La victoire de Netanyahou

Benjamin Netanyahou s’est débarrassé de Danny Danon, de Moshé Feiglin, d’Avigdor Liberman, d’Arye Deri et de Mahmoud Abbas. La chance semble sourire à nouveau au Premier ministre.

By GIL STERN STERN HOFFMAN
January 6, 2015 12:58
3 minute read.
La victoire de Netanyahou

La victoire de Netanyahou. (photo credit: AMIR COHEN - REUTERS)

Pour des raisons de sécurité, le porte-parole du Likoud a demandé à la presse d’arriver à 9 heures tapantes jeudi matin à Metzoudat Zeev, le quartier général du parti à Tel-Aviv. Benjamin Netanyahou devait y prononcer son discours de victoire aux primaires de la formation. Ceux qui sont arrivés à l’heure ont dû prendre leur mal en patience. Le Premier ministre n’est arrivé qu’à 11 h 30 et a parlé
pendant 5 minutes, n’accordant aucune question aux journalistes. Ils étaient apparemment le dernier adversaire sur lequel Netanyahou voulait avoir le dessus, histoire de finir la semaine en beauté.
Car, pour résumer ces sept derniers jours, Israël Beiteinou a dégringolé dans les sondages, le Shas a été plongé dans le plus grand chaos de son histoire, Danny Danon a été évincé, Moshé Feiglin, poussé hors de la Knesset, et les Palestiniens ont essuyé un revers cinglant au Conseil de sécurité. « Ça a été une bonne semaine », ont confié des proches du Premier ministre.
Netanyahou a eu de la chance. Israël Beiteinou a quitté le Likoud avant que le scandale n’éclate au grand jour. L’affaire de corruption qui éclabousse Avigdor Liberman ne risque donc pas d’entraîner le parti au pouvoir dans sa perte. Car la formation russophone est en mal de popularité, et à mesure que les détails de l’affaire sont publiés, elle pourrait ne pas dépasser le seuil d’éligibilité, récemment rehaussé à 3,25 %. L’ironie du sort, c’est que c’est le parti lui-même qui est à l’initiative de cette réforme, qui était censée porter atteinte aux formations arabes.

C’est pourquoi le bon score du porte-parole de la Knesset Youli Edelstein aux primaires a réjoui le Premier ministre. Avec Edelstein en 3e position sur sa liste, le Likoud pourrait attirer les voix perdues des immigrants de l’ancienne Union soviétique. Si le leader du parti travailliste Itzhak Herzog a choisi la chef de file de Hatnoua, Tzipi Livni, comme partenaire, Netanyahou lui, ne pouvait espérer un meilleur coéquipier qu’Edelstein.
Après avoir récupéré les voix d’Israël Beiteinou, le Likoud tentera de rafler celles de Shas. Les électeurs déçus par les guerres d’ego et les mises en scènes dramatiques trouveront facilement refuge au Likoud.

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Netanyahou reprend les rênes de son parti

Première bonne nouvelle de ces primaires : le Premier ministre est, sans surprise, arrivé en première position. Deuxième bonne nouvelle : il a battu à plates coutures celui qui se présentait comme son principal rival à la tête de la formation, Danny Danon. Un soulagement pour Netanyahou. Danon l’agace depuis des années, tentant d’affaiblir le pouvoir du chef du parti sur ses institutions. Récemment, dans un clip de campagne, il affirmait vouloir rétablir le « vrai Likoud ». Une insulte que Netanyahou n’avait particulièrement pas appréciée.
Mais la vraie victoire du Premier ministre est celle remportée sur Moshé Feiglin. Le « virage » à droite du Likoud était devenu un thème récurrent de cette campagne. Maintenant que Feiglin est hors course, ses adversaires ne pourront plus le qualifier de « parti d’extrémistes », un argument en moins dans leur arsenal. La vérité est que la liste du Likoud est plus à droite que la précédente, mais tant que Feiglin n’y figure pas, le Likoud fait bonne figure.
Netanyahou peut remercier HaBayit HaYehoudi. Nombreux sont les supporters de Feiglin au sein du Likoud, qui ont quitté le parti au pouvoir pour rejoindre la formation de Naftali Bennett, quand ce dernier a ouvert les adhésions au grand public il y a trois semaines.
Netanyahou ne peut pas s’attribuer le mérite de la chute d’Israël Beiteinou et de Shas. Battre Danon ne relevait pas de l’exploit. Mais évincer Feiglin est, pour lui, une vraie réussite.

S’il sait qu’il doit une partie des bonnes nouvelles qui ont jalonné sa semaine, plus à sa bonne étoile qu’à ses réels efforts, le Premier ministre espère certainement conserver ce bon karma jusqu’aux élections. Benjamin Netanyahou devra jouer les bonnes cartes dans les 10 prochaines semaines, et ne pas faire d’erreur jusqu’à la date butoir, le 17 mars prochain.



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