Lapid : « Je veux être le Shas de la classe moyenne »

Les grands partis défendent leurs programmes économiques devant une assemblée d’hommes d’affaires.

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January 9, 2013 11:14
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Yair Lapid

Yair Lapid 311. (photo credit: Courtesy)

T el-Aviv – Hôtel Dan Panorama. Cinq candidats sont venus débattre de l’économie au cours d’un événement organisé par la Chambre de commerce, jeudi 3 janvier. Etaient présents : Shelly Yacimovich (Avoda), Yaïr Lapid (Yesh Atid), Avigdor Liberman (Israël Beiteinou), Tzipi Livni (à la tête du parti à son nom) et le ministre des Finances, Youval Steinitz (Likoud). Une pléthore de stars politiques, donc, pour venir discuter de l’avenir de la classe moyenne, des petites et moyennes entreprises (PME), de la fiscalité et des dysfonctionnements du système politique israélien devant un parterre d’entrepreneurs et d’hommes d’affaires. Pour Lapid, la hausse des taxes entrée en vigueur le 1er janvier illustre une absence de priorités du gouvernement. « La classe moyenne est devenue la vache à lait du Premier ministre Binyamin Netanyahou », a lancé l’ancien journaliste. Et de critiquer la hausse des impôts tandis que plusieurs budgets ne sont pas réévalués : salaires extravagants des travailleurs portuaires d’Ashdod, subventions à la communauté haredi et mauvaise gestion du secteur public. « Comment osent-ils siéger avec 34 ministres et vice-ministres puis se tourner vers la classe moyenne en affirmant qu’ils vont leur ponctionner 1 800 shekels supplémentaires ? », s’est indigné Lapid. Les ministres sans portefeuille coûtent 60 millions de shekels au contribuable, a-t-il continué, l’équivalent de ce que sollicitent les parents d’autistes en aides sociales. Le système politique est en partie à blâmer, a plaidé Lapid, en citant l’exemple du parti Shas qui accapare les fonds publics pour son propre électorat. « C’est ce que je veux être : le Shas de la classe moyenne », a-t-il conclu. L’ancien ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman était d’accord pour déclarer le système politique responsable de la mauvaise gestion économique. Et de pointer du doigt le seuil parlementaire qui, très bas, fait entrer de très nombreux partis à la Knesset et rend la gouvernance difficile. Selon les sondages, a-t-il rappelé, 14 formations obtiendront des fauteuils de députés le 22 janvier prochain. « Je ne dis pas que nous serons comme les Etats-Unis avec deux partis – notre démographie et notre sociologie ne le permettent pas – mais cinq ou six seraient largement suffisants ». De son côté, Yacimovich a voulu répondre aux fréquentes critiques de Steinitz sur le programme économique des Travaillistes qui, selon le ministre, fera fuir les investisseurs étrangers et détruira la croissance. « Notre plan n’augmentera pas les impôts des petites et moyennes entreprises. Au contraire, nous leur faciliterons la vie », a-t-elle lancé au Likoudnik. « Les très grandes entreprises payent entre 2 et 9 % de taxes, tandis que les PME payent la tranche maximale. Ce n’est pas logique et c’est inacceptable », a-t-elle fait savoir. S’exprimant à sa suite, le ministre des Finances a renchéri, avec toujours Yacimovich en ligne de mire. « Je ne sais pas ce qui est le plus incroyable : promettre de dépenser 140 milliards de shekels ou bien voir une personne qui n’a jamais rien dirigé, pas même la commission parlementaire des finances, et sans aucune expérience sécuritaire devenir Premier ministre », a-t-il déclaré. 

Livni renvoie capitalisme et socialisme dos-à-dos

 Livni, elle, s’est fendue d’une approche très différente. La priorité économique consiste, selon elle, à faire la paix avec les Palestiniens. « A mes yeux, le plus important pour l’économie et pour les disparités sociales, c’est un accord », a-t-elle expliqué avant de tacler la politique du Premier ministre Binyamin Netanyahou, qui, selon elle, isole l’Etat hébreu sur la scène internationale. Et de poursuivre : le budget du pays est « mal dirigé », vers les implantations et les ultra-orthodoxes, a-t-elle ajouté. « On dépense de l’argent pour déplacer les gens d’une colline à l’autre sur des lieux dont nous savons, malheureusement, et je répète, malheureusement, qu’ils ne feront pas partie du futur Etat d’Israël ». Livni s’est également prononcée pour la lutte contre la concentration de marché, mais contre l’incitation à l’égard des chefs d’entreprise eux-mêmes. La candidate centriste prône une approche médiane : protection des travailleurs, mais sans supervision gouvernementale rigide ; libre-concurrence, mais intervention étatique en cas de défection des marchés. Elle a ainsi cité les cinq droits de base qui doivent être fournis selon l’idéologue et leader révisionniste Zeev Jabotinsky : se nourrir, se loger, se vêtir, se soigner et étudier. Ce à quoi elle a ajouté la sécurité. « Je ne crois pas au capitalisme à la Netanyahou, sans aucune régulation gouvernementale, mais je suis également opposée au socialisme à l’ancienne que promeut Shelly Yacimovich ». L’assistance, très en verve, ne s’est pas gênée pour mettre les intervenants en difficulté, sifflant et huant sans vergogne. L’appel de Liberman, pour que le gouvernement reste à l’écart du secteur privé, a suscité les applaudissements d’une seule personne, tandis que la plaidoirie de Yacimovich pour une égalité sociale a soulevé l’enthousiasme du public. Le seul qui ne semblait pas vouloir se départir de sa réserve était le nouveau président de la Chambre de commerce, Ouriel Lynn. « Le gouvernement prend l’argent que vous gagnez et le distribue, mais il ne le gagne pas lui-même », a-t-il affirmé en guise d’introduction. Ancien député Likoud, il a loué le dynamisme de l’économie israélienne. Et appelé à créer des emplois, réduire la taille du gouvernement et renforcer le secteur privé. Mais émis des doutes sur la capacité gouvernementale à faire face à ces défis. « Le véritable moteur de la croissance est la motivation de tout un chacun de fonder une entreprise, de prendre des risques », a-t-il rappelé. « Jusqu’à présent, la Knesset d’Israël n’a pas réussi à comprendre ce fait basique ».


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