La guerre du budget

Les coupes budgétaires proposées par Yaïr Lapid sont loin de plaire à tout le monde. Le ministre s’en est ouvertement pris aux harédim à la Knesset

By NIV ELLIS
April 30, 2013 13:31
4 minute read.
Yair Lapid part en guerre pour le budget

p4 JFR 370. (photo credit: Asaf Shilo/Israel Sun)

 
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Bataille rangée. Le ministre des Finances Yaïr Lapid a présenté son nouveau budget pour l’année 2013- 2014 en début de semaine dernière. Une présentation qui n’est pas allée sans mal et a suscité force critiques du côté de l’opposition. Lapid a promis de mettre « l’homme qui travaille » au centre de son nouveau programme politique, qui s’annonce malgré tout difficile pour la classe moyenne.
Le plan prévoit en effet 18 milliards de shekels de coupes budgétaires ainsi que 5 milliards de hausses d’impôts. La TVA devrait ainsi augmenter d’un point (rapportant 4 milliards de shekels à l’Etat), tout comme l’impôt sur le revenu (3 milliards), les taxes de vente (1 milliard) et l’impôt sur les sociétés (700 millions). Le plan prévoit également d’annuler l’exemption d’impôts sur la TVA des fruits et légumes (2,2 milliards), des fonds de formation (2,4 milliards), des fonds de pension (2,4 milliards), des plus-values foncières (200 millions) et de la TVA à Eilat (600 millions).
Intervenant à la conférence des études de sécurité nationale, à l’université de Tel-Aviv mardi 24 avril, le ministre s’est dit prêt à se battre pour défendre son projet. « Je sais que ce sera la guerre pour faire accepter certaines de mes propositions, et peut-être même toutes. Je dis donc : “partons donc en guerre” ».

Joute verbale 

Le ton était effectivement guerrier, lundi 23, à la Knesset.
L’opposition avait déposé 6 mentions de censure contre le ministre des Finances qui est monté à la tribune pour défendre son plan. Cette première prise de parole officielle de Lapid face aux parlementaires s’est soldée par une joute verbale d’une acerbité que la Knesset n’avait pas connue depuis longtemps entre le ministre et les députés du Judaïsme unifié de la Torah.
La liste des coupes budgétaires touche en effet la communauté ultraorthodoxe de plein fouet : fin des exemptions sur les taxes municipales, coupes dans les budgets spéciaux des écoles orthodoxes (pour le cas où elles n’enseigneraient pas le tronc commun de matières générales, ce que peu d’établissements risquent d’accepter) ainsi que des garderies et des écoles élémentaires ultraorthodoxes, coupes budgétaires pour les réseaux éducatifs ashkénazes et séfarades, les petites yeshivot (l’équivalent du lycée) et les séminaires (l’équivalent des études supérieures pour les jeunes filles) et ainsi de suite.
Les députés ultraorthodoxes ont donc vivement attaqué Lapid en l’accusant, tour à tour, de haïr les harédim, d’affamer les enfants d’Israël et de ne pas consacrer suffisamment de fonds à la défense. Ce à quoi le ministre a rétorqué que l’absence des partis ultrareligieux dans la coalition relevait simplement du jeu démocratique et que les citoyens d’Israël en avaient eu tout bonnement assez de recevoir des ordres de « Son excellence, le député Méïr Porush ».
Et d’enchaîner en ironisant sur les inquiétudes des harédim pour la défense quand ceux-ci ne s’enrôlent pas dans l’armée. « Mais ne vous inquiétez pas, nous enrôlerons tout le monde. Nous irons jusque dans votre cour intérieure pour chercher des soldats ! », a lancé Lapid. Avant de porter l’estocade : « Quant aux enfants, nous ferons le nécessaire pour qu’aucun enfant israélien n’ait faim. Mais je tiens à rappeler que les responsables de la sécurité financière d’un enfant portent un nom : ce sont ses parents. Il est impossible de faire des enfants en pensant qu’ils seront à la charge de quelqu’un d’autre. Chacun est responsable de sa propre progéniture ».
Ces dernières déclarations ont particulièrement choqué le monde harédi, car elles brisent un tabou parlementaire.
Aucun député n’avait auparavant osé s’en prendre si directement au nombre d’enfants dans les familles orthodoxes.
Enfin, Lapid ne s’est pas laissé impressionner par l’attaque de Porush, qui l’a accusé de poster des messages sur Facebook pendant Shabbat. Le ministre a répondu du tac au tac : « Je poste sur Facebook pendant Shabbat parce que je n’observe pas le Shabbat. Je ne vous dis pas quoi faire de votre Shabbat et vous ne me le direz pas non plus ».
L’ensemble de ces remarques ont provoqué un tollé sans précédent dans la presse ultraorthodoxe qui n’a pas hésité à taxer Yaïr Lapid d’antisémite. En réponse, ce dernier a annoncé qu’il ne détaillerait plus sa réforme économique à la Knesset, mais en d’autres endroits, ne souhaitant pas être constamment interrompu par les députés de l’opposition.
Une décision critiquée par le président de l’hémicycle, Youli Edelstein, qui la considère déshonorante pour le parlement.

Briser les monopoles 

Le Premier ministre Binyamin Netanyahou a défendu le programme de son ministre des Finances, arguant que son gouvernement s’attelait à réduire le coût de la vie, en brisant notamment les monopoles de marché et en assouplissant les règles de concurrence dans chaque secteur. Entre autres, Bibi a annoncé une réforme du statut des employés portuaires, dont les salaires constituent une exception de marché qui en irritent plus d’un, pour les semaines à venir.
Dimanche 28 avril, le cabinet ministériel a d’ores et déjà adopté une première réforme pour réduire le prix des véhicules. Au cours de cette même réunion, la création d’une commission ministérielle sur le coût de la vie, les cartels et la libre concurrence, a été votée. Elle sera présidée par le ministre de l’Economie et du Commerce, Naftali Bennett. Ce dernier s’est donné pour mission « d’ouvrir le marché israélien et réduire les prix ». Et de conclure : « Certains diront que nous allons trop vite. Mais j’affirme le contraire : nous devons aller encore plus vite et saisir l’année à venir comme une opportunité pour changer le visage du pays ».

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