Peres se met la droite à dos

Après la déclaration de Shimon Peres, le Likoud-Beiteinou a annoncé être en désaccord avec les propos du président.

By HERB KEINON ET GREER FAY CASHMAN
January 1, 2013 15:15
3 minute read.
President Peres addresses ambassadors

Peres addresses ambassadors 370. (photo credit: GPO)


Une déclaration inattendue. Dimanche 30 décembre, lors de la conférence réunissant les ambassadeurs israéliens à l’étranger, le président Peres a affirmé qu’il rejetait l’idée selon laquelle Mahmoud Abbas, le chef de l’Autorité palestinienne, ne serait pas un partenaire pour la paix. Des propos qui se situent résolument du côté de la solution à deux Etats.

En réaction, le Likoud-Beiteinou a accusé Peres d’être déconnecté de l’opinion publique. « C’est bien malheureux que le président ait choisi d’exprimer un point de vue politique personnel qui va à l’encontre de l’opinion publique, surtout lorsque l’on sait qu’Abbas refuse la paix », a déclaré le parti. « C’est d’autant plus déplacé que cette position encourage les critiques envers Israël, et qu’elle a été défendue devant nos ambassadeurs », a continué le Likoud-Beiteinou.

Et d’ajouter que le Premier ministre Binyamin Netanyahou avait de nombreuses fois appelé Abbas à revenir à la table des négociations, mais que ce dernier avait toujours refusé et préférait agir contre Israël dès qu’il le pouvait.

De son côté, Bibi s’est contenté de déclarer qu’il maintiendrait ses entretiens réguliers avec le président israélien.

Le bloc de centre-gauche monte au créneau 

Pour Shelly Yacimovich, le Likoud-Beiteinou a dépassé les bornes. « Dire que Peres encourage les critiques envers Israël est très mesquin », a-t-elle réagi. « Peres est en première ligne pour défendre le pays et encaisse les coups un par un. C’est notre meilleur ambassadeur. ». Aux yeux de la travailliste, la solution à deux Etats contribuera à maintenir une majorité juive en Israël, et protègera le rêve sioniste.

Attaquer Peres sur ce sujet intolérable, a-t-elle conclu.

Tzipi Livni a également pris part au débat. Selon elle, « le président a agi avec responsabilité et dit la vérité ». « C’est ainsi que doivent penser ceux qui tiennent à Israël », a-t-elle ajouté.

Yaïr Lapid, leader du parti Yesh Atid, s’est exprimé à son tour. Et affirmé que le gouvernement actuel ignore tous les intérêts diplomatiques de l’Etat, laissant le conflit israélopalestinien en héritage à la prochaine génération.

Dans son discours, Peres a souligné plusieurs priorités : « La première chose qui doit être faite est d’établir un accord de paix avec les Palestiniens, sans délai aucun. Une nette majorité de la population est en faveur de deux Etats pour deux peuples ». « Abbas est le seul leader arabe à avoir déclaré publiquement qu'il était en faveur de la paix, et contre le terrorisme. Ses actions pour prévenir le terrorisme sont courageuses », a insisté Peres.

« Ceux qui ne veulent pas deux Etats pour nos deux peuples doivent proposer une alternative », a ensuite lancé le président. « Un Etat binational met en danger le sionisme, le judaïsme et la démocratie israélienne. Je voudrais bien que nous puissions vivre ensemble, mais sur cette petite terre où la haine, la suspicion et les différences culturelles sont si grandes, cela est impossible. » Peres a également évoqué la diplomatie du pays et appelé à ce que les négociations s’opèrent sous le signe de la modération et du dialogue. En bon diplomate, il a ajouté qu’il valait mieux être « un lion dans la peau d’un agneau qu’un agneau qui rugirait comme un lion ».

Peres a noté la réelle envie de paix d’Israël. Il a pris comme exemple l’ex-Tchécoslovaquie pour illustrer un bon modèle de solution à deux Etats en montrant que la séparation de ce pays en deux républiques avait aujourd’hui fait ses preuves des deux côtés.


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