Des questions laissées sans réponses

Que faire en cas de scénario catastrophe ? Se précipiter à l’extérieur ou se calfeutrer dans une cage d’escaliers ? Les réponses sont loin d’être claires.

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October 23, 2012 12:23
Des question sans réponse

2410JFR04 521. (photo credit: Hadas Parush)

Une école du quartier pauvre de Holon, Jesse Cohen, réduite en gravats. Des monceaux de métaux tordus et une masse chiffonnée de béton, dimanche 21 octobre au matin, témoignaient d’un “tremblement de terre d’intensité 7.1” dans le nord du pays. Une catastrophe aux proportions bibliques, heureusement fictive.

La semaine du 21 octobre était consacrée à une série d’exercices d’urgence, simulés par l’armée, la police et les ambulanciers. Ils visaient à apporter des réponses à la question : que faire, face à une catastrophe susceptible de provoquer des milliers de morts et des dizaines de milliers de blessés, ainsi que l’évacuation de plus d’une centaine de milliers de personnes ? L’effondrement de l’école constituait le premier test destiné à évaluer la réactivité du Front intérieur en cas de sinistre naturel, ou d’une pluie de missiles sur le coeur civil et vulnérable d’Israël.

Comme lors des années précédentes, si vous ne servez pas dans les rangs de Tsahal ou de la police, il est peu probable que vous ayez remarqué des preuves de l’édition 2012 de cet exercice national.

La journée a débuté avec un tremblement de terre à Eilat, suivi quelques instants plus tard d’un séisme dans le nord du pays. Les bureaux du gouvernement ont participé aux exercices de secours, tandis que les écoles de la bande côtière évacuaient leurs élèves pour ouvrir leurs portes à d’éventuels blessés. Un tsunami, provoqué par le tremblement de terre, finissait d’envoyer des vagues de 10 mètres se briser sur la côte.

Sur la rue Ben Yehouda de Tel-Aviv, près du port, un groupe de lycéens se pressent vers le Parc Hayarkon. D’après leur enseignant, les élèves se dirigent vers cet endroit parce qu’ils le savent dégagé. En cas de tsunami, cependant, ils devraient rejoindre un site plus élevé, tel que le Dizengoff Center.

Mais certains points posent problème. Si un violent tremblement de terre est susceptible de causer un tsunami, on comprend mal pourquoi les étudiants seraient évacués vers les rives de la rivière Hayarkon, qui inonderait sans doute rapidement les rues avoisinantes.

On ignore par ailleurs si oui ou non le Dizengoff Center restera debout après un tremblement de terre.

Instructions contradictoires Dans le Nord, la simulation comportait effectivement un tsunami et les habitants participant à l’exercice étaient invités à fuir vers un terrain plus élevé. A noter, cependant, qu’un tsunami risquerait de faire des ravages sur les usines de produits chimiques de Haïfa et de diffuser des toxines à l’air libre. Précisément là où les civils ont été chargés de se rassembler.

Quand on lui demande que faire dans un tel cas, le général Eyal Eisenberg, à la tête des opérations, répond simplement que “dans la première phase, nous demandons aux habitants de quitter leurs bâtiments. En cas d’émissions de produits chimiques dangereux, nous donnerons d’autres instructions.”

Aucune précision toutefois quant à savoir si les civils doivent se rendre dans des refuges souterrains pour échapper aux émissions toxiques, ou se précipiter dans les rues où ils risquent de se retrouver inondés par un tsunami.

L’exercice organisé à Jesse Cohen visait à préparer le pays en cas de tremblement de terre, et d’après le ministre de la Défense Ehoud Barak “à des cas plus simples comme une attaque de missiles sur le centre d’Israël”.

Un coup d’oeil sur ce raisonnement laisse plus de questions que de réponses. Si l’évacuation de civils blessés dans un bâtiment effondré obéirait probablement au même plan de manoeuvres s’il a été abattu par un tremblement de terre ou un missile, pourquoi les instructions destinées à la population civile ne seraient-elles pas les mêmes ? En cas de séisme, les citoyens doivent sortir à l’extérieur. Mais si des roquettes pleuvent, les civils sont censés se précipiter dans une pièce-forte ou une cage d’escalier, en supposant qu’il y en ait à proximité.

Combien de structures pourront résister à une secousse de forte intensité ? La grande majorité des immeubles ont été construits avant 1980, alors que les règles relatives aux tremblements de terre n’étaient pas entrées en vigueur, et avant 1990-1991, soit avant la première guerre du Golfe dans le sillage de laquelle il allait devenir obligatoire de prévoir une pièce sécurisée pour toute nouvelle construction.

Alors qu’il est empêtré avec la menace iranienne, l’Etat doit trouver des solutions pour accroître les projets d’ “‘évacuation et reconstruction”, ou pour démolir et remplacer les anciens bâtiments de quartiers comme Jesse Cohen, à travers le pays.

Que des progrès soient réalisés ou non grâce à ces ambitieux exercices de protection, sans un programme national de rénovation des bâtiments, la population n’est pas en sécurité. Et il est légitime de supposer que dans le cas d’un puissant tremblement de terre, dans un quartier laissé à l’abandon comme celui de Jesse Cohen, il ne restera de la majorité des bâtiments que des ruines. Ce qui ne laisse aux résidents que peu de chance de survie.


Nouvelle flottille sur Gaza : 3 Israéliens à bord 


L’Estelle a été accosté par Tsahal sans faire de blessés 


Yonah Jeremy Bob, Tovah Lazaroff et Ben Hartman 




Trois activistes israéliens toujours en garde à vue.

Lundi matin, les trois militants présents à bord de L’Estelle, le navire qui a tenté d’accoster à Gaza, voulaient demander au Tribunal de Beersheva d’écourter leur procédure. Ils ont tenté de violer le blocus du port de Gaza en naviguant en direction de la bande côtière, à bord d’une embarcation suédoise, longue de 53 mètres, qui affichait un drapeau finlandais.

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La marine israélienne a abordé de force le navire, samedi 20 octobre, après son refus répété de changer de direction. L’Estelle a également décliné l’offre de Tsahal d’accoster dans le port d’Ashdod. De là, le convoi à destination de Gaza aurait été acheminé par une route terrestre.

L’Autorité de la population, de l’immigration et des frontières a annoncé que les autres 27 activistes étrangers à bord ont été arrêtés et placés en détention provisoire. Ils viennent de Norvège, de Finlande, de Grèce, d’Espagne, du Canada et d’Italie. Dimanche soir, 9 d’entre eux étaient rentrés chez eux, après avoir renoncé au droit de plaider leur cause devant un juge. Les autres demeuraient en garde à vue. En vertu de la loi, ils doivent être présentés à un magistrat dans les 72 heures suivant leur arrestation. La porte-parole de l’Autorité, Sabine Haddad, a déclaré qu’ils devraient être expulsés après leurs audiences.

Selon la police, l’Etat pourrait porter plainte contre les 3 participants israéliens, Yonathan Shapira, Reout Mor et Elazar Elhanan, pour incitation à la rébellion, assistance à l’ennemi en connaissance de cause et viol d’un ordre légal.

C’est un groupe suédois qui avait organisé le voyage à bord de L’Estelle. Le bateau a passé près de 3 mois à naviguer autour du continent européen et s’est arrêté dans plus de 20 ports, dont 9 en Suède.

Le 7 octobre, il a mis les voiles sur Gaza. Vers la fin de la semaine dernière, 10 activistes supplémentaires, dont les 3 Israéliens, ont rejoint le navire depuis la Grèce.

Selon l’avocate Gaby Lasky, qui représente l’un des militants suédois, la marine israélienne a fait un usage excessif de Taser (pistolets à impulsions électriques) contre les activistes. Une allégation qui serait impossible à prouver pour le moment car les forces armées ont confisqué téléphones mobiles et appareils photo. L’avocate a ajouté espérer néanmoins que les preuves seraient disponibles bientôt : les passagers ont réussi à attacher certaines cartes mémoire sur des pigeons voyageurs présents à bord.




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