Les héritiers

Qui sera le prochain Premier ministre ? 10 candidats qui pourraient remplacer Binyamin Netanyahou…

By GIL STERN STERN HOFFMAN
August 20, 2013 12:18
Guideon Saar, l'étoile montante.

P5 JFR 370. (photo credit: Marc Israël Sellem/The Jerusalem Post)


Questions de dynastie. Le 22 juillet dernier, après la naissance de Son Altesse royale le prince George Alexandre Louis de Cambridge, les commentateurs israéliens se sont précipités sur les réseaux sociaux pour se dire jaloux des Britanniques : les sujets de Sa Majesté n’ont pas de souci à se faire, ils connaissent d’ores et déjà leur 3e héritier du trône. Et d’ajouter, moqueurs, qu’eux-mêmes n’ont pas ce privilège car ils ne savent pas qui arrive en 3e position après le Premier ministre Binyamin Netanyahou et son épouse Sara.

La semaine dernière, la hernie de Bibi opérée en urgence prêtait moins au rire. Certes, le Premier ministre n’est demeuré inconscient que quelques heures durant, mais la procédure médicale a rappelé aux uns et aux autres que, bien qu’en bonne santé, à 63 ans, le « roi Bibi », ainsi couronné par le Time magazine, n’a pas encore d’hériter légitime.

Contrairement à l’ancien Premier ministre Ariel Sharon, qui avait nommé Ehoud Olmert Vice-Premier ministre, Netanyahou a pris soin de ne jamais désigner de dauphin. Le ministre de la Défense Moshé Yaalon a assumé l’intérim durant son opération, mais 3 autres ministres ont déjà occupé la vacance du pouvoir au cours de ces dernières années.

En matière de longévité à la tête du gouvernement, Netanyahou a déjà dépassé Itzhak Shamir, détenant la seconde position derrière l’indétrônable Ben Gourion, premier des Premiers ministres israéliens. Mais entre les décisions difficiles qu’il devra prendre au cours des négociations avec les Palestiniens, relancées la semaine dernière après 3 ans d’impasse, et le continuel virage à droite de son parti Likoud, il pourrait bien qu’il s’agisse là du dernier mandat de Bibi. Ce qui pose la question de sa succession. Qui sera le prochain locataire de la résidence de la rue Balfour à Jérusalem ? Il est trop tôt pour le dire. Voici néanmoins la liste des 10 candidats les plus probables.

Les coureurs en tête de peloton…

Moshé Yaalon, le modeste 
Yaalon a surpris en votant en faveur de la libération des détenus palestiniens à la fin du mois juillet, alors qu’il était parmi les 3 ministres qui s’étaient opposés à l’échange de prisonniers lors de la libération de Guilad Schalit, il y a près de 2 ans. Le ministre a justifié sa décision par « de nombreuses considérations d’ordre stratégique, qui seront peut-être dévoilées à l’avenir ». Considérations d’ordre étatique et non personnel. Il est certain qu’un virage général au centre serait dans l’intérêt de Yaalon, qui deviendrait alors une figure plus consensuelle. Les Israéliens ont tendance à considérer que les militaires de carrière, en particulier les anciens chefs d’état-major, ont fait leurs preuves en matière de leadership. Yaalon passe cependant pour plus intellectuel et plus modeste que certains de ses prédécesseurs. Une modestie qui pourrait tout autant s’avérer un avantage qu’un inconvénient. Récemment, il avait ainsi vu juste concernant un développement majeur au Proche-Orient. Mais au lieu de s’en gargariser et de chercher à attirer l’attention comme la plupart de ses collègues, Yaalon a demandé à la presse de ne pas parler… 

Silvan Shalom, l’averti 
Shalom n’a jamais dépassé le grade de sergent à l’armée. Mais le reste de son curriculum vitae n’en impressionne pas moins. Il est ainsi le seul élu israélien, en dehors de Netanyahou et du président Shimon Peres, à pouvoir se vanter d’avoir été à la fois ministre des Finances et ministre des Affaires étrangères. Il a également été nommé aux Sciences et vice-ministre de la Défense. Il est diplômé en droit, en économie, diplomatie publique et comptabilité. Autres atouts non négligeables : il est d’origine séfarade et a épousé l’héritière d’une des grandes familles israéliennes, Judy Nir-Mozes.

Après des années de conflit, Shalom s’est récemment rapproché de Netanyahou. Ce qui pourrait en faire un hériter naturel après le départ de l’actuel Premier ministre.

Guideon Saar, l’étoile montante 
Gardons à l’esprit que les militants du Likoud joueront un rôle important dans le choix du prochain Premier ministre. Et personne n’est plus populaire auprès de la base du parti que Saar, qui a remporté les deux dernières primaires du Likoud. En outre, l’élu plaît autant aux électeurs de gauche que de droite. D’un côté, il s’oppose à un Etat palestinien, mais de l’autre, il a voté pour la libération des détenus, soutient les efforts diplomatiques actuels et a été convié à s’exprimer lors des cérémonies officielles en la mémoire de l’ancien Premier ministre assassiné Itzhak Rabin.

Son mariage avec la présentatrice de télévision Gueoula Even l’a rapproché des masses et, dans quelques mois, la naissance de leur enfant devrait faire les gros titres et ressembler, de près ou de loin, à un bébé royal israélien.

Moshé Kahlon, le bien-aimé 
L’ancien ministre s’est retiré de la politique depuis près d’un an. Mais les Israéliens n’en pensent pas moins à lui tous les mois en ouvrant leur facture de téléphone portable. Sa réforme des télécommunications leur a permis de réduire leurs dépenses de téléphonie mobile de plusieurs centaines de shekels mensuels. Resté à l’écart du gouvernement actuel, il ne pourra pas être accusé des coupes budgétaires ni des échecs diplomatiques.

S’il a clairement affirmé qu’il se présenterait aux prochaines élections, sa mauvaise relation avec Netanyahou lui fera sans doute choisir un autre parti que le Likoud. Son origine séfarade et modeste devrait lui être utile, tout comme son éternel sourire.

Yaïr Lapid, l’incompris 
Il ne faut jamais enterrer quelqu’un trop vite en politique. Les commentateurs ont été nombreux à le déclarer mort ces derniers mois, et ils ont raison d’affirmer que la popularité de Lapid ne grimpera pas dans les semaines à venir, tandis que ses coupes budgétaires se feront de plus en plus ressentir. Mais les Israéliens sont connus pour avoir la mémoire courte. Si l’économie reprend bel et bien comme l’actuel ministre des Finances s’évertue à le répéter, les électeurs finiront par lui en être reconnaissants. Lapid a encore beaucoup de temps devant lui avant la prochaine élection et d’ailleurs, il aura largement son mot à dire quant à la date du futur scrutin.

Côté diplomatique, il a su entamer l’inévitable virage à droite nécessaire pour se faire apprécier et il possède certainement le plus de charisme parmi les futurs candidats du centre-gauche. Il a donc le plus de chances de l’emporter dans le camp du centre.

Isaac Herzog, le second 
Le sort du parti Avoda aux prochaines élections générales pourrait bien se décider d’ici la fin de la semaine. C’est-à-dire quand Herzog annoncera s’il se présente aux primaires travaillistes du 21 novembre prochain. L’élu ne devrait se lancer dans la course que s’il parvient à convaincre tous les concurrents de la présidente du parti Shelly Yachimovich de ne pas se présenter et de le soutenir. Mais il lui sera très difficile de battre sa rivale si ses opposants restent divisés.

En cas de victoire d’Herzog aux primaires travaillistes, le parti pourrait bien regagner une partie des électeurs qui ont donné leur voix aux autres partis de centre-gauche lors des dernières élections, rebutés par la personnalité de Yachimovich. Ainsi, si les électeurs de Yesh Atid ne se remettaient pas de leur déception envers Yaïr Lapid et que le Likoud présentait un candidat moyen, le fils de l’ancien président Chaïm Herzog pourrait alors devenir le prochain Premier ministre.

Shelly Yachimovich, la tenace 
La travailliste fait partie de la liste car elle est à la tête du 3e plus grand parti, et, en tant que chef de l’opposition, sa candidature est citée dans les motions de censure déposées à la Knesset. Reste que Yachimovich a encore un long chemin à parcourir avant d’être considérée comme une candidate sérieuse à la direction du pays.

Un chemin sur lequel elle a pourtant avancé ces derniers temps. Elle se fait entendre sur les questions diplomatiques, rencontre des dignitaires internationaux tels que le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon et doit s’exprimer à la prochaine conférence de J-Street à Washington le mois prochain. Elle a également usé de tactiques politiciennes pour prendre le contrôle des institutions de son parti et donner beaucoup de fil à retordre à quiconque essaierait de la détrôner. Le grand public pourrait se révéler autrement plus difficile à conquérir, mais Yachimovich n’en possède pas moins une faible chance.

Tzipi Livni, la revenante 
Tout comme Lapid, on la donne finie. Les sondages actuels lui prédisent même de ne pas dépasser le seuil parlementaire au prochain scrutin. Mais si la ministre de la Justice parvient à convaincre les sceptiques en signant un accord avec les Palestiniens qui obtiendrait la majorité lors d’un référendum populaire, alors sa cote rebondirait immédiatement et le camp de centre-gauche pourrait se rassembler derrière elle.

Ehoud Olmert, la fine lame 
Même s’il était acquitté de tous les chefs d’accusation qui pèsent encore contre lui, Ehoud Olmert ne se débarrassera jamais de son image de corrompu. Reste qu’il ne serait pas le premier politicien à faire un retour inédit.

Les bonnes relations d’Olmert avec de nombreux décisionnaires israéliens, quel que soit leur bord politique, pourraient en outre l’aider à rassembler le centre-gauche mieux que tout autre. Il pourrait alors fédérer une équipe de gagnants, comme Kadima en son temps, et tenter de récupérer son ancien job.

Shimon Peres, l’éternel 
Aucune liste de ce genre ne saurait être complète sans le président Shimon Peres. Longtemps après que celui-ci reposera au mont Herzl, ses adversaires continueront de craindre son retour… Peres a exclu de revenir en politique à la fin de son mandat présidentiel, à l’été prochain. Mais s’il était suffisamment sollicité par des éléments dans sa famille politique, ce ne serait pas la première fois qu’il briserait une promesse dans sa longue carrière politique. D’ailleurs, même si les élections se tenaient en novembre 2017, ce qui est peu probable, Peres n’aura que 94 ans. Et le président a-t-il jamais vraiment pris de l’âge ? 

Et les autres… 

Gabi Ashkénazi, le perdant ? 
L’affaire Harpaz a récemment pris une nouvelle ampleur, portant un coup aux ambitions de l’ancien chef d’état-major. Ambitions que son ennemi juré et ancien Premier ministre Ehoud Barak est bien décidé à contrer. Cela se présente mal pour Gabi Ashkénazi.

Avigdor Liberman, l’oublié ? 
Idem pour l’ancien ministre des Affaires étrangères, qui attend toujours d’être blanchi dans son procès pour corruption et abus de confiance. Les nouveaux députés du Likoud s’opposeront à toute fusion entre Israël Beiteinou et le parti de la majorité. Même acquitté, Liberman ne devrait pas bénéficier du soutien d’un grand parti pour se présenter.

Yaïr Netanyahou, l’héritier ? 
N’en déplaise au Time magazine, Israël n’est pas une monarchie. L’aîné des Netanyahou vient d’achever sa première année à l’Université hébraïque. Il s’est montré très actif au sein d’associations étudiantes de droite et partage les opinions de son père, dont il a hérité du charisme. Il aurait même fait le vœu de se lancer dans la vie publique… Mais il faudra sans doute encore attendre quelques années avant de penser qu’il puisse un jour marcher dans les traces de Netanyahou père.


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