Emu aux larmes, même après 67 ans...

Reouven Rivlin est fier de l’Etat d’Israël. Et pour surmonter les obstacles érigés sur le chemin de la liberté,le citoyen numéro 1 n’a qu’un seul mot d’ordre : l’union.

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April 21, 2015 14:12
Le président Rivlin

Le président Rivlin. (photo credit: DR)

 
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Soixante-sept années n’ont pas émoussé l’intense émotion qui étreint le président Reouven Rivlin lorsqu’il voit le drapeau national ou entend l’Hatikva. Il avait neuf ans quand David Ben Gourion a proclamé la naissance de l’Etat d’Israël. Comme beaucoup d’autres enfants, il a regardé, les yeux remplis d’émotion, le drapeau israélien monter, tandis que l’Union Flag descendait, en ce jour mémorable de 1948…

Ce qui attriste le président, à l’aube du Yom Haatsmaout, c’est que 67 ans plus tard, il reste encore des individus à convaincre du droit de l’Etat d’Israël à l’existence. « Le peuple juif a le droit de se définir comme une nation, et pas seulement comme une religion », insiste-t-il. Pourtant, l’Etat hébreu se bat encore pour sa légitimité, tant au niveau national qu’à l’échelle mondiale.
Première urgence : Israël doit trouver le moyen de faire comprendre à la communauté internationale que l’attitude de Jérusalem vis-à-vis de la menace nucléaire posée par l’Iran n’a rien d’une paranoïa. « Quand les Iraniens déclarent, à la tribune même de l’ONU, qu’Israël n’a pas le droit à l’existence, nous sommes obligés de les prendre au sérieux », estime le président. Sa plus grande crainte : que l’Etat hébreu se retrouve isolé, si le monde persiste à ne pas comprendre la menace que l’Iran représente pour la planète tout entière.

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Et ce n’est pas tout. La République islamique sème selon lui la haine d’Israël dans le monde musulman. Autrefois, Jérusalem entretenait de bonnes relations avec les musulmans chiites de la région, se souvient-il. Mais l’Iran travaille aujourd’hui à unir le monde arabe contre l’Etat hébreu.

Hébreu et démocratique

Pour Reouven Rivlin, il n’y a aucune contradiction. Il insiste sur ce point : Israël est à la fois un « Etat juif » et un « Etat démocratique ».

Cependant, il l’avoue : certains secteurs de la population israélienne restent réticents à la délicatesse de cette ambiguïté. Ainsi, beaucoup d’Arabes israéliens ne sont pas disposés à accepter qu’Israël soit un Etat juif, tandis que de nombreux Harédim, ne sont pas totalement favorables à l’idée de démocratie. Au grand dam de Rivlin, qui a lui-même grandi au sein d’une famille orthodoxe et pour qui les valeurs juives sont parfaitement compatibles avec celles de la République.
« Nous ne sommes pas “condamnés”, mais “destinés” à vivre ensemble », se plaît-il à répéter. Cet axiome est même le fondement de sa philosophie. Optimiste, le président de l’Etat d’Israël se dit convaincu que, tôt ou tard, le besoin mutuel de vivre en bonne harmonie et de coopérer l’emportera.

Reouven Rivlin se considère comme le président de l’Etat d’Israël, et non uniquement celui du peuple juif. D’ailleurs, il se dit à la fois ravi et fier que 16 des 120 députés de la nouvelle Knesset soient des non-juifs ; et que le président de la Cour suprême, Salim Joubran, un Arabe israélien, ait présidé le Comité central des élections.
Israël est le pays des miracles pour tous ses citoyens, insiste le président. Partout dans le monde, il aurait été impossible de voir s’unir un parti de communistes et un parti d’islamistes. Mais au sein de la 20e Knesset, cet exploit a eu lieu avec la Liste (arabe) unifiée, qui a remporté 13 sièges aux élections. « En fait, il n’y avait que les juifs pour réussir à les réunir ! », sourit Rivlin.
Quand il s’agit du conflit israélo-palestinien, Reouven Rivlin perd le sourire. De tous les affrontements qui déchirent le Moyen-Orient, le plus complexe est celui qui oppose les deux peuples vivant sur la terre d’Israël, dit-il, « parce que tous les deux ont raison ».
Le président répugne même à qualifier les différends qui opposent Israéliens et Palestiniens de « conflit ». Il préfère le terme de « tragédie », pour les uns comme pour les autres. Il en est convaincu : « Ensemble, nous pouvons jeter des ponts d’une manière qui s’inscrive dans la réalité, et non dans le rêve ».

L’aliya doit rester un choix




Face à la poussée de l’intégrisme à l’échelle mondiale et à la montée de l’antisémitisme en Europe, le président est inquiet. Il le répète : il serait faux de penser que l’antisémitisme est une conséquence de la création de l’Etat d’Israël ou de la politique menée par l’Etat hébreu. Au contraire, la haine d’Israël dérive de la haine des juifs. Et c’est un phénomène qu’il est temps de désamorcer.

Au cours de ses entretiens avec divers chefs d’Etat, le président affirme avoir constaté que tous se préoccupent des problèmes de racisme et d’antisémitisme dans leurs pays respectifs. Tous entendent donner à l’ensemble de leurs citoyens, indépendamment de leurs races ou de leurs religions, un sentiment d’appartenance, tout en leur inculquant le sens du respect. Tous sont conscients qu’un échec dans ce domaine signifierait une érosion de la démocratie.
Evidemment, Reouven Rivlin se fera un plaisir d’accueillir tout juif arrivant en Israël, mais il ne tient pas à ce que les gens fassent leur aliya par peur. Il préfère que ce soit le désir de faire leur vie dans le foyer juif qui les motive. « Je n’ai pas envie de voir quiconque arriver ici contraint et forcé ! », martèle-t-il. En revanche, il souhaite qu’une immigration spontanée et inspirée afflue dans le pays. Si dix millions de personnes arrivaient au cours des prochaines années, cela permettrait d’affirmer le statut d’Israël comme Etat juif et démocratique.

Interrogé sur l’implication de la diaspora dans la politique israélienne, Rivlin est formel : « C’est au peuple d’Israël de décider tout seul de son avenir. » D’ailleurs, ajoute-t-il, les organisations politiques israéliennes ne doivent pas accepter des dons de n’importe qui, que l’argent vienne d’Israël ou de l’étranger. Ils doivent s’interroger sur les motivations de leurs « bienfaiteurs ». A bon entendeur…

Ecoute et unité


Après le travail passionnant qu’il effectuait auparavant à la Knesset, Rivlin a craint de s’ennuyer lorsqu’il s’est vu propulsé à la présidence de l’Etat, confesse-t-il. « Mais en réalité, je ne me suis pas arrêté un seul instant », se réjouit-il.
Quant à savoir ce qu’il a apporté de nouveau à la présidence en neuf mois, c’est une question à laquelle il ne peut répondre en quelques minutes. Mais s’il ne devait choisir qu’une chose, ce serait celle-ci : « Depuis des dizaines d’années, nous ne nous écoutons pas les uns les autres. Chacun dit haut et fort ce qu’il pense, ce en quoi il croit, mais sans écouter l’autre côté. » Ce que Reouven Rivlin souhaite plus que tout c’est encourager la discussion et les vrais débats. Il veut que les gens prêtent l’oreille à ce que les autres ont à dire.

Il se dit également déterminé à combler les fossés entre les diverses populations présentes au sein de la nation et à promouvoir l’unité, en faisant comprendre à tous une règle fondamentale : « Malgré nos différences, nous formons une nation, une nation juive et démocratique, dans laquelle hommes et femmes sont responsables les uns des autres et ont le droit d’exiger d’autrui une réelle tolérance ».

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