De nouveau ministre ?

Tzipi Livni était présente à la Conférence diplomatique du Jerusalem Post. Contre toute attente, la candidate centriste ne serait pas opposée à rejoindre une coalition menée par le Likoud.

By GIL STERN STERN HOFFMAN
December 18, 2012 12:13
Tzipi Livni at a live Q&A session, Sunday.

tzipi livni_311. (photo credit: Idan Gross )

 
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Jerusalem Post : Si Netanyahou était prêt à prendre des initiatives diplomatiques, vous verriez-vous représenter son gouvernement à l’étranger ? Tzipi Livni : Il ne s’agit pas de « son » gouvernement. C’est le gouvernement israélien. La dernière fois qu’il a formé une coalition, j’ai vérifié à plusieurs reprises auprès de lui s’il existait une chance d’avancer vers de vraies négociations, pas simplement un dialogue au nom du dialogue, mais ce n’était pas le cas.




J.P. : Avigdor Liberman est en poste depuis quatre ans, n’avez-vous pas envie de prendre la relève ? T.L. : Ma seule raison pour revenir en politique est de sauver Israël. Lorsque Netanyahou a formé une coalition, la dernière fois, avec des partis qu’il a qualifiés de partenaires naturels, j’ai compris qu’il ne voulait pas avancer. Si j’en avais fait partie, je l’aurais sauvé lui, mais pas Israël. Aujourd’hui, avec l’imminence des nouvelles élections, je dois mettre mes idées en avant et offrir un autre choix aux électeurs. Je déciderai de la suite au lendemain du scrutin. Il ne s’agit pas de Netanyahou. Il s’agit d’idéologies, de valeurs, de ce qui a besoin d’être accompli.



J.P. : Que répondez-vous aux électeurs de centre-gauche qui envisagent de voter pour Yesh Atid ou Avoda car ils veulent un futur gouvernement plus modéré et pensent que ces partis rejoindront le gouvernement tandis que vous refuserez ? T.L. : Je n’ai pas dit que je n’en serai pas. J’ai fait aux électeurs la promesse suivante : que je ne trahirai jamais leur confiance, et que je prendrai ma décision en fonction de mes valeurs et des leurs, de ma vision pour Israël et de la leur. Il ne faut jamais dire jamais. Mais j’ajouterai ceci : ceux qui ne veulent pas de Netanyahou au pouvoir devraient voter pour quelqu’un qui n’est pas au gouvernement et qui représente ce qui leur paraît juste comme vision d’avenir. La question n’est pas de savoir qui fera partie du gouvernement, mais de quelle vision les partis de centregauche se réclament. Le socialisme ne rend pas pour autant ses partisans plus modérés sur le conflit israélo-palestinien. Les Israéliens qui se disent que tout est lié, qu’on ne peut pas défendre simplement une seule cause et qui comprennent qu’un Etat binational serait un désastre pour le sionisme, doivent me soutenir et me faire confiance.



J.P. L’ancienne secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a écrit dans son livre l’année dernière que vous lui avez dit, ainsi qu’aux Palestiniens, de ne pas signer d’accord avec l’ancien Premier ministre Ehoud Olmert et d’attendre que vous soyez élue, car il n’aurait pas eu « le soutien nécessaire » en Israël.
T.Z. : Ce sont des aberrations. Je suis désolée, mais c’est la seule réponse que je peux vous donner. C’est n’importe quoi ! Un mensonge ! Je me suis entretenue avec Condi après la publication. J’ai également rencontré Abou Mazen (Abbas) et lui ai demandé : l’ai-je vraiment dit ? Il m’a répondu non et je lui ai demandé de le dire publiquement, car ma parole a été mise en doute.
Ouzi Arad lui-même a déclaré, après avoir pris connaissance du détail des négociations, que je représentais les intérêts de la sécurité nationale israélienne au cours des pourparlers.
Je suis donc la dernière personne qui aurait pu dire aux Palestiniens : « vous pouvez en obtenir davantage ». Pendant les discussions entre Abbas et Olmert, je leur ai moins cédé que ce qui était de fait sur la table.

J.P. : Accepteriez-vous la demande palestinienne de reprendre les négociations là où Olmert les a laissées ? T.L. : Non. Les Palestiniens pensent qu’ils peuvent récupérer n’importe quelle offre israélienne et dire « commençons de là ». C’est inacceptable. Je n’ai pas apprécié qu’ils aillent aux Nations unies mais ils en ont manifestement retiré quelque chose. Alors qu’ils oublient leurs préconditions et relancent les pourparlers.

Cela me dérange que Netanyahou et d’autres élus de droite pensent que j’ai tout cédé à la table des négociations et que j’étais très faible. C’est faux. Le lieu pour défendre les intérêts israéliens, c’est justement la table des négociations.

Regardez la situation maintenant, après quatre ans de stagnation et d’impasse. Les Palestiniens ont deux Etats : « Hamastan » à Gaza, qui s’est vu assurer une légitimité grâce à Netanyahou, un fait inacceptable à mes yeux, et un nouvel Etat reconnu par l’ONU.

Ils ont donc deux Etats pour un peuple dans la bande de Gaza et en Judée-Samarie, parce que nous ne défendons pas les intérêts israéliens. Lors des négociations, il était clair que l’Etat palestinien serait démilitarisé, qu’il ne correspondrait pas aux lignes pré-1967 et qu’il signerait la fin du conflit.

J.P. : Ehoud Olmert a offert la totalité de la Judée- Samarie, avec des échanges de terres. Feriez-vous de même ? T.L. : Je ne parle pas d’échanges de terres mais de compensations. Ceux qui rêvent de refaire l’histoire et de retourner à juin 1967 doivent savoir qu’il n’y avait pas, à l’époque, de lien entre la Judée-Samarie et la bande de Gaza.
Il faut pouvoir exprimer l’idée d’un Etat palestinien unique de façon différente. De l’avis général, si nous conservons les blocs d’implantations, il faut donner une compensation.
Mais je ne dirais pas à l’avance que le ratio doit être d’un pour un. Ce n’est pas ce que j’avais offert.
Sur la question des réfugiés, je suis parmi les plus extrémistes en Israël car je crois que chaque Etat doit répondre aux aspirations de son propre peuple. Israël a servi de refuge aux Juifs venus des pays arabes, il n’est donc pas une option pour les réfugiés palestiniens. C’est l’Etat palestinien qui doit répondre aux aspirations nationales palestiniennes, pas Israël. Contrairement donc à ce que Netanyahou et d’autres disent de moi, je ne ferai pas de compromis sur la sécurité. Après quatre ans de Likoud, il y a une érosion de la position israélienne.

J.P. : Construirez-vous dans la zone E1 ? Fera-t-elle partie de votre frontière ? T.L. : E1 est disputé, non pas entre Israël et les Palestiniens, mais entre Israël et le monde entier, y compris les Etats-Unis. On n’y construira pas pour l’instant. Ce qu’a fait Netanyahou, c’était une déclaration politique p o u r gagner le soutien de la droite, et Israël en a payé le prix.
Nous établirons les frontières à la table des négociations en essayant de permettre au plus d’Israéliens possible de rester, mais je ne vais pas décider de cela ici, avec vous. Seulement lors des négociations.

J.P. : Comment pouvez-vous espérer que les électeurs de Tel-Aviv votent pour vous alors que des roquettes sont tombées dans le centre, parce que Kadima s’est retiré unilatéralement de la bande de Gaza ? T.L. : Je n’ai jamais promis à qui que ce soit un conte de fées où « ils vécurent heureux et eurent de nombreux enfants ». Je ne veux pas épouser les Palestiniens. Je veux divorcer d’avec eux. La palette de choix existant au Proche- Orient, en particulier pour Israël, va souvent de Charybde en Scylla. Oui, nous nous sommes retirés de Gaza et oui, nous avons eu le Hamas en retour. Je pense qu’il faut agir fermement et user de force militaire contre le Hamas. A ceux qui disent aujourd’hui que le désengagement était une erreur, je réponds : voulez-vous vraiment aller replanter le Goush Katif ? Pensez-vous vraiment que les habitants d’implantations qui y vivaient nous protégeaient ? Dois-je vous rappeler qu’avant le retrait, nous étions malgré tout attaqués depuis la bande de Gaza ? Les implantations font partie de cette vision du Grand Israël, du peuple juif retournant sur sa terre natale et des implantations destinées à occuper toute la terre. Certains Israéliens croient toujours à cette idée. Très bien. Mais la vaste majorité d’entre nous aspirent à deux Etats. Lorsque Netanyahou parle de la solution à deux Etats, il doit également rappeler que les implantations desservent cette idée. La sécurité doit passer par le renforcement de l’effet de dissuasion. L’idée est d’avancer avec Abou Mazen sur un accord. Nous devons isoler Gaza, mais le gouvernement actuel lui donne au contraire une légitimité et isole Israël.
Nous ne pouvons pas nous le permettre.

J.P. : Contrairement à Shelly Yacimovich, vous continuez à critiquer les partis de votre bloc. Pourquoi ? T.L. : J’espère qu’en créant ma formation, davantage d’électeurs iront voter. Les gens me disaient qu’ils ne se reconnaissaient en personne. Ils ne sont pas socialistes et ne peuvent donc pas voter pour les Travaillistes, mais ils ne se sentent pas non plus représentés par Lapid. Je ne critiquerai pas Yacimovich ou Lapid, ni ne les attaquerai personnellement, mais nous dirons très clairement que ce que nous représentons n’existe pas ailleurs dans les partis qui devraient dépasser le seuil électoral (deux mandats).
Si Kadima était encore un grand parti, je serais restée dans ma famille politique. Je suis retournée en politique parce qu’il y avait un vide et que Kadima a cessé d’exister. Pas à cause de moi, mais parce que les électeurs de Kadima ne pouvaient plus voter pour le parti après les primaires. C’est pourquoi j’ai fait le choix de former un nouveau parti.

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