Violentes protestations au Kotel

Pour la première fois, les Femmes du Kotel ont pu prier en toute légalité, pour Rosh Hodesh.

By JEREMY SHARON ET DANIEL K. EISENBUD
May 13, 2013 11:39
2 minute read.
Les Femmes du Kotel continuent de chanter malgré les violentes protestations autour d'elles.

JFR P5 370. (photo credit: Marc Israël Sellem/The Jerusalem Post)

Peut-on parler d’une victoire ? Pour la première fois depuis 24 ans, les Femmes du Kotel avaient le droit de se recueillir comme elles l’entendaient, au Kotel, à l’occasion de Rosh Hodesh, la néoménie juive. Ce groupe de femmes, présidé par Anat Hoffman et récemment soutenu par plusieurs députées de l’opposition, ont pour coutume de prier en empruntant des rituels traditionnellement réservés aux hommes : tefilin, châles rayés, lecture de la Torah.

Il y a 15 jours seulement, le tribunal de Jérusalem a reconnu leur droit à prier selon leurs propres convictions libérales, chose qui leur avait été refusée jusqu’à présent au nom de la coutume locale orthodoxe.

Soutien de 48 % des Israéliens 

Habituées aux arrestations, cette fois-ci les militantes ont dû être elles-mêmes protégées par la police. 400 femmes orthodoxes étaient venues protester contre leurs pratiques, bientôt rejointes par des milliers d’élèves, garçons et filles, et des hommes harédim. Des députés du Judaïsme unifié de la Torah (JUT) avaient encouragé la venue des écoliers orthodoxes, également soutenue par le rabbin le plus influent dans le milieu ashkénaze, le rav Aharon Leib Steinman.

Les opposants ont lancé bouteilles d’eau, pierres, sacs d’ordures et chaises en direction des Femmes du Kotel, tout en se battant contre la police, avec force cris et hurlements.

Trois émeutiers orthodoxes ont été arrêtés, tandis que 2 officiers, légèrement blessés au cours des heurts, ont reçu des soins. Les forces de l’ordre ont escorté le groupe de femmes jusqu’aux cars qui les attendaient à la porte des Immondices, tandis que des manifestants continuaient de lancer des pierres en leur direction.

Selon un sondage réalisé par l’institut de Démocratie en Israël au mois d’avril, 48 % des Israéliens pensent que les Femmes du Kotel ont le droit de prier comme elles le souhaitent, tandis que 38 % s’y opposent. Parmi les sympathisants, 63,5 % des sondés se définissent comme laïcs, 53 % se disent « traditionnels mais non religieux » et 27,5 % « religieux ».

Aucun orthodoxe n’a émis de soutien.

Le président de l’Agence juive Natan Sharansky a réagi aux émeutes en déclarant qu’elles ne rendaient que « plus urgent encore le besoin de trouver une solution durable permettant à tout juif, groupe ou communauté, de prier au Mur occidental à sa manière ». Sharansky planche actuellement sur la création d’une zone de prière égalitaire qui mettrait fin au conflit sur le long terme.

Les Femmes du Kotel se sont dites fières d’être arrivées « à ce tournant historique où des femmes prient en toute liberté, protégées et défendues par la police. Notre groupe est également attristé par la violence employée par des hommes harédim et appelle les leaders ultraorthodoxes à dénoncer toute forme de violence faite aux femmes ».


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