Un voyage, trois étapes

Shimon Pérès était en déplacement en Europe cette semaine. L’occasion de délivrer des messages de paix, mais aussi de mettre quelques points sur les « i ».

By LÉA SHAKED
March 12, 2013 12:50
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President Shimon Peres meets in Paris with Immams

President Shimon Peres meets in Paris with Immams 370. (photo credit: GPO / Moshe Milner)

 Première étape pour le président israélien : Bruxelles.
« Que feriez-vous à notre place ? », a-t-il demandé à l’assistance de parlementaires européens. Avant d’ajouter qu’aucun pays n’a dû se battre pour son existence comme Israël. Et de rappeler qu’en 65 ans, le pays a connu 7 guerres. Puis Peres a rencontré le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso et le secrétaire général de l’OTAN, le général Anders Fogh Rasmussen. Sans grande surprise, cet échange très consensuel a débouché sur la promesse d’un rapprochement entre Israël et l’Union européenne. Sans surprise également, le débat a d’abord porté sur le danger nucléaire iranien et l’arsenal chimique syrien, soutenu, au même titre que le Hezbollah, par Téhéran.

La visite de Shimon Peres s’est poursuivie à Paris, vendredi 8 mars. Le président Hollande y a surpris son monde en déclarant que la communauté internationale, et non Israël, devait prendre en charge le problème iranien. « L’Iran n’est pas un danger seulement pour Israël, c’est un danger pour les pays du Golfe, pour l’Europe et pour le monde entier », affirme Hollande à l’issue de la conférence de presse qui scelle la rencontre entre les deux présidents. Peres a alors renchéri sur le même ton : « Les Iraniens jouent un jeu dangereux et sont susceptibles de perdre la dernière chance que le monde leur offre ».

Par la suite, Hollande a fait référence au processus de paix, et à l’avancée des constructions en Judée-Samarie qui bloque les négociations. Pérès a, pour sa part, défendu la solution à deux Etats comme unique réponse pour sortir de l’impasse israélo-palestinienne. Et de qualifier le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, de « partenaire sérieux pour la paix, qui combat la terreur ». Le président a en outre annoncé que les négociations reprendraient dès la formation du nouveau gouvernement. La visite de Barack Obama serait un ciment pour ces pourparlers.

Peres a ensuite insisté sur le cas du « Hezbollah » en réitérant la demande conjointe des Etats-Unis et d’Israël de placer le mouvement libanais, auteur de nombreux attentats, sur la liste noire du terrorisme par l’Union européenne. Le refus de l’Europe de s’engager contre le groupe terroriste est motivé par la peur de fragiliser le gouvernement libanais, déjà bancal, ce qui contribuerait à déstabiliser encore davantage le Proche-Orient. En retour, Hollande a promis des décisions conséquentes à la fin de l’enquête menée par la Bulgarie sur l’attentat de Burgas contre des touristes Israéliens l’été dernier.

« Ensemble, nous combattrons le terrorisme » 

Le président israélien a également rencontré une délégation d’imams à Paris. Une initiative qui a coïncidé avec la date anniversaire des premiers crimes de Mohammed Merah contre des militaires français, en mars 2012. Peres a ainsi déclaré devant les responsables musulmans que « Toulouse, c’était certainement un tournant, parce que celui qui a voulu tuer a montré le visage le plus hideux du crime ».

L’imam Hassen Chalghoumi, de la mosquée de Drancy, faisait partie de la délégation qui a visité Israël en novembre dernier.

Connu pour son combat contre l’intégrisme en France, il a, quant à lui, rappelé la « période difficile à la veille du 11 mars et les terribles crimes » commis par Mohamed Merah qui a « assassiné des musulmans avant de tuer des juifs ».

Comme une note d’espoir, Peres a choisi de conclure par la promesse de lutter contre le terrorisme : « Parce que les terroristes, et je vais vous révéler un secret, ne sont jamais aussi forts que nous le pensons et jamais aussi importants qu’ils le disent. Nous allons oeuvrer pour une vie commune entre chrétiens, musulmans, juifs, Palestiniens et Israéliens ».

Les imams présents, représentants des mosquées les plus éminentes de France, faisaient partie d’une délégation musulmane qui comprenait également des représentants des communautés égyptienne, africaine, marocaine et sénégalaise en France. Au cours de la discussion, les imams ont loué la liberté de culte israélienne pour les gens de toutes confessions.

Ils ont également manifesté leur soutien à la lutte de l’Etat hébreu contre le terrorisme. « Vous aspirez à la paix comme nous. Je vous considère comme mes frères de cheminement.

Le dialogue entre nous est important et utile. Et c’est pourquoi notre rencontre est d’une importance cruciale à mes yeux.

Nous allons travailler ensemble au nom des peuples du monde entier, au nom des Israéliens et des Palestiniens et au nom de la paix dans le monde », a conclu Peres.


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