Talmudiste laïque

La députée Ruth Calderon met les laïcs et les harédim au défi de s’allier, dans le respect mutuel.

By ROBERT SLATER
July 4, 2013 10:39
"Ma rencontre avec le Talmud a été comme une rencontre amoureuse"

P11 JFR 150. (photo credit: Marc Israël Sellem/ Jerusalem Post)

 
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Tandis que les ultraorthodoxes crient et crachent sur la laïcité et que les laïcs abandonnent les villes israéliennes qu’ils jugent « trop ultraorthodoxes », une révolution serait-elle en marche à la Knesset ? C’est en tout cas l’objectif de cette nouvelle députée au langage singulier, qui entend bien utiliser ses nouvelles fonctions comme tribune, pour permettre aux laïcs de ravir aux ultraorthodoxes leur quasi-monopole sur le judaïsme.

Si Ruth Calderon devait y parvenir, ou du moins tracer une voie dans cette direction, elle ébranlerait le statu quo qui règne entre ultraorthodoxes et laïcs, en vigueur depuis la création de l’Etat d’Israël. Ce statu quo, qui confère à des milliers d’ultraorthodoxes le privilège d’étudier la Torah au lieu de rejoindre les forces de défense israéliennes ou d’entrer sur le marché du travail, est de plus en plus mal perçu par les non-religieux, réticents à porter seuls le fardeau de l’armée.

Son franc-parler, assorti d’un ton non moralisateur, la douceur de sa voix, qui ne trahit aucune colère, sans compter sa vaste érudition talmudique, font de Calderon une incontestable star parmi les 53 nouveaux députés (sur les 120 que compte la Knesset), élus en janvier dernier.

A 51 ans, même si elle a gardé longtemps un certain mépris pour la politique, elle ne boude pas le nouveau rôle qui lui est offert. « Je dois vous dire avec surprise que je m’amuse », confie-t-elle au Jerusalem Post. « Je sens tous mes neurones au travail. C’est un poste qui vous fait sentir que toutes vos capacités sont sollicitées. »

En février, quand elle apprend qu’elle doit prononcer un discours inaugural de 10 minutes à la Knesset, Calderon envoie un texto à Yaïr Lapid, le chef du parti Yesh Atid pour lui demander : « Puis-je enseigner quelque chose ? » Car elle est réticente à l’idée de prononcer un discours purement politique, dès ses premiers jours comme membre de la Knesset. « Oui », répond Lapid, « à la condition que vous ne fassiez pas une havrouta », c’est-à-dire forcer les députés laïcs et les ultraorthodoxes à devenir des partenaires d’étude.

Cette native de Tel-Aviv, forcera alors l’admiration le 12 février dernier, quand elle donne une leçon talmudique de 14 minutes, avec force références et citations. Et tire un coup de semonce à l’adresse des ultraorthodoxes, en déclarant tranquillement mais fermement : « La Torah n’est pas la propriété d’un courant unique. Nous avons cédé l’exclusivité de l’étude, à une époque où l’urgence était de construire l’Etat et de le doter d’une armée, de construire nos infrastructures, notre agriculture et notre industrie. Mais maintenant, il est temps de reprendre cet héritage qui nous appartient aussi. » 

Celle par qui la polémique arrive 

Les libéraux juifs, bien sûr, s’empressent d’applaudir. Quant aux ultraorthodoxes, déroutés, ne sachant trop sur quel pied danser, sans doute parce que trop habitués à être la cible des laïcs s’en prenant régulièrement à leur mode de vie, ne pouvant la cataloguer, choisissent de voir en elle un loup déguisé en mouton. En conséquence, ils adoptent le même rejet et usent du langage caustique habituellement réservé aux laïcs qui cassent du religieux sur le dos des ultraorthodoxes.

Dès le lendemain, dans son éditorial, le site ultraorthodoxe Kikar Hashabbat, écrivait : Calderon représente « une nouvelle stratégie à l’oeuvre, incarnant des forces négatives d’un genre nouveau, appliquée à faire disparaître la communauté harédite telle que nous la connaissons. Ils nous mettent en danger », prévient encore le site, « car ils utilisent nos valeurs et nos connaissances pour nous combattre ».

A la grande surprise de Calderon, son discours mis en ligne sur Youtube, atteint presque immédiatement les 171 000 vues, un bien meilleur score que ne l’a fait Lapid, le chef de son parti, pour son discours d’investiture à la Knesset.

Mis à part les enjeux religieux, Calderon crée la polémique dans un autre domaine. A peine élue, elle demande que l’hymne national soit modifié pour le rendre plus ouvert et parlant aux citoyens arabes.

Lors d’une conférence sioniste religieuse de droite à Ramle en avril, elle décrit la position anti-arabe du mouvement comme raciste.

Le 14 mai dernier, j’étais assis avec elle à une table dans la salle à manger de la Knesset, alors que les députés, occupés aux ultimes négociations sur le budget s’agitaient autour de nous. Toute fraîche dans l’hémicycle, elle se sentait déjà chez elle. Et conversait avec les membres de la Knesset de tous bords, aussi bien laïcs qu’ultraorthodoxes. « Nous allons passer des centaines d’heures ensemble entre ces murs », confie-t-elle, « alors autant dialoguer ».

N’en déplaise aux autres férus de Talmud plus didactiques, Calderon a l’esprit ouvert et non dogmatique. Elle déteste la violence verbale qui règne à la Knesset, la qualifiant de manipulation lamentable. « Ce ne sont pas simplement des mots. Ce sont des armes avec lesquelles les membres de la Knesset cherchent à blesser leurs rivaux, en leur assénant des coups bas. C’est incompréhensible pour moi », dit-elle, espérant vivement devenir un exemple pour semer les jalons d’un partenariat empreint de respect, entre le camp laïc et les ultraorthodoxes.

Un faible pour la judéité 

Pendant les trois décennies de sa carrière qui précèdent son entrée à la Knesset, Calderon fonde un certain nombre de centres d’études juives, de tendances pluralistes. Elle espère construire une nouvelle culture hébraïque, qui permettrait à des centaines de milliers d’Israéliens d’étudier au sein des institutions, « mais qui ne prétendrait pas leur dicter la bonne manière d’être juif. »

 Bien qu’elle rencontre un succès d’estime notoire pour ses efforts, elle manque de budgets et de moyens d’action qui lui permettraient d’initier un changement réel au sein de la société. Mais, maintenant, en découvrant l’influence que peut avoir un membre de la Knesset, elle se dit plus optimiste : « C’est incroyable, le pouvoir que cela donne. On se voit vite comme dans un miroir grossissant. »

Issue d’une famille résolument laïque de Tel-Aviv, avec une mère venue d’Allemagne et un père bulgare, la jeune Calderon absorbe vite le sionisme convaincu de ses parents, tout en se demandant ce que pourrait bien être le judaïsme. « J’avais une sorte de petit faible pour la judéité », fait-elle remarquer. « J’étais fascinée, intriguée et attirée par la chose juive ».

Elle n’a eu aucune révélation au moment où elle commence à étudier le Talmud. Mais se souvient : enfant, elle remarque déjà les clivages qui règnent dans la société israélienne.

« Soit vous êtes laïcs et ne touchez pas aux textes sacrés, soit vous êtes religieux et vous vous consacrez à l’étude. » Elle se souvient de son père évoquant son grand-père, un rabbin bulgare, qui possédait un exemplaire du Talmud recouvert de coquillages blancs.

Le Talmud, une histoire d’amour

Au début des années 1980, elle fait son service militaire comme éducatrice. Et déjà, elle invite des experts et des chercheurs spécialisés pour proposer des conférences aux soldats sur l’identité juive en général et le Talmud en particulier. A la fin de son service militaire, elle demande à un professeur, où il lui serait possible d’entreprendre des études talmudiques sérieuses. Il lui suggère de s’inscrire au Collège académique Oranim dans le nord d’Israël.

« Je ne pensais pas faire carrière dans ce domaine, je le voyais plutôt comme une source d’enrichissement personnel. J’avais besoin de le faire. Il me manquait quelque chose », avoue-t-elle. Dans son discours à la Knesset, la jeune femme a expliqué comment le Talmud a rempli ce vide. « Ma rencontre avec le Talmud a été comme une rencontre amoureuse. J’ai tout de suite été passionnée par son langage, son humour, sa pensée profonde, son aspect pratique, et enfin la profonde humanité et la maturité de pensée qui s’en dégage. J’ai senti que j’avais trouvé là l’amour de ma vie, ce qui m’avait manqué jusque-là », avoue-t-elle.

Au terme de ses études à Oranim de 1982 à 1985, elle obtient un diplôme d’enseignement d’études bibliques. Déjà pendant son séjour à Oranim, elle met sur pied un programme d’enseignement, pour éveiller les enfants de kibboutz à leur identité juive, mais « d’une manière laïque ». C’est le début des efforts de Calderon pour créer des institutions, en vue de la construction d’une nouvelle culture hébraïque, dans l’espoir de favoriser la création de ponts entre les laïcs et le judaïsme traditionnel.

Universitaire dans l’âme, Calderon s’inscrit au département de Talmud de l’Université hébraïque de Jérusalem pour préparer un master puis un doctorat. Ses études talmudiques ne la rendent pas plus religieuse pour autant, dit-elle, mais elles la rendent plus juive, et lui permettent d’affirment sa judéité de façon plus profonde encore. « Le Talmud m’a donné une langue, des mots pour exprimer ce que je ressens et il a enrichi ma manière de vivre », dit-elle.

La naissance d’une vocation 

En étudiant à l’institut Hartman de 1985 à 1989, qu’elle se demande pour la première fois pourquoi les laïcs n’auraient pas eux aussi une maison d’étude ? Pourquoi n’auraient-ils pas droit à un lieu d’étude qui leur serait propre ? Pourquoi faut-il toujours qu’ils soient des invités chez les autres ? En 1989, elle s’attelle à la création d’un tel endroit : elle fonde la maison d’étude Elloul à Jérusalem, et son programme d’apprentissage d’un judaïsme pluraliste. C’est le premier lieu d’étude mixte, ouvert tant aux religieux qu’aux laïcs.

Puis elle poursuit des études à l’école Mandel, spécialisée en leadership pédagogique à Jérusalem, et se concentre sur les politiques gouvernementales, éducatives et philosophiques. En 1989, elle épouse Guy Ben-Shahar, qui travaille dans le social au kibboutz Efrat. Le couple a trois enfants, deux filles et un garçon, mais en 2008, ils divorcent.

En novembre 1995, advient un événement clé qui va façonner le reste de sa vie : l’assassinat du Premier ministre Itzhak Rabin. Cet événement marque une crise qui la touche, elle et son établissement : « Nous avions le rêve de construire un pont entre les communautés religieuses et laïques », se souvient-elle. « Mais l’assassinat nous a fait comprendre que l’écart était beaucoup plus profond que nous l’avions estimé. »

Elle ressent alors le besoin d’aller à Tel-Aviv. « L’assassinat de Rabin m’a secouée », note Calderon. « Je cherchais des réponses dans le mouvement des kibboutzim et le sionisme religieux, j’ai été déçue par l’idéologie de ces communautés. Je voulais retourner à l’origine des valeurs simples de l’humanité. » 

Elle demande alors au comité d’administration d’Elloul d’ouvrir un second établissement à Tel-Aviv, mais il ne souscrit pas à sa requête, au motif que la ville serait une sorte de Far West américain. « Un peu comme un lieu non juif, une sorte de Los Angeles. » Calderon décide alors de fonder son propre établissement éducatif, dédié au renouveau de la culture hébraïque. En 1996, elle inaugure Alma, la maison de la culture hébraïque de Tel-Aviv, conçue pour être un point de rencontre entre la culture juive, la culture israélienne et la culture générale, persuadée qu’Israël a tout à gagner à un enseignement qui n’afficherait plus ouvertement son obédience. « J’ai senti qu’il était dommage que de telles écoles n’existent pas », dit-elle. « Etre formé comme ingénieur, en Israël, n’ouvre pas votre esprit ».

L’école propose des cours d’histoire, de philosophie, d’art et de poésie. Calderon y enseigne elle-même le Talmud. Mais avec seulement 200 élèves, l’école n’atteint pas le quota minimum requis pour être accrédité et habilité à remettre des diplômes.

Une nouvelle culture hébraïque 

Pour contribuer à l’émergence de cette nouvelle culture hébraïque, les responsables d’Alma invitent des auteurs, musiciens, peintres, personnalités de la télévision, poètes, danseurs à venir étudier ensemble pendant deux ans, autour d’un programme appelé « Les grands livres ».

Dans un premier temps, les invités rechignent, « naturellement hostiles à tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à une institution religieuse », fait remarquer Calderon, « ils se méfiaient et nous soupçonnaient de vouloir les manipuler pour les amener sur le terrain de la religion.

A Tel-Aviv, cette suspicion est récurrente à un point, c’est comme si vous alliez tomber malade, rien qu’en apprenant quelque chose sur le judaïsme. Mais je leur ai expliqué qu’il s’agissait de leur rendre leur héritage. Je leur ai dit : vous avez du talent et le droit de vous approprier le judaïsme, au même titre que les ultraorthodoxes. » Après avoir intégré Alma, ces personnalités de la culture sont animées d’un nouveau souffle, écrivent de nouvelles chansons, montent des expositions d’art, lancent des séries TV, que Calderon considère comme le fruit de cette nouvelle culture hébraïque. Elle cite l’auteur David Grossman et le musicien Koby Oz comme exemples d’artistes, inspirés dans leur travail par leurs études à Alma.

En 1999, elle anime une émission de télévision qui accueille des invités pour qu’ils s’expriment autour de textes juifs classiques et modernes. Elle invite alors Yaïr Lapid, journaliste à l’époque, à son émission. En lisant un passage de la Torah qui était au programme, Lapid prononce le nom de Dieu « Yahvé » au lieu de « Elohim ». Traditionnellement considéré comme le véritable nom de Dieu, le tétragramme (youd, hé, vav, hé qui se prononce Yahvé) est trop sacré pour être formulé et n’est prononcé qu’en de très rares occasions.

La rencontre avec Lapid, le tournant 

Commence alors un échange épistolaire entre Lapid et Calderon. Celle-ci lui reproche d’abord vertement son dérapage, qui l’a embarrassée et offensée. Elle lui écrit suite à l’émission, « je n’aime pas ce que vous avez fait ». Mais leur correspondance va amener Calderon à apprécier de plus en plus Lapid, jusqu’à être impressionnée par l’homme. Il contribue financièrement à Alma et fait appel à elle, alors qu’il travaille à son livre sur les héros juifs.

Mais Guy, encore son mari à l’époque, est appelé aux Etats- Unis comme envoyé d’une entreprise philanthropique juive et le couple quitte Israël pour s’installer à Lingston, dans le New Jersey de 2002 à 2004. Dès son arrivée, Calderon espère créer des foyers de nouvelle culture hébraïque, suggérant des programmes d’études dans les institutions juives, lesquelles déclinent sa proposition en raison du calendrier. « Nous sommes fermés. Nous sommes en vacances », lui répond-on.

Finalement le rabbin Andy Bachman lui propose de donner un cours qui porterait sur « la fête de Shavouot et la réparation », au centre Hillel de New York. C’est le succès ; 500 personnes se déplacent pour l’entendre. D’autres interventions vont suivre, qui connaîtront une audience croissante. « J’ai donc eu la satisfaction de pouvoir promouvoir la culture juive devant un public américain, » se souvient-elle avec plaisir.

En 2010, Lapid, qui écrit alors dans les colonnes du journal Yedioth Ahronoth, dresse sa liste ministérielle idéale qui proposerait Calderon au poste de ministre de la Culture. Elle lui fait savoir qu’elle n’est pas faite pour la politique et lui dit sans détour : « C’est la dernière chose au monde dont je serais capable. Je suis trop sensible. Ils vont me manger crue.

Je ne suis pas faite pour ça. Mon domaine, c’est l’éducation et la culture. » Et comme pour étayer ses dires, elle accepte le poste de directrice de la culture et de l’éducation, à la Bibliothèque nationale.

Les sirènes de la politique 

À l’automne 2012, avec les élections de janvier qui se profilent, Lapid forme un parti politique. Il fait appel à Calderon, en espérant qu’elle rejoindra son équipe. Fin de non-recevoir : « Ne comptez pas sur moi », répond-elle à Lapid. Mais ses certitudes se fissurent et elle commence à douter sérieusement du bien-fondé de son inflexible volonté de se tenir loin de la politique. Elle est de plus en plus lasse de son travail à Alma. L’institution a certes pris de l’ampleur sur le plan spirituel, mais souffre de carences budgétaires et son fonctionnement pâtit de ressources financières dérisoires.

Elle prend conscience que son institution pourrait bénéficier d’un soutien politique. Mais sa détermination naissante est encore fragile et ses désirs contradictoires. Elle se sent tiraillée entre un désir d’entrer en politique et son travail à la Bibliothèque nationale qui lui plaît : « J’ai eu un formidable travail là-bas et pour la première fois de ma vie, j’avais un budget de la Fondation Rothschild. Je pouvais faire la culture comme j’en rêvais. » Mais au fur et à mesure que le parti politique de Lapid prend tournure, et qu’il prend pied sur l’échiquier politique, Calderon se sent de plus en plus attirée par la politique et plus particulièrement par l’approche de Lapid dans ce domaine.

C’est alors qu’il fait un pas décisif vers elle avec une offre impossible à refuser : « Vous serez notre boussole morale », lui propose-t-il et lui offre un siège à la 13e place sur la liste de son parti Yesh Atid, au moment où les sondages ne lui laissent guère d’espoir de remporter plus de 9 à 11 sièges. Calderon est prête à s’en contenter. « Je voulais bien faire un peu de politique, mais pas trop. Numéro 13 cela me convenait tout à fait ».

Une députée hors-norme 

Et cette fois-ci elle se lance. « Ce que j’aimais dans ce nouveau parti, c’est qu’il était la première formation politique à ne pas être homogène », dit-elle. « Composée de religieux, de laïques, d’immigrants éthiopiens, etc., ses membres venaient tous d’horizons très différents et, pour la plupart, faisaient leurs premiers pas en politique. Ils tous avaient une carrière dans d’autres domaines à leur actif. Et savaient comment monter un budget et lever des fonds ».

Puis vient l’élection de janvier 2013 et Yesh Atid prend tout le monde de court, en remportant 19 sièges à la Knesset. Le parti arrive deuxième après le Likoud-Beiteinou et ses 31 voix, et devance le parti travailliste relégué en troisième position avec 15 sièges seulement. Ruth Calderon, numéro 13 sur la liste, devient députée. Elle est vite rattrapée par le succès de son premier discours, dont la teneur fait le tour de la blogosphère en un éclair.

Maintenant c’est à elle de décider du rythme à donner à sa révolution. Elle envisage de proposer une loi visant à la création d’une structure pluraliste, au service de l’éducation juive, au sein du ministère de l’Education. Elle a aussi le projet de se servir des médias pour sensibiliser l’opinion publique, « au phare qu’est la culture juive ».

Ruth Calderon s’impose d’ores et déjà comme un député hors-norme. Sa montée en flèche fait des remous dans l’arène politique et lui donne un nouveau souffle.

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