Entre les deux

Le centre trouve t'-il sa place dans la campagne ?

By AMANDINE SAFFAR
January 15, 2013 14:19
TZIPI LIVNI announces the formation of new party

TZIPI LIVNI announces the formation of her new party 300. (photo credit: Marc Israel Sellem/The Jerusalem Post)

 
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Le Mouvement de Tzipi Livni sera vert. Au cours de la campagne électorale, Tzipi Livni a, incontestablement fait parler d’elle. Après avoir claqué la porte à Kadima, son ancien parti, elle a choisi de créer sa propre formation, à son nom, « Hatenouah chel Tzipi Livni », ou plus simplement « Hatenouah », le Mouvement.

Livni a tout fait pour parvenir à une alliance de centregauche, qui échouera, selon ses dires car « Shelly Yachimovich m’a tourné le dos ». Elle se rapproche toutefois de l’unité lorsqu’Amir Peretz, d’Avoda, donne sa démission début décembre pour venir grossir ses rangs. Motif ? Shelly aurait « rejeté la main qu’il lui tendait pour des raisons personnelles. » Peretz claquera donc la porte à son excollègue.

Ce dernier définit ainsi le programme du parti : « Un dôme de fer politique et social ». Soit, en d’autres mots : une sécurité sociale solide et un renforcement de l’économie de marché. Hatenouah entend réduire les dépenses publiques en Judée-Samarie. Selon Livni, un accord avec les Palestiniens amoindrirait non seulement les disparités sociales, mais aussi les disparités économiques. Son plan social se situe entre celui du Likoud et celui des travaillistes.

« Nous nous opposons à un marché libéral sauvage, sans pour autant nous aligner sur la politique antilibérale de gauche », un plan qu’elle dit « révolutionnaire et complet ».

Parlant de la politique économique de Netanyahou, elle la qualifie d’« aveugle ». Elle prône également l’égalité du service national.

Second grand tournant pour le parti : son alliance avec les Verts, « mais pas uniquement ». Alon Tal, qui a rejoint à sa liste, est non seulement dirigeant du Mouvement Vert (Ale Yarok), mais aussi administrateur pour la communauté Massorti. Responsable de la campagne auprès des immigrants anglophones, il sera aussi en charge de défendre l’idée d’une religion davantage pluraliste en Israël. Selon Tal, Livni « se considère elle-même comme Massorti ». Une page « verte » est donc tournée pour le parti qui décide de tout miser sur l’écologie, priorité à toute indépendance économique.

On lui accorde pour le moment approximativement 13 sièges à la Knesset. La question d’une coalition avec le Likoud reste en suspens.

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Au programme du parti, un agenda économique et social : réformer le système électoral, imposer l’égalité dans le service national (qu’il soit civil ou militaire) pour tous, accentuer une réforme de l’éducation efficace, des logements abordables mis à disposition des vétérans de l’armée et des jeunes couples et une aide au travail et à l’entreprenariat pour les classes moyennes.

Début décembre, le parti dirigé par l’ancien journaliste télévisé et éditorialiste Yair Lapid annonçait sa liste finale. Le slogan « Nous sommes là pour changer les choses », semble chanter une mélodie printanière : la liste à la Knesset aussi.
Environ la moitié des 20 têtes de liste sont des femmes.

Le parti insiste sur « le nouveau genre de politique » qu’il entend apporter, pour lequel « il met en pratique ce qu’il prêche », en annonçant davantage qu’un petit quota symbolique de femmes au parti. La liste inclut notamment quelques candidats religieux, pour bien faire la différence avec l’antireligieux Tommy Lapid, son père. Parmi eux : le rabbin Shai Piron, la docteure Aliza Lavie et le rabbin Dov Lipman.

A cela s’ajoutent deux Israéliens d’origine éthiopienne, Shimon Salomon et Pnina Tamnu-Shata.

Le problème en politique, selon Lapid, c’est que l’on part du principe que chaque parti doit avoir un ennemi. Un jeu auquel il se refuse à jouer : « nous avons bien un adversaire : le cynisme. Ceux qui ne croient pas au changement, et n’en voient pas la raison, ceux qui abandonnent et concluent que l’Etat est à la dérive », rapporte-t-il. Le plus triste pour le leader du changement : que deux tiers des parents ne se soucient guère de voir leurs enfants quitter le pays.

Le leader ajoute : « les membres du parti sont issus de milieux très différents, de métiers et de régions diverses.

Pourtant, ils s’accordent sur les mêmes croyances 80 % du temps, et discutent ensemble les 20 % restants ».

Selon lui, le problème de l’éducation reste une priorité : « La prochaine génération ne sera pas capable d’inventer des prouesses comme le dôme de fer, si l’on continue sur cette lancée », s’inquiète Lapid. Sa pierre de touche : les haredim à l’armée et rectifier la politique prescrite par Ariel Attias au ministère du Logement et de la Construction.

Au sujet des territoires disputés, il déclare : « Israël doit arrêter de prétendre qu’il n’y a aucune dispute avec les Palestiniens ».

Kadima ne va plus de l’avant 

Le parti de centre-gauche est en chute libre. Il peine à dépasser le seuil électoral de 2 % dans les sondages.

Shaoul Mofaz, qui a pris la direction du parti, a récemment promulgué une nouvelle stratégie pour rassembler les troupes autour de la sécurité du pays. Autour de lui : Yisrael Hasson, Yohanan Plesner et Doron Vital, d’anciens chefs militaires, une fonction dont ils se serviront dans leur expertise.

Une priorité pour Kadima : aligner les salaires des soldats sur ceux des étudiants en Yeshiva. Un militaire gagne 352 shekels par mois, tandis qu’un élève de kollel a droit à 3 200 shekels d’aides de l’Etat. Une situation qualifiée d’ « humiliante » par Plesner, dont seul Kadima rend compte dans ses priorités.

Plesner a une façon bien à lui d’expliquer la perte drastique des membres du parti au profit de Tzipi Livni : « les demandeurs d’emploi et les opportunistes sont partis, seuls les “vrais” restent ». La formation se dit toujours debout.

Après avoir attaqué Netanyahou de plein fouet en l’accusant de conduire Israël à sa perte avec l’Iran, elle a – sous les bons auspices de son stratégiste Moti Morel – reconnu que le Likoud n’avait pas insisté sur la question iranienne au cours de sa campagne.
Et ce, grâce aux affiches de Kadima, estime la formation centriste.

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