Visite guidée de la prochaine Knesset

Records : 39 des nouveaux députés sont religieux et 27 sont des femmes.

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January 29, 2013 13:53
Knesset vote

Knesset 521. (photo credit: Marc Israel Sellem)

« Mesdames et messieurs, c’est un renversement de situation ! ». La phrase est restée dans les mémoires. C’était en 1977, sur Aroutz 1. Le Likoud venait de remporter les élections et détrôner la gauche pour la première fois depuis la création de l’Etat, et le célèbre présentateur Haïm Yavin rendait compte de cette révolution politique.

Mardi 22 janvier, un autre revirement a eu lieu à la Knesset.
Un revirement démographique, au visage multiple. La 19e Knesset sera plus religieuse, plus féminine, plus jeune et plus investie au-delà de la Ligne verte que jamais. Elle sera également abondamment composée de sang neuf.

En 2010, lors des dernières élections du Congrès américain, les Etats-Unis se sont ébahis d’avoir 86 législateurs, soit 16 %, élus pour la première fois. Mais c’est faire pâle figure face à l’Etat hébreu qui a intronisé pas moins de 49 nouveaux venus la semaine dernière, soit 41 % de la Knesset. 5 autres députés retrouveront leurs sièges après différentes périodes d’absence.

Jeudi 24, le vote des soldats et autres doubles enveloppes a été comptabilisé, s’ajoutant aux quelque 67 % d’électeurs qui se sont rendus aux urnes, mardi. Résultat : le parti de Naftali Bennett, Habayit Hayehoudi, est passé de 11 à 12 mandats, faisant entrer la 27e femme à la Knesset (23 %). Un record.

Par comparaison, les femmes forment 55 % du parlement au Rwanda, 25 % en France, 22 % en Grande-Bretagne, 18 % aux Etats-Unis et 0 % au Qatar.

La prochaine Knesset sera également la plus religieuse de l’histoire du pays, avec 39 élus, soit un député sur 3, observant un mode de vie religieux. C’est 11 de plus que sous la législature précédente.

Outre les 11 parlementaires du Shas, les 7 de Judaïsme unifié de la Torah (JUT) et 11 des 12 députés d’Habayit Hayehoudi, les autres membres religieux de la Knesset seront : Elazar Stern du parti de Tzipi Livni ; Shaï Piron, Aliza Lavi et Dov Lipman de Yesh Atid, et enfin Zeev Elkin, Tzipi Hotovely, David Rotem, Moshé Feiglin et Shimon Ohayon du Likoud Beiteinou.

Ils seront 6 à devoir renoncer à leur nationalité d’origine.

La Knesset ne souffre pas la concurrence : exit la double nationalité. Sont concernés, deux Américains, Naftali Bennett, qui a reçu la citoyenneté de l’Oncle Sam via ses parents originaires de Californie et Dov Lipman de Yesh Atid.

Mais également deux Français, Karin Elharar de Yesh Atid, de mère française et Yoni Chetboun, de Habayit Hayehoudi, lui aussi né en Israël de parents français. Et enfin, le Brésilen de Habayit Hayehoudi, Avraham Wortzman, l’Australien Moshé Feiglin du Likoud, et deux Travaillistes, Mihal Biran, de Lituanie, et Miki Rosenthal, d’Allemagne.

Les nouveaux députés comprendront également 7 émigrants de l’ex-Union soviétique et 2 nouveaux olim d’Ethiopie (Pnina Tamnou-Shata et Shimon Solomon de Yesh Atid).

En revanche, il n’y aura qu’un seul élu kibboutznik : Zvouloun Kalfa d’Habayit Hayehoudi. Par opposition, ils étaient 26 lors de la première Knesset, soit 3 fois plus que le pourcentage de kibboutznikim dans la population générale, signe s’il en est des métamorphoses de la société israélienne.

Plus de journalistes que d’anciens généraux 

Les élus demeurant au-delà de la Ligne verte remplaceront cependant leurs anciens camarades des kibboutzim en tant que secteur de la population la plus représentée : ils seront 10 % à la Knesset par rapport aux 4 % qu’ils forment sur le total des Israéliens.

Autre « croissance » parlementaire : les anciens journalistes.
Ils constitueront également 10 % de la nouvelle Knesset.
5 d’entre eux (Yaïr Lapid, Tamnou-Shata et Ofer Shelah de Yesh Atid, Meirav Mihaeli et Miki Rosenthal d’Avoda) vont rejoindre les 5 autres anciens journalistes déjà présents dans les rangs de l’hémicycle : Shelly Yachimovich, Ouri Orbach, Nitzan Horowitz, Gideon Saar et Silvan Shalom.

Le journalisme supplante donc les anciens généraux, qui étaient jadis la profession la plus représentée au sein des élus parlementaires. Ces militaires d’élite ne seront que 5 cette année, les anciens chefs d’état-major Moshé Yaalon et Shaoul Mofaz seront rejoints par Amram Mitzna, ancien directeur du Commandement central, et Stern qui a servi comme chef des ressources humaines de Tsahal. Le dernier général à la Knesset sera Binyamin Ben-Eliezer (Travailliste).

Il y aura également un ancien chef du Shin Bet : Yaakov Perry, élu au sein de Yesh Atid.

Enfin, si les journalistes et les habitants d’implantations sont en surnombre, la population arabe est, elle, sousreprésentée, avec 11 députés arabes et 1 seul druze, soit une baisse de 2 élus pour cette dernière communauté. 10 de ces parlementaires proviennent des partis arabes, tandis que le 11e, Issawi Freij, défend les couleurs de Meretz. L’élu druze est Hamed Amer du Likoud Beiteinou.

Le secteur arabe compte près de 21 % de la population générale. Alors que la presse prédisait que la communauté ne se rendrait pas aux urnes, son taux de participation a finalement atteint 58 %. C’est 9 % de moins que les 67 % de voix du secteur juif, mais c’est malgré tout un taux respectable par rapport aux normes occidentales.

Rappelons ainsi que pour la dernière élection américaine, ce sont seulement 57,5 % des électeurs qui se sont déplacés pour voter.

Dernier détail intéressant : près de 21 % des Arabes israéliens ont voté pour un parti juif/sioniste. Ils sont ainsi 8 % à avoir donné leur voix à Shas et au Likoud-Beiteinou, 6,8 % à avoir choisi Meretz et Avoda et, enfin, 2,6 % à avoir voté pour Kadima.


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