Le départ de Kahlon : bouffée d’air ou famille, je vous hais ?

Sur le pas de la porte, Moshé Kahlon continue d’affirmer : “Le Likoud est ma maison.”

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November 6, 2012 13:21
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Likud Minister Moshe Kahlon

Likud Minister Moshe Kahlon 311. (photo credit: Avi Hayun)


Moshé Kahlon quitte le monde de la politique. Sur le départ, le ministre de la Communication annonce qu’il ne formera pas de nouveau parti et continuera de soutenir le Likoud, selon ses propres affirmations samedi 3 novembre au soir.

“Le 14 octobre, j’ai annoncé que je souhaitais prendre congé de la vie politique pendant quelque temps et que je ne me présenterai pas aux élections de la 19e assemblée de la Knesset. Je me tiendrai à cette décision.” Telle est la profession de foi de Moshé Kahlon, en cette période de campagne. En précisant toutefois : “Le Likoud reste ma maison, proche de ma sensibilité sur les plans diplomatiques et sociaux.”

Kahlon s’amuse même des rumeurs de nouveau parti et met les choses au clair : “Ce n’est pas une coïncidence si vous ne m’avez pas entendu, la semaine dernière, m’exprimer sur mon nouveau parti. Car, la vérité, c’est qu’il n’y a pas de nouveau parti.” Fin du débat. Et pourtant, Moshé Kahlon était réclamé, sollicité. Selon l’intéressé, “il y a eu des pressions mais je n’ai jamais changé d’avis à ce sujet.” Sa décision est prise, donc.

Le ministre de la Communication a assuré le Likoud et son leader, l’actuel Premier ministre Binyamin Netanyahou, de son soutien indéfectible, en vue de remporter les élections du 22 janvier 2013. Kahlon serait également prêt à siéger dans une commission chargée de diminuer le coût de la vie et de réformer le système gouvernemental.

Il continuera de s’investir dans des causes sur le plan social, en dehors du gouvernement et indépendamment de la Knesset. Le ministre sur le départ a terminé son allocution en appelant la population israélienne à voter pour le Likoud le 22 janvier prochain.

Ses options pour l’avenir ? Suivre un programme d’études d’administration supérieure, au sein de la très prestigieuse Harvard Business School. Il aurait également pu se joindre à la liste d’union Likoud-Israël Beiteinou.

Trop tard maintenant pour se présenter.

Parmi les partis d’opposition, le départ de Kahlon est l’occasion d’attaquer le Likoud sur sa ligne politique concernant les questions sociales. Selon Shelly Yacimovitch, “les manipulations vont bon train mais la population n’est pas stupide. Elle sait bien qui formera un gouvernement qui se souciera des citoyens qui souffrent de la pauvreté, au lieu de veiller seulement au bienêtre des catégories aisées.” Et la leader du parti travailliste d’ajouter : “Que ceux qui en ont assez de Liberman et Netanyahou rejoignent nos rangs, pour qu’advienne un réel changement social !” Si, par son départ, Kahlon ne veut en aucun cas “affaiblir le Likoud”, ce n’est pas la vision de tous. Qu’on se le dise...

 


Likoud Beiteinou, une mauvaise idée pour la droite ? 


D’après un sondage du Jerusalem Post, la fusion du Likoud et d’Israël Beiteinou ferait perdre 4 sièges à la droite.


La liste commune Likoud-Israël Beiteinou remporterait 37 sièges lors de la 19e Knesset. Soit 5 mandats de moins que n’en comptent actuellement les deux partis séparément. Tels sont du moins les résultats d’un sondage réalisé par l’Institut d’études Smith pour le Jerusalem Post, jeudi 1er novembre. Une semaine après la décision de fusion des deux factions, beaucoup de leurs électeurs habituels se rabattent sur d’autres partis.




Quatre de leurs sièges bénéficieraient au parti travailliste, qui accumulerait 22 mandats dans la prochaine assemblée. Soit 9 de plus que dans l’actuelle Knesset.

Ce sont 500 individus représentatifs de la population israélienne en âge de voter, qui ont été interrogés pour réaliser ce sondage (marge d’erreur, 4,5 %).

Le 5e siège, qui a échappé au Likoud Beiteinou, reviendrait à Shas, qui obtiendrait alors 12 sièges.

Un autre sondage de l’Institut Smith, réalisé pour Israël Radio, estime que 45 % de la population soutient l’union de l’aile droite. Parmi ces 45 %, on compte 67 % des électeurs Likoud du précédent scrutin et 73 % de supporteurs d’Israël Beiteinou.

Selon le sondage du Jerusalem Post, le troisième parti le plus important au sein de la Knesset sera le parti de Yaïr Lapid, Yesh Atid, avec 13 sièges à son actif.

Kadima serait le grand perdant, en passant de 28 à 3 députés, et Meretz gagnerait deux sièges, passant de 3 à 5.

Si l’ancienne leader de Kadima, Tzipi Livni, acceptait de participer, elle comptabiliserait toutefois 8 sièges à elle seule et le Likoud Beiteinou perdrait encore un siège supplémentaire, passant à 36 au lieu de 37. Dans ce cas précis, Livni enlèverait 2 sièges au parti travailliste, qui tomberait à 20. Elle récupérerait également 3 sièges au détriment de Yesh Atid, un de Kadima et un de Meretz. Pourtant, même si Livni se présentait, elle n’est pas la personnalité la plus populaire au sein du bloc de centre-gauche, selon le sondage réalisé pour Kol Israël.

Dans la situation actuelle, entre Shelly Yacimovitch, Shaoul Mofaz et Yaïr Lapid comme potentiel leader du centre-gauche, Yacimovitch est de loin la préférée des électeurs, avec 37 % des suffrages, tandis que Lapid en rassemble 19 % et Mofaz 14 %.

Même si Livni et l’ancien Premier ministre Ehoud Olmert concouraient, Yacimovitch se maintiendrait donc en tête, avec 27 % des suffrages. Olmert obtiendrait 12 % et Livni 11 %. Ni l’un ni l’autre n’ont encore décidé de leur avenir politique. S’ils ont tous les deux reconnu être prêts à “changer le gouvernement”, ils n’ont pas précisé comment. Il leur reste jusqu’au 6 décembre pour prendre leur décision, délai légal pour les candidatures aux élections de janvier.


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