Une Journée de la femme pour les députées

A l’occasion du 8 mars, plusieurs réformes sont annoncées pour faire progresser la condition des femmes israéliennes.

By
March 5, 2013 12:58
3 minute read.
La ministre de la Culture et des Sports Limor Livnat (au centre)

0603JFR05 521. (photo credit: Yoav Dudkevich)

Réactions unanimes. Rendue publique le dimanche 3 mars, suite à des fuites émanant du ministère de la Justice, la liste des discriminations dont les femmes sont victimes, n’en finit pas de faire des vagues. Limor Livnat (Likoud), ministre de la Culture et des Sports et présidente de la Commission sur le statut des femmes, a réagi en assurant qu’il était du devoir du Likoud-Beiteinou de promouvoir le droit des femmes. Quant à Yesh Atid et Habayit Hayehoudi, ils sont montés au créneau pour se poser en défenseurs des droits du sexe dit faible.

Aliza Lavie (Yesh Atid) et Shouli Mouallem (Habayit Hayehoudi) proposent ainsi une loi exigeant que 4 femmes au moins prennent part à la nomination des Dayanim (juges religieux dans les cours rabbiniques). A ce jour, seule la gent masculine y participe. Une mesure révolutionnaire que les deux élues souhaitent promouvoir en amont de la Journée de la femme du vendredi 8 mars. « Ce retard dans l’égalité des droits hommes-femmes pèse lourdement sur notre société et favorise l’exclusion des femmes », s’est indignée Livnat qui se dit submergée de plaintes.

Et d’ajouter : « Cette situation doit cesser. Il est exclu qu’Israël perde cette bataille majeure pour le droit des femmes ».

Mauvais temps pour les ultra-orthodoxes 

Le procureur général Yehouda Weinstein, à l’origine de la formation d’une commission pour le droit des femmes en décembre 2011, tarde néanmoins à produire son propre rapport sur le sujet. Sarit Dana, sous-procureur général, a promis qu’il paraîtrait très prochainement. Des sujets brûlants seront évoqués à cette occasion, comme par exemple l’interdiction faite aux femmes d’être entendues sur les ondes des antennes radiophoniques de la communauté ultra-orthodoxe.

Par ailleurs, il devrait être proposé de leur donner le droit de participer aux oraisons funèbres, et ce, alors qu’à ce jour le ministère des Cultes l’interdit et sanctionne la Hevra Kadisha (société de pompes funèbres) lorsque celle-ci l’autorise.

Le témoignage de Noa Kantman, agressée alors qu’elle refusait de s’asseoir à l’arrière d’un bus, a également été entendu par la commission. Ouzi Yitzhaki, le ministre des Transports, a ordonné une enquête suite à cette agression. Il a en outre annoncé que des inspectrices seraient dépêchées sur le terrain, pour prévenir ce genre d’incidents. De plus, un numéro d’urgence a été créé pour recevoir les plaintes de femmes reléguées à l’arrière des bus contre leur volonté.

Les tribunaux rabbiniques instruisent des cas qui concernent aussi bien les hommes que les femmes. La meilleure façon de garantir l’équité dans les jugements rendus à l’encontre des femmes serait donc de leur assurer le droit de nommer les juges dans leur fonction, au même titre que les hommes.

Un projet de loi dans ce sens, proposé par la députée Tzipi Hotovely (Likoud-Beiteinou), a été abandonné en janvier dernier, suite au veto des ultra-orthodoxes. Mais la prochaine coalition ne devrait pas leur donner ce même avantage.

Hotovely a d’ores et déjà avancé le nom de 2 femmes pour participer aux prochaines nominations des juges.

Plus d’équilibre et de justice

Tout dépend de la formation de la nouvelle coalition. Si les partis ultra-orthodoxes en sont exclus, il se pourrait que des mesures majeures soient prises. Mais si le Shas et le parti JUT (Judaïsme unifié de la Torah) entrent malgré tout au gouvernement, l’issue sera moins certaine. « Nous sommes révoltés de savoir que des femmes sont exclues de l’espace public parce qu’elles sont femmes, mais il nous est interdit de fermer les yeux sur ces pratiques quand elles se déroulent au grand jour », a déclaré Lavie, avant d’ajouter : « Le panel qui désigne les juges rabbiniques ne compte aucune femme dans ses rangs. Le fait qu’il est impossible aux hommes de comprendre qu’il s’agit là d’un problème majeur, nous montre à quel point le droit des femmes est mis à mal au sein de la justice rabbinique ».

Mouallem a, quant à elle, souligné que ce sont, pour moitié, des femmes qui comparaissent devant les tribunaux rabbiniques.

En réformant leur fonctionnement, cette loi permettrait plus d’équilibre et de justice dans la société israélienne, tout en opérant dans le cadre de la Halakha (loi juive).


Related Content

February 11, 2018
Les nouveaux « judaïsants »

By DAN HUMMEL