Génération Y, génération de l’espoir ?

Ses aînés la traitent d’égoïste, mais certains chercheurs croient dur comme fer qu’elle sauvera le monde. La génération du millénaire est revenue du capitalisme. Elle aspire à la paix et à un nouvel ordre mondial. Zoom sur une jeunesse qui sera demain aux commandes de l’Etat.

By SHLOMO MAITAL
January 7, 2014 15:49
La génération Y a très haut niveau d'éducation mais n'est pas très intellectuelle

P22 JFR 370. (photo credit: Marc Israel Sellem)

 
X

Dear Reader,
As you can imagine, more people are reading The Jerusalem Post than ever before. Nevertheless, traditional business models are no longer sustainable and high-quality publications, like ours, are being forced to look for new ways to keep going. Unlike many other news organizations, we have not put up a paywall. We want to keep our journalism open and accessible and be able to keep providing you with news and analyses from the frontlines of Israel, the Middle East and the Jewish World.

As one of our loyal readers, we ask you to be our partner.

For $5 a month you will receive access to the following:

  • A user uxperience almost completely free of ads
  • Access to our Premium Section and our monthly magazine to learn Hebrew, Ivrit
  • Content from the award-winning Jerusalem Repor
  • A brand new ePaper featuring the daily newspaper as it appears in print in Israel

Help us grow and continue telling Israel’s story to the world.

Thank you,

Ronit Hasin-Hochman, CEO, Jerusalem Post Group
Yaakov Katz, Editor-in-Chief

UPGRADE YOUR JPOST EXPERIENCE FOR 5$ PER MONTH Show me later Don't show it again

Ils ne sont pas comme nous. Tel est le titre provisoire d’un livre à paraître, cosigné par le Pr Oz Almog et son épouse, le Dr Tamar Almog, tous deux enseignants à l’université de Haïfa. Le sujet ? La « génération du millénaire », ou « génération Y », soit les individus nés entre 1980 et 1995.


Une génération est un groupe de personnes nées au cours d’une même période s’étendant généralement sur 20 ans. Ce sont des gens qui ont vécu les mêmes expériences – crise économique, guerre, soulèvements – et qui tendent donc à partager des valeurs et à adopter des comportements similaires.


La Génération Y, encore appelée « génération du millénaire », ou « génération post-sabra », a grandi à l’ère du PC, du téléphone portable et de l’Internet, du féminisme et des droits civiques ; en Israël, elle a assisté à l’assassinat du Premier ministre Itzhak Rabin et a connu la prospérité économique, les Intifadas palestiniennes et les attentats suicides, ainsi que les deux guerres du Liban. Elle est très différente de celle qui l’a précédée. « Son influence dans le pays est considérable », estime Oz Almog. « Car son profil culturel pose des problèmes cruciaux. »


Dans leur étude, les Almog ont également mis en lumière une génération intermédiaire, la « génération XY », née dans les années 1970 et aujourd’hui âgée de 35 à 44 ans : ces gens-là ont un pied dans le mode de vie et les valeurs de la Génération Y et l’autre dans ceux de la précédente, la Génération X. Enfin, il y a les plus jeunes, qualifiés de « Génération Z », nés entre 1996 et 2009.


Oz Almog enseigne au département « Connaissance d’Israël » de l’université, Tamar dans celui intitulé « Pédagogie, apprentissage et supervision ». Ensemble, ils ont créé un site internet extrêmement populaire, www.peopleil.org, qui parle de la société israélienne.


Un Israélien sur 10 appartient aujourd’hui à la Génération Y, soit 800 000 individus, qui ne ressemblent en rien à leurs grands-parents, âgés de 65 à 90 ans, ni même à leurs parents, qui ont de 40 à 65 ans. Sachant que ces deux derniers groupes ont créé un monde qu’ils qualifient de « chaotique », ce n’est peut-être pas plus mal…


En dépit de l’image déplorable que leurs aînés ont d’elle, la Génération Y possède le potentiel pour sauver Israël et le monde, rien de moins, expliquent sans se démonter les Almog. Son vote, par exemple, a déjà transformé la scène politique israélienne : contre toute attente, Yesh Atid a obtenu 19 sièges à la Knesset aux dernières élections.



Une génération de héros… ou d’égoïstes ?


Peut-on vraiment cataloguer les valeurs et la personnalité de toute une génération ? Faire des généralités sur une foule de gens nés durant les mêmes dix ou vingt ans, et si différents les uns des autres ? Comme l’ont écrit les anthropologues Henry Murray et Clyde Kluckhohn : « Chacun d’entre nous est comme tous les autres, comme certains autres et comme nul autre ». Dans leur livre, les Almog montrent en quoi tous les membres de la génération Y d’Israël se ressemblent.


Pour cela, ils ont procédé avec méthode : en enquêtant d’abord sur le terrain. Ils ont fréquenté les bars, les boîtes de nuit et autres lieux où se rassemble la Génération Y. Ils ont photographié plus de 5 000 personnes et analysé des milliers de blogs et de discussions sur internet, de posts sur Facebook et de tweets de Twitter.


Ils ont également créé plusieurs groupes de discussion virtuels, de 14 membres chacun, en leur demandant quelles étaient leurs associations immédiates en entendant des mots-clés tels que « père », « mariage », « ordinateur », etc. Les chercheurs ont ensuite documenté les résultats dans les 800 pages de leur manuscrit.


En outre, ils ont mis à profit leurs « super-candidats », c’est-à-dire ceux qui savaient le mieux s’exprimer et s’analyser, et qui ont pu parler librement d’eux-mêmes et de leurs amis.


Leurs conclusions s’appliquent surtout à la population laïque, mais les religieux de la génération Y sont également évoqués, avec toutefois « un retard de quelques années ». Toutes ces recherches ont été financées par l’Institut S. Neaman, le laboratoire d’idées de l’Institut de Technologie du Technion.


« C’est comme un puzzle dont il faut assembler les pièces », explique Tamar Almog. « Nous avons lu en outre des milliers de livres et d’articles. »


« En sociologie, la plupart des chercheurs commencent par définir certaines variables, puis établissent des corrélations entre elles », ajoute Oz, son époux. « Nous, nous n’avons pas procédé comme cela. Nous avons préféré rassembler tout d’abord des témoignages, des histoires. »


Ce sont deux universitaires américains, Neil Howe et William Strauss – ce dernier étant aujourd’hui décédé – qui ont popularisé ce travail d’étude des valeurs et de la personnalité des diverses générations. Leur livre, Millenials Rising : the next great generation (2000), postule que la Génération Y sauverait le monde. Selon eux, celle-ci ressemblera à la Grande Génération, née aux Etats-Unis entre 1901 et 1924 et devenue adulte pendant et après la Crise de 1929 : une génération qui a fait d’immenses sacrifices pour combattre les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.


Dans leur étude, Howe et Strauss affirment que, sur un cycle de 80 ans, on trouve quatre archétypes générationnels de base. L’actuelle Génération Y est la « génération des héros », qui naît pendant une crise et qui, une fois adulte, remporte des succès politiques majeurs.


La psychologue américaine Jean Twenge, de l’université d’Etat de San Diego, propose pour sa part une vision moins rose : en se fondant sur des données plus concrètes que celles de Howe et Strauss, elle qualifie la Génération Y de « Génération Moi ». Le titre de son livre, paru en 2006, résume bien ses conclusions : Génération Moi : pourquoi les jeunes Américains d’aujourd’hui sont plus confiants, plus péremptoires, plus aptes… et plus pitoyables que jamais.



Hédonistes et surprotégés


La Génération Y d’Israël ressemble-t-elle à celle des Etats-Unis ou d’ailleurs ? Les Almog estiment qu’elle possède en tout cas avec ces dernières de grandes similitudes. Oz précise que la Génération Y est peut-être la première génération réellement mondiale : reliés par Internet, ses membres partagent en permanence leurs expériences et échangent des points de vue. Voyons ci-dessous quelles sont les grandes caractéristiques de la Génération Y :


Prise de décision : « Les membres de la Génération Y ont beaucoup de mal à prendre des décisions tous seuls », observe Oz Almog. « C’est le syndrome du portable : la Génération Y a le choix entre un très grand nombre de possibilités, et il y a toujours un adulte responsable ou un ami prêt à être consulté par téléphone, des individus qui sont à ses côtés depuis le plus jeune âge. »


Biens matériels : « La Génération Y aime l’argent et la belle vie, comme ses prédécesseurs », indique Oz. Cependant, elle n’est pas prête à se sacrifier ou à travailler dur pour l’obtenir.


« Ainsi, quand, au restaurant, un membre de la génération X voit sur la carte un vin à 200 shekels (45 euros), il en cherche un autre », explique Tamar. « Un membre de la Génération Y, lui, commandera le vin en question… et en général, c’est nous, la Gen X, qui le paierons pour lui, et de bon cœur avec ça ! La Génération Y rejette l’idée que “le temps, c’est de l’argent”. Elle éprouve “la fatigue du yuppie”. Les différences sociales la perturbent beaucoup. Elle n’a pas envie de nous ressembler, à nous, la génération au-dessus. »


« C’est une génération de jouissance », renchérit Oz. « Elle aime faire la fête, profiter de la vie. Et parfois, les parents se joignent à la fête… et ils paient l’addition, bien sûr ! »


Contestation : « Le mouvement de contestation sociale en Israël a été un grand coup d’esbroufe. Il s’est dégonflé comme un ballon de baudruche. La Génération Y préfère fuir que se rebeller. »


Rôle des parents : « C’est la génération “étrogue” : les parents l’enveloppent dans du papier de soie, comme on le fait avec les précieux cédrats, afin de les protéger », tacle Tamar. « Il manque donc à la Génération Y la résilience qui lui permettrait d’affronter les difficultés. Nous, la Gen X, les avons trop entourés d’amour, trop choyés. Cela partait d’un bon sentiment, nous voulions que la vie leur soit facile, mais nous avons oublié que souvent, la souffrance nous équipe pour la vie ! »


Howe et Strauss parlent des « parents hélicoptères », qui restent présents pour protéger leurs enfants même quand ceux-ci sont devenus adultes ; des parents qui demandent aux professeurs et aux employeurs de leurs « petits » de « les plaindre, de les cajoler et de les encourager ».


L’armée israélienne rencontre ainsi ce problème depuis des années : il n’est pas rare que les commandants de pelotons reçoivent des appels téléphoniques de parents furieux qui protestent parce qu’on oblige leurs enfants à ramper dans la boue et les orties ou qu’on les prive de sommeil pendant les entraînements.



Surconnectés et altruistes


Travail d’équipe : Les membres de la Génération Y ont beaucoup d’amis et de relations sur lesquels ils peuvent compter. Ils aiment se retrouver dans les bars ou les boîtes de nuit. Ils sont revenus du capitalisme et rêvent d’un système économique plus performant qui atténuerait les différences sociales à travers une meilleure distribution des richesses. C’est peut-être la raison pour laquelle on voit la Génération Y revenir vers le kibboutz, dont elle apprécie le style de vie.


Recherche de sens : Les membres de la Génération Y à travers le monde cherchent tous un sens à leur vie. Ils veulent comprendre dans quelle mesure leur existence est utile, en quoi elle a une valeur, une influence. Une étude américaine de Harris Interactive menée en 2011 a montré que, pour les jeunes adultes de 21 à 31 ans, une carrière réussie passe avant tout par la sensation « qu’on est là pour quelque chose », par la possibilité d’avoir un impact sur son environnement, la réussite financière n’étant que secondaire. Trois quarts des membres de la Génération Y interrogés ont déclaré que faire un travail riche en signification comptait parmi les principaux facteurs attestant le succès d’une carrière.


En cela, la Génération Y fait écho à la théorie de Victor Frankl, ce survivant de la Shoah dont la philosophie se focalise sur la recherche de sens pour tout individu. Sachant que le mot « sens » implique d’agir pour les autres, les membres de la Génération Y se retrouvent en proie au conflit interne qui se pose quand on veut profiter soi-même de la vie, mais aussi créer de la valeur pour les autres. Il sera fascinant de voir comment ce conflit va être résolu. Car il est clair que la Génération Y se soucie davantage d’autrui que ses aînés.


Le grand homme d’affaires Guy Kawasaki, gourou du marketing chez Apple, propose pour sa part une façon de résoudre ce conflit : « Faites du sens, pas de l’argent », conseille-t-il aux créateurs d’entreprise dans son livre, L’art de se lancer, paru en français en 2006 aux éditions Diateino. « Si vous créez du sens pour les autres, il est probable que vous gagnerez de l’argent. Mais si vous cherchez seulement à gagner de l’argent, vous échouerez à coup sûr. »


La technologie : « Peut-être ne faudrait-il pas l’appeler “Génération Y”, mais “Génération I” », lance malicieusement Tamar. « Pour tout ce qui commence par i : iPhone, iPad, iPod. Sauf qu’il faudrait y mettre un i majuscule, comme I, “moi” en anglais. Car c’est avant tout de moi qu’il s’agit ! »


Chaque année, le dictionnaire Oxford English Dictionary choisit le « mot de l’année ». Pour 2013, ce fut « Selfie ». Un selfie, c’est une photographie de soi-même prise avec un téléphone portable, souvent en compagnie d’une célébrité. Cette habitude a remplacé la demande d’autographe. Le selfie caractérise le « C’est avant tout de moi qu’il s’agit » typique de la Génération Y.


Intimité : selon Tamar, « la génération Y n’a pas de vie privée. Contrairement à leurs parents, ces enfants ont grandi sous le règne de la psychologie du “je-dis-tout”. Ils dévoilent tout, parlent de tout sans tabous.


Ils utilisent lourdement Facebook, aiment moins Twitter, dont les textes limités à 140 caractères se prêtent moins bien au type de communication qu’ils affectionnent. Ils veulent montrer, annoncer qui ils sont et ce qu’ils font. Ils surfent sur « Ma vé Zeh » (Ceci et cela), un site internet israélien créé par deux filles de 27 et 28 ans sur ce que la vie nous inspire. Il comprend désormais pas moins de 300 blogueurs, tous entre 20 et 30 ans, qui y écrivent pour la plupart une fois par semaine.



Pubères et… puérils


Boomerang : Un boomerang revient toujours dans la main de celui qui l’a envoyé. La Génération Y retourne toujours au domicile de ses parents, quoique ce phénomène soit plus prononcé en Israël qu’aux Etats-Unis. « Après l’armée, beaucoup reviennent à la maison », commente Oz. « Et généralement, cela fait très plaisir aux parents. »


Selon une enquête, 51 millions d’Américains, soit 1 sur 6, vivent dans un logement où cohabitent au moins 2 générations adultes. » Et ce mélange intergénérationnel est une bonne chose. Mieux les aînés comprendront la Génération Y, plus ils sauront peut-être en apprécier les qualités.


Filles et garçons : Les membres de la Génération Y sont unisexes : ils se préoccupent très peu des différences de sexe. « Notre fils et sa femme ont acheté un jouet classique de la génération Y à leur fille de 18 mois : un couteau de l’armée suisse en plastique. Elle l’adore. Mais ce mélange des sexes peut aussi causer des problèmes. Une femme de la Génération Y s’est plainte à nous en disant qu’elle n’arrivait pas à trouver un vrai homme pour se marier », raconte Tamar.


Sexe : Les membres de la Génération Y mûrissent plus vite physiquement que ceux des générations précédentes. Pour les garçons, l’âge de la puberté s’élevait à 17 ans en 1900, il est de 12 ans aujourd’hui. Une fille sur 6 devient pubère à 7 ans et les membres de la Génération Y ont leurs premiers rapports plus tôt que leurs aînés. Toutefois, précisent les Almog, ce sont des relations sexuelles très puériles. Psychologiquement, la Génération Y mûrit beaucoup plus tard que les précédentes.


Travail : Les membres de la Génération Y ont tendance à quitter leur emploi sur un coup de tête s’ils trouvent que le travail est ennuyeux ou n’a pas de sens, contrairement à la génération X et à celle du baby-boom, qui s’y accrochent pour obtenir leur sacro-saint salaire à la fin du mois. Les employeurs s’en irritent beaucoup, mais les plus sages d’entre eux ont appris à s’adapter à cette nouvelle donne. La Génération Y ne se précipite pas pour se mettre en quête d’un nouvel emploi une fois qu’elle en a quitté un. Elle ne trouve pas le chômage insupportable, contrairement à la Génération X. Le travail n’est pas une valeur centrale de sa vie, elle privilégie plutôt les loisirs et tient à ne pas tenir à travailler trop dur.


Education : Les Almog citent l’album des Pink Floyd, The Wall, sorti en novembre 1979. « Nous ne voulons pas d’éducation », dit la principale chanson, Another brick in the wall, 1re partie. « Nous ne voulons pas que nos pensées soient contrôlées… Professeurs, laissez ces enfants tranquilles ! » Ces paroles sont devenues l’hymne de la Génération Y.


« Le système éducatif actuel n’est plus adapté du tout à cette génération », déplore Oz. « Il est trop lent. La Génération Y a un très haut niveau d’éducation en termes de diplômes, mais elle n’est pas intellectuelle. »


La Génération Y considère les diplômes comme un moyen d’atteindre ses objectifs, mais non comme un objectif en eux-mêmes. Pour ses membres, les diplômes fournissent les moyens de gagner sa vie et de rester plus longtemps célibataire.



Les X en prennent de la graine


Et les aînés, que pensent-ils de tout cela ? Comment la Génération X et celle du baby-boom réagissent-elles en découvrant les résultats de cette étude ?


« Les membres de la Génération Y sont persuadés que, dans dix ans, ils seront comme nous », répond Oz, « mais nous, nous savons que ce ne sera pas le cas ! Quant à leurs aînés, ils ont deux réactions différentes : une partie d’entre eux affirment que leurs enfants ou leurs petits-enfants ne sont pas du tout conformes à la description que nous en avons faite. L’autre, au contraire, est très contente : “Ouf !”, nous disent-ils, “Moi qui croyais que mon enfant était le seul à être comme ça !” »


« A vrai dire, les différences entre générations ont tendance à s’applanir », affirme Tamar, « parce que la Génération Y nous influence et que nous commençons à ressembler à nos enfants, à adopter leurs valeurs, leurs conceptions, leurs croyances… mais pas encore à faire suivre tout cela par des actions, parce que nous, la génération X, nous n’allons pas jusqu’au bout de nos idées, nous ne mettons pas nos convictions en application, contrairement à eux. »


La Génération Y sauvera-t-elle Israël et le monde ? Oui, répondent les Almog d’une seule voix. « Ils nous forcent déjà, nous, leurs aînés, à changer et à adapter nos institutions. Ils nous disent que le monde que nous leur laissons n’est pas approprié. Ils n’ont plus aucune foi dans le capitalisme. Ils aspirent à la paix et à un nouvel ordre mondial.


« La Génération Y est une zone exempte de testostérone. Ses membres travaillent à l’unisson. Ils ne veulent pas de la guerre », observe Oz. « Et cela est vrai aussi dans les pays de l’islam, y compris en Iran. Dans ces sociétés-là, la Génération Y finira par avoir raison des fondamentalistes. La Génération Y proclame : “Nous avons besoin les uns des autres”. »


Oz Almog indique par ailleurs que, dans les pays arabes, il existe une nouvelle langue informatique pour les téléphones portables. Une langue qui, contrairement à l’arabe classique, utilise un mélange de caractères arabes et latins. « Les plus âgés ne la comprennent pas. Et les jeunes Arabes, eux, l’utilisent toute la journée pour communiquer », explique-t-il.


En Israël, contre toute attente, les Almog parient sur deux communautés inattendues : les Russes et les ultraorthodoxes. Ce sont elles qui vont devenir « la nouvelle élite israélienne », prédisent-ils de concert. Les chercheurs identifient en effet chez ces deux groupes des aspirations élevées et de réelles capacités.


A la fin de cette interview, on se prend à penser à sa propre famille… Mon épouse et moi-même avons quatre enfants : deux d’entre eux sont de la Génération XY, les deux autres de la Génération Y. Tous les quatre sont merveilleux et s’entendent très bien, mais les deux « fournées » ne se ressemblent pas du tout.


Nos enfants de la Génération Y nous fournissent une petite fenêtre sur leur monde, et cela nous donne beaucoup d’espoir et d’optimisme. Ils respectent profondément la planète et l’environnement, ils pensent différemment, de façon plus créative, et ils ont compris que les cloches de la mondialisation sont en train de sonner pour nous tous.


La Génération Y ne pourra pas faire pire que ce qu’ont fait la Génération X et celle du baby-boom. Et comme le démontre l’étude des Almog, elle peut même faire beaucoup mieux. Reste à espérer qu’elle s’y attèlera !



L’auteur de cet article est chercheur à l’Institut S. Neaman du Technion.


© Jerusalem Post Edition Française – Reproduction interdite


Related Content

February 11, 2018
Les nouveaux « judaïsants »

By DAN HUMMEL