Une politique de proximité

Le mouvement Yeroushalmim est en lice pour les municipales de Jérusalem. Entretien avec Fleur Hassan Nahoum, une de ses membres.

By
September 17, 2013 12:44
Fleur Hassan-Nahoum, un engagement politique a la memoire de son pere.

P17 JFR 370. (photo credit: DR)

 
X

Dear Reader,
As you can imagine, more people are reading The Jerusalem Post than ever before. Nevertheless, traditional business models are no longer sustainable and high-quality publications, like ours, are being forced to look for new ways to keep going. Unlike many other news organizations, we have not put up a paywall. We want to keep our journalism open and accessible and be able to keep providing you with news and analyses from the frontlines of Israel, the Middle East and the Jewish World.

As one of our loyal readers, we ask you to be our partner.

For $5 a month you will receive access to the following:

  • A user uxperience almost completely free of ads
  • Access to our Premium Section and our monthly magazine to learn Hebrew, Ivrit
  • Content from the award-winning Jerusalem Repor
  • A brand new ePaper featuring the daily newspaper as it appears in print in Israel

Help us grow and continue telling Israel’s story to the world.

Thank you,

Ronit Hasin-Hochman, CEO, Jerusalem Post Group
Yaakov Katz, Editor-in-Chief

UPGRADE YOUR JPOST EXPERIENCE FOR 5$ PER MONTH Show me later Don't show it again

Fleur Hassan-Nahoum est originaire de Gibraltar. La jeune femme qui a fait son aliya de cette étrange enclave anglaise, brigue aujourd’hui le conseil municipal de Jérusalem sur les listes du parti Yeroushalmim.

Le parti présente six candidats aux municipales, après n’avoir occupé qu’un siège au sein du dernier conseil. Pour Nahoum, cette liste affiche la grande diversité de ses membres, qui se sont illustrés au service de la communauté de façons très différentes. Elle espère que le parti obtiendra autant de sièges que possible, pour peser davantage sur l’avenir de Jérusalem. « A voir ce que nous avons réussi à obtenir avec un seul siège, qu’en sera-t-il avec plusieurs ? », demande-t-elle.

Pour cette formation qui se définit elle-même comme « le parti de ses habitants », Nahoum qui vient de fêter ses 40 ans à Rosh Hashana, apparaît comme la hiérosolymitaine du coin, mais avec un curriculum vitae diablement impressionnant.

Elle parle couramment espagnol, anglais et hébreu, a étudié le droit à Londres où elle a également exercé avant de s’investir dans le secteur à but non lucratif.

Après avoir travaillé dans les ressources humaines pour le Comité conjoint de distribution juif américain (le Joint), elle développe le département des relations internationales pour l’ONG Tikva Children’s home basé à New York, qui vient en aide aux orphelins nécessiteux en provenance de l’ex-Union soviétique. Aujourd’hui elle offre ses services à des organisations et des individus qui font appel à elle pour formuler leurs requêtes et exerce au sein de LS Message Experts, une entreprise de consulting.

Un héritage de choix


Lorsqu’elle est approchée pour rejoindre le parti, ajouter la politique à son palmarès ne lui demande pas un gros effort d’imagination et la voir embrasser cette carrière, vu sa lignée prestigieuse, n’est pas très étonnant.

Côté paternel, la famille expulsée d’Espagne durant l’Inquisition s’était réfugiée dans les îles Baléares. Côté maternel, ils sont originaires du Maroc. Son père, Joshua Hassan, devient en 1964, le premier Premier ministre de la colonie. Il fera campagne pour faire obtenir aux citoyens de Gibraltar le droit à l’autodétermination. Lors du référendum de 1967, une écrasante majorité de la population choisi de rester dans le giron Britannique. Hassan joue alors un rôle majeur dans l’élaboration de la Constitution de 1969, qui défend les droits démocratiques des citoyens pour leur éviter d’être maintenus sous la tutelle d’un autre pays sans leur consentement.

Nahoum décrit le rôle joué par son père en politique avec une grande simplicité, ce qui permet de mesurer combien les siens ont mis un point d’honneur à lui transmettre l’humilité cultivée dans la famille. « Mon père voulait à tout prix que nous grandissions comme tout le monde », confie Nahoum. L’égalité entre les individus était une valeur chère à ses yeux et il ne pensait en aucun cas que sa fonction lui conférait une quelconque supériorité ».

Avec son anglais chantant, Nahoum raconte ce qui rend Jérusalem si spéciale à ses yeux : elle comptabilise des milliers d’années d’histoire, mais c’est aussi une ville moderne en constante évolution, et elle est le cœur du pays. « Ce n’est pas une immense capitale », dit-elle. « On peut y rencontrer une connaissance à chaque coin de rue. Mais chaque quartier est unique, avec une vie propre. » Nahoum a emménagé à Jérusalem à l’âge de 13 ans, au moment de son aliya. C’est une mère de quatre enfants et une fière résidente de Bakaa. Elle dit avoir reçu en héritage un sens très vif des responsabilités et le goût pour la vie communautaire, des valeurs communes qui la rattachent au parti Yeroushalmim.

Investir les quartiers modestes


Fondé en 2008 par Rachel Azaria, qui, après une scission avec Nir Barkat, se présente elle aussi à la tête de la ville, le parti a trois objectifs principaux : l’éducation, le rapprochement des communautés et les enjeux de la vie religieuse. D’après elle, ce qui prime avant tout, c’est que les citoyens sont en droit d’attendre de la municipalité d’être au service de ses administrés et la candidate revendique le droit de vivre à Jérusalem « de façon décente » pour tous.

Une des plus belles réussites à son actif est d’avoir milité pour la gratuité de l’école maternelle, une mesure qui a été adoptée au niveau national. « Le fait que je n’ai pas à payer le jardin d’enfant pour mon enfant de quatre ans soulage mon budget tous les mois », confie Nahoum. « J’ai pu observer le changement moi-même, et mesurer ses avantages ».

Ces cinq dernières années, le parti Yeroushalmim a construit trois nouvelles « écoles de qualité », dit-elle. L’une dans le quartier de Katamonim, une à Amital (Kiryat Hayovel), et la troisième à Talpiot Est. Ce sont des quartiers plus populaires et moins onéreux du fait qu’ils sont excentrés, mais c’est justement là que le parti est le plus actif, et, par ses pressions sur le terrain, il contribue à l’amélioration de la vie de quartier.

C’est aussi dans ces zones d’habitation-là que la qualité des établissements scolaires est la plus déterminante. « Notre travail consiste à investir des quartiers modestes pour y améliorer la qualité de vie », explique Nahoum. « Dès qu’une école de qualité y voit le jour, une nouvelle population investit les alentours ».

Fleur Nahoum est inébranlable dans sa conviction : renforcer ces quartiers contribue à élever la qualité de vie par la base et telle est l’approche qu’il faut avoir pour engranger des effets positifs sur long terme.

Selon elle, le travail de Yeroushalmim sera déterminant dans ce que Jérusalem sera demain. « Je pense que ce mouvement populaire est précisément ce dont Jérusalem a le plus besoin », dit-elle, et d’ajouter que l’investissement dans le service public, les infrastructures et la vie communautaire des résidents rendra les quartiers plus attractifs et encouragera les familles à venir s’y établir.

Pluralisme et égalité


Du point de vue de Nahoum, le fait que ce parti ne s’aligne sur aucun courant politique et est composé d’habitants, lui donne une compréhension plus aiguë des problèmes de tous les jours que rencontrent les hiérosolomytains.

La liste du parti est hétéroclite à l’image des populations très diversifiées des différents quartiers de la capitale.

La chef du parti, Rachel Azaria, a été cataloguée comme une féministe d’obédience orthodoxe qui se bat pour l’égalité homme-femme dans la sphère religieuse aussi bien que publique. Tamir Nir, numéro deux de la liste, est un architecte urbaniste, étudiant à l’école rabbinique du mouvement réformiste, et, en troisième position, on trouve le rabbin orthodoxe Aaron Leibowitz, militant socialiste qui réside à Nahlaot.

« Dans le parti, nous affichons tous des croyances différentes et des chemins de vie divergents », fait remarquer Nahoum. « Mais nous avons un objectif commun, celui d’améliorer le quotidien des habitants de Jérusalem, leur offrir des conditions de vie meilleures et assurer leur avenir. » On entend bien souvent que Jérusalem devient de plus en plus ultraorthodoxe, ce qui inquiète les habitants de la ville. Du fait de la grande diversité de ses membres, le parti rassure et encourage à la pluralité et au vivre ensemble dans toutes ses expressions. « Il y a de la place pour tous », affirme Fleur Nahoum, en insistant sur le fait que les habitants doivent prendre conscience qu’il y va de leur intérêt de voter pour pouvoir prendre une part active à la vie de la cité et à l’organisation de son futur.

Quand on lui a demandé de rejoindre le parti, Nahoum a immédiatement songé à son père. Avec toutes ses expériences, la façon dont elle a été élevée, sa foi profonde dans la vie communautaire, elle veut contribuer à façonner le futur de Jérusalem. « Je me suis dit qu’il était temps de passer à l’action et d’être entendue, pour faire honneur à la mémoire de mon père ».


Related Content

February 11, 2018
Les nouveaux « judaïsants »

By DAN HUMMEL