Le seul à blâmer

Binyamin Netanyahou, vainqueur technique des élections, est en réalité le grand perdan.

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January 29, 2013 14:20
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Prime Minister Binyamin Netanyahu delivers victory speech, January 22, 2013.

Netanyahu victory speech elections 370. (photo credit: Marc Israel Sellem)

Certes, des perdants, il y en a d’autres. Comme Shaoul Mofaz, qui, il y a quelques mois encore, louchait sur le poste de Premier ministre, aujourd’hui devenu officiellement un has-been. Ou Tzipi Livni, qui a tenté sa chance et vu ses tentatives politiques vouées à l’échec.

L’incapacité des travaillistes à conquérir la place de deuxième parti est également une déroute. Et, à une moindre échelle, Arieh Deri a échoué dans son ambition de rapporter au Shas plus de mandats que son rival, Eli Yishaï.

Pourtant, toutes ces déconvenues font pâle figure devant la perte d’un quart du total des voix que Netanyahou et son acolyte Avigdor Liberman ont recueillies aux précédentes élections.

La cause de ce flop est claire : Netanyahou a tout bonnement ignoré le centre. Depuis son fameux discours sur « la solution à deux Etats » en 2009, il a gagné les bonnes grâces de la droite et ignoré le courant politique dominant, supposant, à juste titre, que Kadima était un phénomène passager, et, à tort, que ses électeurs finiraient par tomber à ses genoux.

Aujourd’hui, Kadima est mort, mais le coeur de son message – une masse critique d’Israéliens pragmatiques sur tous les fronts – bat toujours.

Dans le même temps, le Premier ministre ne s’est jamais vraiment soucié d’entretenir un dialogue intellectuel avec ses partenaires « naturels », afin de vraiment sonder leurs esprits. S’il l’avait fait, il aurait conclu qu’il avait beaucoup moins en commun avec Moshé Feiglin du Likoud et Orit Noked de Habayit Hayehoudi qu’avec Yaïr Lapid et Rav Shai Piron de Yesh Atid. Lapid est clairement le grand gagnant des élections. N’a-t-il pas volé la vedette à Naftali Bennett ? 

Les trois options de Netanyahou

 Parler de Habayit Hayehoudi comme du deuxième parti en gestation s’est révélé sans fondement. Car avec tout le respect dû à ses accomplissements, les efforts de Bennett pour faire de son parti une vaste plateforme d’accueil pour non-pratiquants a échoué. Ses 12 sièges actuels sont tout juste ce que le parti National-Religieux historique a remporté jusqu’en 1977. Le voir restaurer ce chiffre est un exploit respectable, mais ne marque pas de nouvelle tendance dans la politique israélienne.

En revanche, la poussée de Yesh Atid montre que la classe moyenne supérieure, qui constitue sa colonne vertébrale électorale, reste solide, tout comme au temps de son père, Tommy Lapid, qui avait remporté 15 sièges, même à l’époque de Kadima. Cet électorat s’est rendu aux urnes avec dans la tête un ordre du jour purement local, éclipsant l’agenda du « Grand Israël » de Bennett d’une part, et celui de « la paix en notre temps » de Livni de l’autre.

Pour l’heure, trois choix se présentent à Netanyahou : ignorer la réalité et s’en tenir à ses alliés historiques du « camp national » ; composer une coalition avec Lapid, Bennett et Livni ; ou une coalition laïque avec Lapid et Shelly Yachimovich, qui jettera les bases d’un projet législatif en vue d’une prompte réforme politique.

Il est peu probable que Netanyahou choisisse cette dernière option.

Pourtant, des journées de négociations avec pléthore de nouveaux partenaires potentiels enhardis peuvent toujours lui faire changer d’avis.


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