Un mariage heureux ?

Aussi soudaine qu’imprévue, l’union entre le Likoud et Kadima sera soumise à rude épreuve dès les prochains mois. Inventaire des obstacles qui attendent la - très - large coalition

By GIL STERN STERN HOFFMAN
May 15, 2012 13:54
Netanyahou et Mofaz annoncent la création du gouve

bibimofaz. (photo credit: © Marc Israël Sellem)

 
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Quelles sont les qualités requises pour réussir en amour ? Communication, compromis, respect, compliments, capacité de résoudre des conflits et attentes réalistes. Ce qui est vrai entre des époux l’est également pour des partenaires politiques. Le Premier ministre Binyamin Netanyahou et le leader de Kadima Shaoul Mofaz se chamaillaient méchamment jusque récemment.
Mais mardi 8 mai, lors de la conférence de presse pour annoncer la formation d’un gouvernement d’union, les deux dirigeants rivalisaient d’amabilité. Reste que les familles des deux partenaires, le Likoud et Kadima, mettront du temps à s’adapter à cette nouvelle relation, imposée par surprise. Chacun des leaders a obtenu l’accord de son parti assez facilement, mais des deux côtés, le scepticisme va bon train. L’accord de coalition stipule que Kadima restera au gouvernement jusqu’à la fin du mandat officiel, le 22 octobre 2013. Mais une clause de sortie est prévue si les objectifs mutuels n’étaient pas atteints. Comme dans tout mariage, des épreuves seront à surmonter et des pièges à éviter. Lesquels ? Quatre datesclés à retenir.

23 juin : socio-économie

Les manifestations de l’été dernier ont commencé en période de vacances universitaires et se sont achevées à la reprise des cours. Une nouvelle protestation a déjà eu lieu samedi 12 mai, mais les choses devraient s’intensifier à partir de samedi 23 juin, le week-end de fin de semestre. Pendant ses 43 jours en tant que chef de l’opposition, Mofaz avait fait le voeu de conduire la nouvelle protestation socio-économique prévue pour cet été. Mais désormais, plutôt que de la mener, il risque fort d’en être la cible privilégiée et de se retrouver acculé par la pression.

L’accord de coalition prévoit que les deux partis travaillent ensemble au budget 2013, qui devrait allouer davantage de prestations sociales. Ce qui relèvera de l’exploit puisque, avec la crise économique mondiale, les exportations israéliennes ont été revues à la baisse et les caisses de l’Etat ont diminué. Ce budget risque ainsi d’être le plus serré que ce gouvernement ait jamais connu. Il devra d’abord passer l’épreuve du cabinet ministériel cet été, puis une première lecture à la Knesset en octobre et une présentation finale à la fin de l’année. A ce titre, la décision de l’agence Moody de baisser la note de crédit israélienne la semaine dernière n’est pas de bon augure.

1er août : État et religion

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La loi Tal a été déclarée inconstitutionnelle en février dernier par la Cour suprême. Le gouvernement a désormais jusqu’au 1er août pour proposer une alternative.

Kadima se réserve le droit de quitter la coalition si la loi n’est pas réformée d’ici là. Les parlementaires de Kadima ont mis Mofaz en garde : une rébellion massive du parti est à prévoir en cas de promesse non tenue.
Le président de la coalition, Zeev Elkin, architecte de l’accord avec Kadima, s’est dit confiant quant aux chances de succès. Ce qui devrait malgré tout se révéler compliqué, vu que les 16 élus Shas et Judaïsme unifié de la Torah s’opposeront aux 43 parlementaires Kadima et Israël Beiteinou, dont la réputation dépend de la réussite de cette réforme militaire.
Selon Elkin, les partis ultrareligieux devraient voter contre la réforme mais rester dans la coalition. Un facteur important pour Netanyahou : le Premier ministre voudrait continuer à gouverner avec les partis haredi pour la prochaine Knesset.
Quant à Mofaz, selon ses collaborateurs, contrairement à Livni, le nouveau chef de Kadima n’a pas exigé la sortie des partis religieux du gouvernement comme condition préalable pour rejoindre la coalition. Il entretient en outre de bonnes relations avec le président du Shas Eli Yishaï et de Judaïsme unifié de la Torah, Moshé Gafni, ce qui devrait faciliter un compromis.

7 novembre : diplomatie

Voilà plus de 20 ans que les experts qui analysent le comportement de Netanyahou lui prédisent un virage à gauche. Virage aujourd’hui possible après la mort de deux idéologues de droite à forte influence sur le Premier ministre : son beau-père, Shmouel Ben Artzi, décédé le 9 novembre dernier à l’âge de 97 ans et son père, Benzion Netanyahou, à l’âge de 102 ans, le 30 avril dernier.

A peine relevé de la Shiva, le Premier ministre entamait les démarches pour former un gouvernement d’union nationale, négociant un accord qui oblige le gouvernement à prendre des mesures significatives en faveur du processus de paix. Même si les progrès de ce dernier dépendent bien davantage de l’issue des élections américaines ou du scrutin - encore non programmé - de l’Autorité palestinienne, que des élections israéliennes qui n’auront finalement pas lieu cette année.
L’administration du président Barak Obama a radicalement diminué la pression sur Israël quant à la question palestinienne ces derniers mois. Les Américains ont-ils tiré les leçons des couacs de début de mandat ? Serait-ce le refus des Palestiniens à retourner à la table des négociations ? Ou encore les élections approchant et le souci de ne pas perdre l’électorat juif ? Les stratèges de Netanyahou penchent pour la troisième hypothèse. De même qu’ils croient à la victoire renouvelée d’Obama et à une reprise de la pression diplomatique une fois la campagne achevée.
Mofaz, lui, a exprimé son admiration pour Obama et pourrait aider à pousser Netanyahou de l’intérieur, comme le ministre de la Défense Ehoud Barak l’avait déjà fait en 1999.
Selon Elkin, les politiques de droite devraient se réjouir de l’actuelle alliance avec Kadima. Certes, la coalition s’est ouverte au centre, mais elle aurait pu virer encore plus franchement en cas d’élections anticipées et de nouveau gouvernement.

31 décembre : politique

Selon l’accord conclu entre le Likoud et l’ancien parti d’opposition, la réforme du système électoral doit avoir lieu avant la fin de l’année. Faute de quoi, Kadima s’en ira. Les principaux donateurs de Mofaz à Los Angeles, la famille Nazarian, sont également les fondateurs du Centre de responsabilisation citoyenne en Israël, un groupe qui milite pour changer le système.

Et la question s’est également retrouvée au premier plan depuis que deux des critiques les plus virulents de Netanyahou l’ont soulevé : l’ancien chef du Mossad, Meir Dagan, et le leader du nouveau parti Yesh Atid, Yaïr Lapid.
Le groupe de lobbying de Dagan, Yesh Sikuï, est conseillé par le même stratège que Mofaz, Lior Chorev.
Mofaz s’est vu recommander de se cantonner à des questions consensuelles, faciles à faire adopter, telles que renforcer les branches exécutives et législatives et modifier le système de nomination des ministres. Lancer de grandioses initiatives, comme par exemple des élections régionales directes pour la moitié de la Knesset, serait malvenu. Une idée pourtant défendue par Mofaz durant sa campagne, mais qu’il ne semble plus avoir à cœur de promouvoir désormais. En outre, les partis Shas, Israël Beiteinou et Hatsmaout (Indépendance) sont farouchement opposés à une telle mesure. Et Mofaz ne sera que trop heureux d’être perçu comme un stabilisateur de la vie politique tout en maintenant la coalition intacte.
Avoir à sa disposition une large coalition de 94 parlementaires permettra en outre à Netanyahou de construire de mini-alliances sur certaines questions-clés et faire passer toutes les mesures qu’il souhaitera, se reposant essentiellement sur les trois principales factions : le Likoud, Kadima et Hatsmaout. Ensemble, les trois partis disposent de 61 élus, une majorité à la Knesset.
S’ajoute aux précédentes une dernière date-butoir pour Netanyahou que personne n’évoque encore : le 9 novembre. A compter de ce jour-là, le Premier ministre dépassera les 2 432 jours de mandat de l’ancien Premier ministre Itzhak Shamir, et arrivera en seconde position derrière David Ben Gourion. Le premier Premier ministre d’Israël était resté en poste pendant 13 ans, près de deux fois plus longtemps que Netanyahou. Mais avant de s’approcher de ce record, une longue route reste encore à faire pour Netanyahou: de nombreux défis et, sans aucun doute, d’autres mariages politiques à venir.

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