Coalition : une lente progression

Naftali Bennett a présenté ses excuses à Sara Netanyahou, après certains commentaires peu flatteurs. Le Premier ministre a enfin accepté de le rencontrer.

By GIL STERN STERN HOFFMAN
February 12, 2013 12:51
4 minute read.
Heads of party lists for 19th Knesset February 5, 2013

Heads of party lists for 19th Knesset 370. (photo credit: Knesset spokesperson)

 
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Enfin. Lundi 11 février, le Premier ministre Binyamin Netanyahou devait finalement rencontrer le leader d’Habayit Hayehoudi à Tel-Aviv. Mais Bennett a d’abord dû s’excuser publiquement devant Sara Netanyahou, l’épouse du Premier ministre, pour avoir déclaré qu’il avait enduré un « cours de terrorisme » avec elle.

Bibi avait déjà rencontré les leaders des 12 factions de la Knesset depuis l’élection du 22 janvier, à l’exception de Naftali Bennett. Et même si, jeudi 7 février, le Likoud avait annoncé une rencontre entre Netanyahou et le nouvel élu, le bureau du Premier ministre n’a pas contacté l’équipe de Bennett jusqu’à ce que ce dernier s’excuse.

Le dernier face à face entre les deux hommes date d’il y a 5 ans, avant que Bennett ne démissionne de son poste de directeur de cabinet de Netanyahou, pour cause de mésentente avec Sara. Dans une interview avec la radio militaire, dimanche matin, le leader d’Habayit Hayehoudi est revenu sur ses propos : « Les attaques contre Sara Netanyahou sont inacceptables », a-t-il affirmé. « C’est une femme bonne qui aime son mari. Netanyahou a le droit de consulter son épouse, tout comme je consulte la mienne. Si l’on veut critiquer la politique de Netanyahou, c’est à lui qu’il faut s’adresser et non à elle ».

Selon les collaborateurs de Bennett, celui-ci entendait consacrer la réunion à ses vues socio-économiques, qui comprennent la baisse du coût du logement, la réhabilitation des quartiers pauvres, une réforme de l’espace aérien pour ouvrir à la concurrence face à El Al, et une réforme anticartel pour lutter contre le monopole des « tycoons » (comme sont surnommées les grandes fortunes israéliennes).

Côté Netanyahou, il s’agissait surtout de savoir si Bennett serait prêt à rejoindre la coalition sans Yesh Atid. La rumeur rapporte en effet que Bennett et Yaïr Lapid auraient conclu un accord politique. Mais selon certains membres du Likoud, le parti de la majorité serait prêt à accorder d’avantage de portefeuilles ministériels au leader d’Habayit Hayehoudi si celui-ci était le premier à rejoindre la coalition.

La formation de Bennett vise la présidence de la commission parlementaire des Finances, ainsi que le ministère du Logement pour son leader. Celui-ci serait également prêt à diriger un autre portefeuille économique d’importance tel que les Transports, ou encore l’Industrie, le Commerce et le Travail.

L’enrôlement des harédim, toujours au centre des discussions

Les négociations avec Yesh Atid devaient également reprendre lundi. Au coeur des discussions : le ministère des Affaires étrangères, convoité par Lapid et Liberman. Un brasde- fer est ainsi engagé entre les 2 hommes. A l’origine des tensions : l’insistance du chef d’Israël Beiteinou, Avigdor Liberman, qui a rappelé samedi 9 février sur le plateau de Rencontrez la presse d’Aroutz 2, que Netanyahou lui avait promis le poste et le lui réservait jusqu’à son acquittement dans son procès en cours pour corruption. Lundi matin, Lapid rappelait son intérêt pour le ministère, faisant fi des affirmations du leader russophone et déclarant : « Liberman est le problème de Netanyahou, pas le mien ».

Selon Aroutz 10, si Lapid n’obtenait pas le ministère des Affaires étrangères, il pourrait accepter les Finances pour le donner à un économiste de profession et s’installer à la tête d’un ministère de moindre envergure. Il aurait déclaré aux membres du Likoud ne pas posséder les compétences nécessaires pour diriger les Finances ou la Défense.

Dimanche, Liberman continuait ses attaques à l’égard de Lapid. « Sa présence au prochain gouvernement est recherchée, tant qu’il sait qu’il serait un partenaire de coalition de premier plan, et non le Premier ministre par intérim », a lancé l’ancien ministre lors d’une conférence de presse à la Knesset. Liberman s’est également rapproché de Shas au cours des dernières semaines, après avoir, dans un premier temps, appelé à un gouvernement sans harédim.

En parallèle, Bennett a condamné les récentes attaques du mentor spirituel de Shas, le rabbin Ovadia Yossef, à l’encontre d’Habayit Hayehoudi et de Yesh Atid. « Ces déclarations de Shas contre notre parti et contre Lapid ne sont pas nécessaires », s’est indigné Bennett. « Je ne les prends pas personnellement. Mais il n’y a pas de monopole de la Torah.

Le monde de la Torah ne m’est pas moins cher qu’à Shas. On peut très bien étudier la Torah tout en faisant l’armée puis en travaillant ».

Samedi soir, le rav Yossef s’en est également pris à Lapid, le déclarant « condamnable » et l’accusant de « haïr les yeshivot ». Des commentaires qui font suite à l’insistance du chef de Yesh Atid pour augmenter le nombre de jeunes ultra-orthodoxes enrôlés dans l’armée, dans le cadre des négociations en vue d’une coalition. Lapid n’est pas le premier politicien à faire l’objet des attaques d’Ovadia Yossef lors de son sermon hebdomadaire du samedi. Au cours de la campagne électorale, le rabbin avait pointé du doigt Habayit Hayehoudi, l’accusant d’être une « demeure pour les goyim », pour laquelle les Juifs religieux ne devraient pas voter.

Au cours de son entretien radiophonique, Bennett a expliqué la chute de son parti à 12 mandats parlementaires (les sondages lui en prédisaient 15) par la mauvaise presse que lui ont personnellement fait deux personnalités médiatiques : le journaliste d’Aroutz 2 Amnon Abramovich et Mouli Seguev, créateur de l’émission satirique Eretz Nehederet (Pays merveilleux).

Avant le scrutin, Abramovich a réalisé un reportage dépeignant le candidat d’Habayit Hayehoudi, Jeremy Gimpel, comme un extrémiste, revenant sur deux déclarations de ce dernier sur le Mont du Temple hors de leur contexte.

Quant à Eretz Nehederet, Bennett y est caricaturé comme un personnage illuminé, à l’extrémisme latent.

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