L'union fait la force

Le mariage est consommé. Itzhak Herzog et Tzipi Livni se présentent sur une liste commune et tentent de former un bloc de centre gauche pour détrôner Netanyahou

By GIL STERN STERN HOFFMAN, SYLVIE BERGER
December 16, 2014 14:18
4 minute read.
L'union fait la force

L'union fait la force. (photo credit: REUTERS)

 
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Quand le leader du parti travailliste Itzhak Herzog et sa nouvelle recrue, la chef de file de Hatnoua Tzipi Livni, ont posé devant les photographes après leur conférence de presse mercredi 10 décembre à Tel-Aviv, leurs sourires étaient dirigés vers plusieurs destinataires.

Premiers sur la liste : les électeurs du centre. Ceux, qui lors des précédentes élections, avaient voté pour Yesh Atid ou même pour le Likoud. Car beaucoup d’électeurs du parti au pouvoir n’ont pas apprécié la « tea partisation » de la formation, et reprochent au Likoud d’avoir trop bougé vers la droite.
D’après les sondages, ces mêmes votants considéraient Herzog comme trop à gauche, et sont plus à même de voter pour le parti travailliste maintenant que Livni l’a rejoint. L’ancienne ministre de la Justice bénéficie encore d’une aura de droite : son père était député Likoud et elle a elle-même entamé sa carrière politique au sein du parti avant de le quitter pour Kadima, puis pour Hatnoua.
Les travaillistes, qui ont perdu les cinq dernières élections à cause du vote centriste, changent donc de stratégie et adoucissent leur position. D’ailleurs, une nouvelle appellation devrait être choisie pour la liste commune et les noms d’Herzog et de Livni apparaîtront sur les bulletins de vote le 17 mars.

Par cette alliance, le chef du parti travailliste espère également attirer les électeurs socialistes désabusés, qui ont pour beaucoup renoncé à voir la gauche reprendre un jour le pouvoir. Lors des précédents scrutins, ils étaient tout simplement restés chez eux. Ceux que le devoir civique n’avait cessé de tourmenter, avaient offert leurs voix à la gauche plus radicale de Meretz, un parti qui avait peu de chance de faire partie d’une quelconque coalition.
En coopérant avec celle qui, en 2009, avait recueilli le plus de votes du centre gauche, Herzog devient le leader du bloc « anti-Bibi », une reconnaissance dont il avait besoin pour conquérir les électeurs de son propre parti.
Pour résumer, cette accolade a un but bien défini : attirer les centristes qui, après trois mandats, se seraient lassés de Netanyahou, ainsi que les électeurs de gauche qui ne pensaient pas qu’un vote travailliste pourrait de nouveau déboucher sur une victoire.
Mais Herzog n’a-t-il pas payé trop cher son mariage avec Hatnoua, acceptant le principe de rotation, selon lequel il sera Premier ministre les deux premières années, avant de céder la place à sa collaboratrice pour les deux années suivantes ? Après tout, selon les sondages, Herzog aurait remporté 15 sièges alors que Livni n’aurait même pas passé le nouveau seuil électoral si elle avait fait campagne seule. Plus tôt cette semaine, Herzog avait déclaré qu’il était temps de « mettre les ego de côté ». Apparemment, il ne s’agissait pas de paroles en l’air.
D’ailleurs, les mauvaises langues se demandent si le récent retournement de Liberman, qui se dit prêt à siéger avec le centre gauche, n’est pas dû à la générosité d’Herzog. Liberman s’imagine peut-être lui aussi assis quelques mois sur la chaise de Premier ministre…

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Quoi qu’il en soit, Herzog et Livni ont offert aux électeurs une jolie image d’union et d’unité. Un message positif qui a eu bonne audience en ces temps de guéguerre politique.
Mais leurs sourires étaient également dirigés vers le président de la Knesset Reouven Rivlin, qui, avec tout le respect dû aux électeurs, est finalement celui qui décidera du prochain Premier ministre. Le rôle du président est de déterminer quel candidat est le plus apte à former le gouvernement le plus stable.
En montrant qu’il est capable de faire des compromis, Herzog a sans doute l’intention d’impressionner Rivlin. Quitte à prendre un risque : celui de se mettre à dos les partis orthodoxes, qui ne recommanderont certainement pas Livni auprès du président.
Mais sans les orthodoxes et sans Bennett, le bloc de centre gauche n’est pas si sûr de battre Netanyahou. Selon les derniers chiffres, les travaillistes associés à Hatnoua et Kadima remporteraient 23 sièges, contre 21 pour le Likoud,  qui peut, lui, compter sur ses partenaires habituels, HaBayit HaYehoudi 12 sièges, et les orthodoxes 14 sièges tout confondus, pour lui assurer une majorité confortable… Herzog n’aura pas la vie facile pour former sa coalition. Il devra convaincre les orthodoxes de siéger aux côtés de Livni ou de Lapid, ou Liberman de siéger avec Meretz ou les partis arabes…

Tzipi Livni a affirmé qu’elle n’avait jamais réellement envisagé de rejoindre Yesh Atid, et qu’elle n’a pas essayé de doubler l’ancien ministre des Finances, ni de faire monter les enchères entre ses deux prétendants. Ceci reste à confirmer… Mais peut-être que la fin de l’histoire aurait été différente si Lapid n’avait pas annulé sa participation au Forum Saban la semaine dernière, laissant Herzog et Livni s’y rendre ensemble et passer de longues heures dans le même avion et dans le même hôtel.
Haim Saban ne vit plus en Israël depuis des décennies, mais son forum aura joué un rôle important dans la campagne israélienne, soudant l’alliance du centre gauche. Lui aussi devait sourire en voyant ces clichés, depuis sa maison de Malibu.



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