Un enrôlement controversé

Les sanctions pénales contre les harédim qui refuseront de s’enrôler ont été adoptées par la commission Peri.

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June 4, 2013 12:40
3 minute read.
Yeshivot et service militaire feront-ils un jour bon ménage?

P5 JFR 370. (photo credit: Reuters)

 
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Mercredi 29 mai, les sanctions pénales ont finalement été adoptées par la commission Peri.

A compter de 2017, un jeune orthodoxe qui refusera de faire son service militaire pour motifs religieux sera passible d’emprisonnement. Alors que Yaïr Lapid célébrait la victoire de son parti, les députés harédim y sont allés de leurs virulentes condamnations et de leur incrédulité.

Moshé Gafni, du Judaïsme unifié de la Torah, a ainsi déclaré qu’il s’agissait d’un « jour de deuil pour l’Etat d’Israël », et que la loi était « une tache indélébile pour le pays ». Meïr Poroush, du même parti, a, quant à lui, inévitablement évoqué « la haine pour ceux qui étudient la Torah », et taxé le texte de « manoeuvre politique ». Des réactions hautement prévisibles, qui se répètent inlassablement. Reste que les députés religieux ont probablement raison de dire que la loi ne sera jamais pleinement appliquée.

3 ans de répit 

Aujourd’hui, environ 30 % des jeunes ultrareligieux s’engagent dans le service militaire ou civil. Après quoi, 87 % des mobilisés s’insèrent sur le marché du travail, facteur qui motive en général leur engagement auprès de Tsahal.

Mais pendant la période intérimaire de la loi, il semble que très peu d’étudiants de yeshivot orthodoxes auraient de véritables raisons de s’enrôler. Jusqu’à son entrée en vigueur (en 2017), la loi permet à tous les jeunes de plus de 22 ans de se faire exempter indéfiniment et d’intégrer directement le marché du travail. Les hommes âgés de 19 à 22 ans pourront repousser leur enrôlement jusqu’à l’âge de 24 ans, pour ensuite obtenir une exemption définitive. Ne seront donc concernés par la mesure, que les jeunes âgés de 18 ans et moins.

L’objectif d’enrôlement fixé par la commission pour 2013 est de 3 300 recrues, un nombre qui devra aller croissant pour attendre 5 200 mobilisés en 2016. Y parviendra-t-on ? 

Prétexte de radicalisation 

Selon le professeur Yedidya Stern, de l’Institut Israël Démocratie, ainsi que le lobby Hiddoush, un mouvement en faveur de la liberté de culte, les recommandations adoptées la semaine passée auront pour conséquence une baisse significative de l’enrôlement harédi sur le court terme. Et lorsque la loi entrera pleinement en vigueur en 2017, difficile d’imaginer pire entrave à une coopération du secteur orthodoxe que les menaces d’emprisonnement : elles planeront sur les jeunes étudiants qui refuseront de servir.

Pour Stern, qui siégeait dans la commission Plesner chargée d’élaborer un texte de loi sur le même sujet sous la Knesset précédente, ces propositions relèvent du « casus belli » contre le monde harédi. Selon le rabbin libéral Ouri Reguev, directeur de Hiddoush, « cette décision atteste d’une mécompréhension totale de la société orthodoxe et de la capacité de l’Etat à appliquer ces sanctions ».

Stern explique en effet que la seule idée d’emprisonner les étudiants de yeshiva va donner du poids au leadership extrémiste religieux. Voilà bien longtemps que les rabbins radicaux prétendent que le but ultime du sionisme est tout bonnement l’annihilation de la société ultrareligieuse, ils pourront désormais s’appuyer sur les recommandations de la commission pour étayer leurs funestes théories. Il est d’ailleurs probable que les objectifs d’enrôlement ne seront pas atteints, ce qui impliquera des réductions de subventions pour les yeshivot. De quoi attiser les tensions entre la communauté et le gouvernement. D’ici 3 ans, de nombreux étudiants recevront l’ordre de leurs rabbins de ne pas s’enrôler et seront donc passibles d’emprisonnement.

Qui plus est, comme le soulignent Reguev et Stern, l’Etat n’est pas équipé pour incarcérer des milliers de harédim, et des peines d’emprisonnement restant lettre morte porteront un grand préjudice au principe de l’Etat de droit.

En résumé, les radicaux harédim opposés au service militaire et à l’insertion sur le marché de l’emploi ont le plus à gagner des recommandations de la commission Peri.

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