Pas d’accord pour le bloc de centre-gauche

Yaïr Lapid, Shelly Yacimovich et Tzipi Livni se sont rencontrés « dans une atmosphère conviviale ».

By SYLVIE BERG ET GIL STERN STERN HOFFMAN
January 9, 2013 11:09
4 minute read.
TZIPI LIVNI announces the formation of new party

Tzipi Livni 300 (R). (photo credit: Nir Elias/Reuters)

Il n’y aura pas de bloc d’opposition contre le futur gouvernement « extrémiste » du Premier ministre Binyamin Netanyahou. C’est ce qu’a déclaré Tzipi Livni, lundi 7 janvier au matin. La candidate centriste n’a pas réussi à conclure un accord avec la chef des Travaillistes, Shelly Yacimovich, et le président de Yesh Atid, Yaïr Lapid.

Dans un communiqué commun publié dimanche soir après leur réunion, les trois dirigeants ont affirmé que la rencontre s’était déroulée dans une « atmosphère conviviale » et pourrait se répéter en cas de besoin. Objectif du rendezvous ? La formation potentielle d’une coalition de centregauche pour affronter Netanyahou au scrutin du 22 janvier.

C’est Livni qui en a lancé l’idée, vendredi 4 janvier au cours d’un entretien au journal télévisé d’Aroutz 2, deux jours après que Yacimovich se soit distinguée en annonçant qu’elle préférerait être chef de l’opposition que de rejoindre une coalition menée par Bibi.

S’adressant à la radio militaire lundi matin, Livni a déclaré : « Nous n’avons pas fait le nécessaire, qui aurait été de publier un communiqué commun, affirmant que nous travaillerons main dans la main et ferons en sorte que le choix soit clair : soit un gouvernement d’union nationale sur la base de nos idées, soit un gouvernement extrémiste dont les Israéliens ne veulent pas ».

Au cours de la réunion, Livni a également admis, pour la première fois, qu’elle « ferait avec » si Yacimovich devait former le prochain gouvernement, et non elle-même.

Selon la radio militaire, Livni aurait affirmé à son adversaire travailliste qu’il était dans son intérêt de se joindre à elle, car Avoda est le plus gros parti du bloc et il « est en bonne position pour former le gouvernement ».

De son côté, Yacimovich a réitéré son appel à Livni et à Lapid pour qu’ils s’engagent publiquement à ne pas siéger dans un gouvernement dirigé par Netanyahou. « Pour que les Israéliens sachent que nous avons la réelle intention de combattre Netanyahou, nous devons tous exclure la possibilité de le rejoindre », a martelé la candidate dans la journée de lundi.

Par ailleurs, toujours selon la radio militaire, et selon une information du ministre (Likoud) de l’Education, Guideon Saar, les leaders du centre-gauche auraient décidé au cours de leur réunion de rencontrer le parti Meretz et les représentants des formations arabes afin de s’assurer que le futur Premier ministre les reconnaisse en tant que bloc unique.

Un lit de roses pour Livni 

Une fois de plus, Binyamin Netanyahou devrait faire envoyer des fleurs à l’ancienne ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni. Le mois dernier, lorsqu’elle a décidé de former un parti indépendant, au lieu de concourir sur la liste travailliste, Bibi aurait déjà pu lui offrir des roses.

Car si elle avait rejoint le plus grand parti de centre-gauche alors que le Likoud baissait dans les sondages, la course aux élections aurait été bien plus serrée.

Mais au contraire, Livni a formé son propre parti, divisant par cela le vote anti-Netanyahou. Aussi Bibi pouvait-il dormir sur ses deux oreilles, assuré qu’il était de renouveler son mandat lors des élections du 22 janvier.

Et là encore, Livni vient d’enlever une épine du pied à Netanyahou, en appelant à une alliance à la Knesset entre la formation de Yaïr Lapid, Yesh Atid et le Parti travailliste de Shelly Yacimovich. Ses intentions auraient pu être bonnes si l’unité avait abouti.

Mais Livni aurait dû se douter qu’en aucun cas Yaïr Lapid n’accepterait ses manigances. Il semble, pour sa part, déterminer à tout faire pour rendre le gouvernement Bibi aussi modéré que possible. Livni aurait aussi dû s’attendre à ce que Yacimovich ne s’allie jamais à une coalition qui n’a pas explicitement refusé de siéger dans une coalition Likoud, ce à quoi Livni ne s’est pas fermement opposée.

L’idée du méga-parti de gauche tombe donc à l’eau. Mais il ne devrait pas être trop tard pour effrayer les électeurs de droite, ce qui était le dessein principal de la manoeuvre de Tzipi.

Netanyahou avait pourtant prévenu : le vote pour les partis satellites tend à affaiblir le Likoud. Mais plus il a averti, plus les électeurs ont jeté leur dévolu sur le Shas et Habayit Hayehoudi au détriment de son parti. Ce schéma a toutefois été bouleversé vendredi.

Merci qui ? Tzipi

Soudain, il n’était plus utopiste d’imaginer un changement de tête au bureau du Premier ministre. La place ne semblait plus garantie à Bibi. Ce n’est pas très chic pour un Premier ministre israélien de courir d’interviews en interviews pour répondre aux scandales naissants. C’était encore moins une bonne idée pour Netanyahou d’attaquer de plein front Naftali Bennett le mois dernier.

Mais les choses se sont calmées. Pour tout cela, Netanyahou peut dire merci à Livni, dont les manoeuvres politiques continuent d’affaiblir le bloc de centre gauche. Elle ne cesse d’aider celui qui, assez paradoxalement, elle dit détester…


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