalité ni allègement de fardeau pour qui que ce soit ».

Dans l’entourage de Bibi, on allait même plus loin en affirmant que Lapid et Bennett cherchent à briser une alliance de 36 ans entre le Likoud et les partis ultrareligieux. Le but de la manoeuvre serait de ne pas avoir à recommander Netanyahou pour le poste de Premier ministre à l’issue des prochaines élections. Selon plusieurs ministres, Netanyahou a clairement l’intention de conserver le portefeuille des Affaires étrangères à Avigdor Liberman, bien que ce dernier doive d’abord être acquitté dans son procès pour corruption. Entamé le 17 février, le procès devrait se poursuivre jusqu’en avril.

Une autre source proche de Bibi a expliqué que si ce dernier pouvait avoir confiance en Lapid, il serait prêt à rompre son engagement auprès de Liberman et lui donner les Affaires étrangères, mais ce serait loin d’être le cas à présent.

Selon Aroutz 2, le Premier ministre aurait l’intention de former une coalition avec 57 députés issus du Likoud-Beiteinou, Shas, JUT, le parti de Tzipi Livni et Kadima puis de laisser le choix à Bennett entre rejoindre le gouvernement sans Lapid ou relancer un scrutin électoral où la gauche pourrait sortir gagnante. Livni a fait savoir que, contrairement à ce qui a été rapporté par Aroutz 10 dans la soirée de dimanche, elle n’avait pas accepté le ministère de la Justice.

Dans une autre tentative pour briser le pacte Lapid-Bennett, les leaders de Shas, Arié Déri et Eli Yishaï, ont rencontré séparément Naftali Bennett, puis les dirigeants du Conseil des communautés juives de Judée et Samarie. Selon l’un d’entre eux, « Bennett fait une grave erreur en faisant une alliance temporaire avec Lapid au détriment d’une relation apaisée avec Shas ». Yishaï a également mis en garde les habitants des implantations : « En cas de processus diplomatique, Lapid jettera Bennett hors du gouvernement. A Shas, nous ne sommes pas la 5e roue du carrosse de la gauche ».

Habayit Hayehoudi donne de la voix

Dans l’entourage du chef d’Habayit Hayehoudi, on démentait néanmoins la volonté de former une coalition sans les harédim. Et on rappelait que si Netanyahou tenait réellement à trouver des solutions pour égaliser l’enrôlement et réformer le système électoral, des accords avec Yesh Atid et Habayit Hayehoudi pourraient être conclus rapidement.

Les députés du parti national religieux ont critiqué Netanyahou pour tenter de former un gouvernement avec Tzipi Livni et le parti travailliste, tout en reprochant à Habayit Hayehoudi de trahir ses électeurs. « Le Likoud fait injure à l’intelligence des Israéliens en nous accusant de trahir notre électorat », a réagi la députée Ayelet Shaked. « La première alliée du Likoud est Tzipi Livni, celle-là même qui a fait campagne sur la création d’un Etat palestinien, qui divisera Jérusalem et qui a affirmé que Netanyahou mènerait Israël à la catastrophe. N’appelle-ton pas ça de la trahison d’électeurs ? » Shaked s’est également gaussée de la rumeur voulant que le Premier ministre ait proposé le ministère des Finances à Shelly Yachimovich. « Tout d’un coup, Netanyahou accepterait un plan économique de 138 milliards de shekels et deviendrait un social-démocrate ? » s’est-t-elle moquée. « Allons donc.

Nous sommes restés silencieux face aux attaques du Likoud durant toute la campagne, mais aujourd’hui, je voudrais dire à nos amis du Likoud que les élections sont terminées. Cessez d’attaquer Habayit Hayehoudi et formez un gouvernement, tout simplement ».

D’autres députés de la formation ont réagi. Ouri Orbach a écrit sur sa page Facebook : « Soudain, le Likoud, qui nous décrivait comme des juifs étroits d’esprit pendant la campagne, nous traiterait presque de goys prêts à vendre leurs âmes pour Lapid le laïc. Et le même Likoud, qui insultait nos rabbins jusqu’à il y a peu, leur courre désormais après en les essayant de les persuader de faire pression sur nous ».

Le député Yoni Chetboun a ajouté que le parti de la majorité devrait se préoccuper d’élaborer les lignes directrices du prochain gouvernement Netanyahou, plutôt que de se livrer à des basses manoeuvres politiciennes. « Les partis répandent des rumeurs politiques pour semer la colère et la division », a déploré Chetboun. « La faction au pouvoir ces 4 dernières années devrait montrer la voie en termes de lignes directrices claires. C’est ce qu’on appelle l’idéologie.

Prenez donc du temps pour penser au bien du pays ».

Le Likoud a réagi à ces commentaires en déclarant que Netanyahou cherchait à former une coalition avec « ses partenaires naturels » de droite, puis de l’élargir aux formations de centre-gauche. « Nous ne trompons personne », s’est défendu un senior au parti. « Bennett fait une erreur en essayant d’empêcher un gouvernement de droite de se former. Il est tombé amoureux de Lapid, qui ne fait que l’exploiter ».

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